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Discussion: Résumé du commentaire de l'imâm Miyyâra sur Ibnu `Âchir - Chapitre Tasawwuf

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    Par défaut Résumé du commentaire de l'imâm Miyyâra sur Ibnu `Âchir - Chapitre Tasawwuf



    Voici le commentaire du chapitre traitant de la spiritualité (at-tasawwouf) du Matn Ibn `Âshir (traduit en français sous le nom « L'Essentiel de la religion musulmane), avec l'aimable autorisation du membre daawa95 d'Aslama

    Source :
    http://www.aslama point com/forums/showthread.php/38771-R%C3%A9sum%C3%A9-du-commentaire-de-l-im%C3%A2m-Miyy%C3%A2ra-sur-Ibnu-%C3%82chir-chapitre-Tasawwuf



    بــــــــــــسم الله الرحمن الرحيم
    و الصلاة و السلام على سيدنا محمد و على آله و صحبه و حزبه


    Préambule : le commentaire de l'imâm Miyyâra sur le célèbre matn de l'imâm Ibnu `Âchir est l'un des grands ouvrages que l'école Mâlikite a produit. Il est très utile aujourd'hui de se référer à ces grands imâm pour comprendre et apprendre notre religion. Je me permets de vous présenter un résumé du commentaire de l'imâm Miyyâra sur le matn de l'imâm Ibnu `Âchir du chapitre traitant du Tasawwuf, espérant qu'on traitera les autres chapitres dès que le temps nous le permettra.

    J'ai soumis ce travail à Chaykh Mâlik pour le corriger et le vérifier, il m'a répondu - bâraka Allâhu fîh - en y ajoutant des commentaires dans les passages qui nécessitent des éclaircissements.
    Vous trouverez donc l'écriture en noir qui correspond à la parole du Chaykh Miyyâra, en gris les commentaires du Chaykh Mâlik (d'aslama), et les vers de l'imâm Ibnu `Âchir en vert.






    شرح العلامة ميارة على متن الإمام ابن عاشر
    Résumé du commentaire du Chaykh Muhammad Ibnu Ahmad Miyyâra Al-Mâlikî du Matn de l’imâm Ibnu `Âchir

    ***

    كتاب مبادئ التصوف و هوادي التعرف
    Kitâbu mabâdi’i at-Tasawwufi wa hawâdî at-Ta`arruf
    Chapitre des principes du Tasawwuf et les guidances vers les connaissances


    {L’imâm Ibnu `Âchir traitera dans cette troisième et dernière partie de sa poésie le chapitre du Tasawwuf et de l’éducation spirituelle comme il l’a annoncé dans son introduction. Après avoir traité la croyance dans la première partie et la jurisprudence dans la seconde en s’inspirant du célèbre hadîth de Sayyidunâ Jibril `alayhi assalâm où le Prophète nous apprend que la religion est basée sur trois grands pôles, à savoir la croyance, la jurisprudence et la spiritualité.
    Ce grand chapitre est le fruit de la pratique juridique du croyant. L’imâm Ibnu `Âchir va nous exposer les grands principes du Tasawwuf ainsi que les chemins qui mènent vers la connaissance d’Allâh dans sa dimension spirituelle.

    Ceci sera le résumé du commentaire de l’imâm Miyyâra sur le matn d’Ibnu `Âchir}.



    Ach-Chaykh Miyyâra dit :


    « L’imâm Ibnu `Âchir a conclu sa poésie par des questions qui traitent des principes du Tasawwuf pour être fidèle à ce qu’il a écrit dans l’introduction de son matn quand il dit : « wa fî tarîqati al Junaydi as-sâlik »
    {c'est-à-dire « et selon les principes spirituels de l’éducation de l’imâm Al-Junayd »} pour que la conclusion soit la purification du cœur.


    L’imâm Al-Harawî a dit : « Saches que le commun des savants de cette discipline (le tasawwuf) et ceux qui parlent dans cette science sont unanimes à dire que la fin du cheminement ne peut être efficace que si le début du cheminement a bien été réalisé, tout comme les constructions ne peuvent être bâties que sur des bons fondements. Et la bonne réalisation du début du cheminement c’est d’assurer qu’on a bien travaillé la sincérité et l’intention, le suivi de la Sunna, et de se rendre compte de la gravité de ce qui est interdit en observant la crainte d’Allâh tout en ayant le respect et la clémence vis-à-vis de tout le monde en leur donnant des conseils et de veiller à ne faire de mal à personne, et d’éviter toute personne de mauvaise compagnie, et toute cause qui nuit au cœur.



    Les gens dans cette question sont de trois catégories :

    1/ un Homme qui se situe entre l’espoir et la crainte d’Allâh en cherchant l’amour tout en restant pudique et c’est ce qui définit un Murîd (celui qui cherche et désire Allâh).

    2/ un Homme qui est sauvé vers la rive des ahl Allâh
    {qui ont rassemblé et ont concentré leur état sur Allâh après avoir été noyés dans un fleuve d’égarement où l’état de la personne est dispersé vers les passions, désirs, ego, waswas, etc.}et c’est ce qui définit le Murâd (celui qui est désiré).

    {ach-Chaykh dans ce passage nous explique que le faqîr peut être une personne qui chemine un cheminement classique en évoluant avec son chaykh d’une étape à une autre, celui-là c’est le murîd qui va vers ce qu'il souhaite à savoir la satisfaction d’Allâh et Sa connaissance. La deuxième catégorie c’est celui qui a été choisi par Allâh et qui L’a fait sortir des ténèbres en brulant toutes les étapes pour devenir un Walîy et un grand connaisseur de la Haqîqa. A cet effet nous pouvons donner comme exemple l’histoire du grand walîy Bichr Al-Hâfî}.

    3/ et à part ces deux derniers, il y a la catégorie de ceux qui prétendent être dans ce chemin alors qu’en vérité ils sont trahis par leur ego
    {emprisonnés de la fitna du « anâ » tout en croyant qu’ils sont des murîdîn et qu’ils suivent la spiritualité et le chemin vers Allâh alors qu’ils sont en vérité que des pauvres murîdîn de leur égo, de leur passions et du Chaytân – qu’Allâh nous en préserve- }



    En tout cas, il y a trois étapes du cheminement à franchir :

    1/la première étape : c’est de prendre en charge celui qui veut cette voie afin de cheminer

    2/la deuxième étape : c’est de faire partie des gens de ahl Allâh
    {c'est-à-dire de ceux qui cherchent le rapprochement vers Allâh et d’avancer doucement en sentant qu’il fait parti de ces gens là car il savoure leur présence et il se sent vraiment triste en leur absence}

    3/la troisième étape : c’est d’acquérir la clairvoyance qui va le transporter vers le cœur du Tawhîd tout en traversant le chemin de l’anéantissement (al-fanâ’) . » [fin de citation de l’imâm Al-Harawî]
    {dans cette troisième étape le chaykh nous explique que le soufi finit par atteindre la connaissance d’Allâh après avoir anéanti et écrasé son égo, il sera récompensé par une clairvoyance qui lui permettra d’atteindre les secrets de la science de l’Unicité d’Allâh qui lui fera découvrir les vérités des choses et cela n’est donné qu’aux grands chuyûkh qui ont atteint ce stade très élevé de la spiritualité.

    La clairvoyance c’est d’observer avec le cœur ce que les yeux sont incapables de voir c'est-à-dire on voit les choses avec la lumière d’Allâh. Dans le hadîth il est dit « faites attention à la clairvoyance du croyant car il voit par la Lumière d’Allâh ». On peut citer à cet effet l’exemple de Sayyidunâ `Umar Ibnu Al-Khattâb
    avec Sâriya, le chef de l’armée musulmane, qui était à un mois de marche de Médine.

    Sayyidunâ `Umar le voyait depuis le mimbar de la mosquée de Médine et lui lança un appel en lui disant : « Yâ Sâriya ! Al Jabal ! Yâ Sâriya Al Jabal ! » c’est-à-dire « Ô Sâriya, détourne la montagne afin d’éviter d’être encerclé par l’ennemi ». Une fois rentré à Médine, l’armée de Sâriya a confirmé avoir entendu l’appel de Sayyidunâ `Umar bien qu’il était à des milliers de kilomètres. C’est un prodige qu’Allâh a donné à Sayyidunâ `Umar en lui offrant une clairvoyance qui lui a permis de voir avec le cœur des choses que les yeux sont incapables de voir.

    Nous pouvons également citer l’histoire de Sayyidunâ `Uthmân qui avait interpellé un homme qui entrait dans la mosquée après avoir regardé à l’extérieur quelques minutes avant une femme qui marchait, il restait concentré sur elle dans l’intention de voir si le vent allait soulever sa robe. Alors Sayyidunâ `Uthmân
    lui dit « crains Allâh » l’homme lui dit « y a-t-il une révélation après que le prophète ait rejoint son seigneur pour que tu saches ce que j’ai fait ? » il lui dit : « non, mais j’ai entendu le prophète dire faites attention à la clairvoyance du croyant car il voit avec la Lumière d’Allâh » et j’ai vu sur ton visage une fois que tu es entré à la mosquée les signes de la fornication sur ton front}.



    Puis Chaykh Al-Harawî rajoute : « Saches que les dix principes que j’ai cité dans l’introduction de ce livre (en parlant de son ouvrage « manâzilu as-Sâ’irîn » c’est la partie traitant du début du cheminement et elle concerne dix points :


    1/Al-Yaqadha (l’éveil) اليقظة :

    Allâh
    Ta`âlâ a dit :

    قُلْ إِنَّمَا أَعِظُكُم بِوَاحِدَةٍ أَن تَقُومُوا لِلَّهِ
    {Je n'ai qu'un seul conseil à vous donner : vous recueillir devant Allâh}
    [sabâ’ 46]



    Et se recueillir devant Allâh Ta`âlâ (al qawâmatu li Allâh) signifie d’être éveillé après avoir été atteint par l’habitude de l’insouciance et de se prendre en charge activement après avoir été inactif
    {Le chaykh explique ici qu’il est de l’habitude du commun des gens d’être inactif et de se laisser aller dans la fainéantise et que le verset nous apprend qu’il faut se prendre en charge et casser ce cercle vicieux de lassitude car l’égo se laisse aller et préfère ne rien faire que de s'activer dans le chemin d’Allâh}et c’est la première lumière qui illumine le cœur du croyant et le rend vivant en voyant la lumière de l’éveil.

    2/At-Tawba (le repentir) التوبة :

    Allâh Ta`âlâ a dit :

    وَمَن لَّمْ يَتُبْ فَأُوْلَئِكَ هُمُ الظَّالِمُونَ
    {Ceux qui ne se repentent pas sont les vrais injustes}
    [Al hujurat 11]


    C’est qu’Allâh a épargné le repenti de le qualifier d’injuste.


    3/Al-Muhâsaba (se remettre en question) المحاسبة :

    Allâh Ta`âlâ a dit :

    ولتنظر نفس ماقدمت لغد
    {Que chaque âme voit ce qu’elle a avancé pour demain}
    [ Al Hachr18]


    Le Murîd doit se remettre en question en se demandant des comptes à lui-même après avoir décidé sincèrement de se repentir.


    4/Al-Inâba (le retour vers Allâh) الإنابة :

    Allâhu Ta`âlâ a dit :

    وَأَنِيبُوا إِلَى رَبِّكُمْ وَأَسْلِمُوا لَهُ
    {Revenez donc vers votre Seigneur ! Soumettez-vous à Lui}
    [Az Zumur 54]



    La inâba c’est de revenir vers Allâh.


    5/At-Tafakkur (la réflexion) التفكر :

    Allâh Ta`âlâ a dit :


    وَأَنزَلْنَا إِلَيْكَ الذِّكْرَ لِتُبَيِّنَ لِلنَّاسِ مَا نُزِّلَ إِلَيْهِمْ وَلَعَلَّهُمْ يَتَفَكَّرُونَ
    {Et à toi aussi, Nous envoyons ce Coran, afin que tu expliques clairement aux hommes ce qui leur a été révélé. Peut-être seront-ils amenés à y réfléchir.}


    La réflexion c’est le rôle de la clairvoyance afin d’atteindre la finalité.
    {le Chaykh définit la réflexion par le fait de réfléchir spirituellement en utilisant la clairvoyance pour atteindre les objectifs des finalités spirituelles, à savoir, la connaissance d’Allâh. Il ne suffit pas de réfléchir en utilisant la raison pour arriver à ses fins spirituelles mais il faut réfléchir par le cœur (et c’est la clairvoyance), elle est l’outil d’analyse spirituelle qui permet d’acquérir le savoir et les connaissances qui dépassent le monde de la raison car elle traite du pur Tawhîd donc l’Unicité d’Allâh et la connaissance d’Allâh. Il faut savoir, comme le dit Ach-Chaykh Al-`Alâwî , que le plus haut degré qu’un soufi peut atteindre est la connaissance d’Allâh. Quand on lui a posé la question « y a-t-il une autre station plus haute que celle-ci ? » il a répondu en disant : « oui, c’est de se maintenir dans cette station en gardant cette connaissance ». Ach-Chaykh Al-Mûlûd –hafidhahu Allâh – nous dit toujours que Sayyidî Ach-Chaykh Al-`Alâwî passait la majorité de son temps à faire trois choses : 1/at-tafakkur, 2/adh-dhikr, 3/al-mudhâkara ; c'est-à-dire la réflexion, l’invocation et les rappels.}


    6/At-Tadhakkur (le rappel)التذكر :

    Allâh Ta`âlâ a dit :

    وَمَا يَتَذَكَّرُ إِلَّا مَن يُنِيبُ

    {Seul se rappelle celui qui revient à Allâh}
    [Ghâfir 13]


    Le rappel est au-dessus de la réflexion car la réflexion est une demande tandis que le rappel est une acquisition.


    7/Al-I`tisâm (l’attachement à Allâh)الإعتصام :

    Allâh Ta`âlâ a dit :

    وَاعْتَصِمُواْ بِحَبْلِ اللّهِ جَمِيعاً
    {Attachez-vous tous fermement au pacte d’Allâh}
    [Âli `Imrân 103]

    واعتصموا بالله هو مولاكم
    {Attachez-vous fortement au Seigneur ! C'est Lui votre Protecteur !}
    [Al Hajj 78]



    L’attachement à la corde d’Allâh (son pacte) c’est de se préserver dans l’obéissance en accueillant Son ordre et l’attachement à Allâh c’est de se détacher de tout ce qui fait douter d’Allâh et de se débarrasser de tout ce qui nous fait hésiter de Lui.


    8/Al-Firâr (fuir vers Allâh) الفرار

    Allâh Ta`âlâ a dit :

    فَفِرُّوا إِلَى اللَّهِ
    {Fuyez donc vers Allâh}
    [adh dhâriyât 50]


    Fuir c’est de se sauver de ce qui n’a pas existé vers Celui qui a toujours existé.
    {le Chaykh ici nous apprend qu’il faut toujours fuir vers Allâh et se réfugier auprès de Lui car rien hormis Lui n’existe par Lui-même, toute chose est faible car elle n’a pas existé éternellement et c’est un signe de faiblesse de la créature, à partir de là nous ne devons pas nous attarder à nous attacher à ce qui est faible mais de le laisser et de se réfugier auprès du Tout Puissant}


    9/Ar-Riyâdha الرياضة (l’entraînement) Allâh Ta`âlâ a dit :


    وَالَّذِينَ يُؤْتُونَ مَا آتَوا وَّقُلُوبُهُمْ وَجِلَةٌ
    {Ceux qui, en accomplissant leurs actes de piété, sont pénétrés de crainte}
    [Al-Mu’minun 60]


    L’entraînement
    {spirituel} c’est d’entraîner son égo à accepter la vérité. {à partir de ce verset, le Chaykh nous apprend qu’il faut habituer l’égo à accepter ce qui ne lui plaît pas car dans le verset il s’agit de ceux qui font toutes les bonnes actions qu’il faut tout en restant humbles et ils ne savent pas s’ils seront récompensés pour leurs bonnes actions malgré leur sincérité. Cette station de vérité c’est celle atteinte par Sayyidunâ Abû Bakr As-Siddiq connu chez les soufi par la station « as-siddîqiyya ». C’est un niveau très élevé de spiritualité qui fait que la personne se laisse guider en acceptant le Qadar comme il est mais tout en prenant en même temps toutes les causes qu’il faut pour agir afin d’aboutir aux fins qui satisfait Allâh dans ce monde d’ici-bas}


    10/As-Samâ` (le Samâ`)السماع

    Allâh Ta`âlâ a dit :


    وَلَوْ عَلِمَ اللّهُ فِيهِمْ خَيْراً لَّأسْمَعَهُمْ
    {Si Allâh leur avait reconnu quelque mérite, Il leur aurait permis d'entendre}
    [Al-Anfâl 23]


    Le secret du Samâ` est le déclenchement de l’éveil. »[fin de citation de l’imâm Al-Harawî]
    {à partir du verset, le Chaykh argumente que seuls ceux qu’Allâh aime sont ceux qui entendent et qui écoutent Sa Parole avec des cœurs adoucis. Le Chaykh ne s’arrête pas au sens littéral du verset mais il l’approfondit dans son sens spirituel pour parler du Samâ` qui est en apparence un simple chant soufi qui berce ceux qui l’écoutent avec leurs simples oreilles mais subitement ce simple chant transforme toute une vie en déclenchant l’éveil de l’égo après être dans l’insouciance car il faut savoir que le Samâ` touche les âmes, il les alimente comme la nourriture alimente les corps}.


    à suivre inchâ Allâh...
    « L'Imâm Mâlik {radiya-Llâhou `anhou} a délaissé la pratique de soixante-dix ahâdîth qu'il rapporte pourtant dans son Mouwatta »

  2. #2
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    Pour de ce qui est de l’origine du mot Tasawwuf il existe plusieurs avis. L’imâm ach-Chaykh Zarrûq [rahmatou-Llâh `alayh] a dit dans ses Qawâ`id : « En ce qui concerne l’origine du mot Tasawwuf il existe beaucoup d’avis mais elles reviennent toutes à cinq avis :


    1/ Tasawwuf vient de as-Sûfatu (la laine) car le soufi est avec Allâh comme la laine étendue, elle n’a aucune mobilité.


    2/ Tasawwuf provient de Sûfatu al-Fuqahâ’ c’est-à-dire la laine de la tenue des fuqahâ’ qui est connue par sa douceur d’où la douceur du soufi


    3/ Tasawwuf vient du mot Sifa (صفة)
    {qui veut dire le qualificatif}car le Soufi doit avoir des bonnes qualités et doit se débarrasser des mauvaises qualités.


    4/ Tasawwuf vient de Safâ’
    {qui veut dire la pureté}.
    Cet avis est le plus authentique repris par l’imâm Abû Al-Fath Al-Bustî – rahimahu Allâh – qu’il a élaboré dans deux vers :

    تخالف الناس في الصوفي و اختلفوا***جهلا و ظنوه مأخوذا من الصوف
    و لست أنحل هذا الاسم غير فتى***صافي فصـــــوفي حتى سمى الصوفي

    Les gens ont tellement divergé sur l’origine du mot Soufi
    Par ignorance, ils ont cru que son origine était tirée de Sûf (la laine)
    Et je ne peux choisir que le nom de celui qui est pure (sâfî)
    A savoir soufi ce dont on nommera le soufi




    Les deux vers de l’imâm Abû Al-Fath Al-Bustî tranchent sur l’origine du mot Tasawwuf qui est tiré du mot Safâ’ qui veut dire la pureté. Bien que les gens aient divergé sur l’origine de ce mot en croyant par exemple qu’il est tiré du mot Sûf (la laine). Le chaykh précise qu’en purifiant son cœur on devient Sâfî (purifié) qui peut se transformer linguistiquement en Sûfî et à partir de là on conclu au mot Le Soufi qui est le sujet en question.


    5/ Tasawwuf est tiré de ahl as-Suffa car celui qui suit ce chemin fera parti de ces gens-là. Car Allâh leur a donné un qualificatif dans la sourate Al-Kahf lorsqu’IL dit : {Ils invoquent leur Seigneur matin et soir afin d’atteindre Sa Satisfaction} et cet avis est l’origine de tous les avis. Wa Allâhu A`lam » [fin de citation de l’imâm Zarrûq].


    Les gens de la Suffâ sont les sahâba connus qui ont un endroit spécifique dans la mosquée du Prophète bien déterminé jusqu’à aujourd’hui ; Allâh a parlé d’eux dans la sourate Al-Kahf en leur faisant beaucoup d’éloge et en invitant le prophète à rester avec eux car ils étaient connus par leurs invocations sans cesse matin et soir, et par leur piété et crainte ainsi queleur dévouement inconditionné spirituellement à Allâh. Une grande partie des soufis pensent que le mot « Tasawwuf » vient de l’origine du mot « ahl as-Suffâ » qui est un groupe de sahâba spécifique à leur état spirituel très élevé.


    Il est rapporté aussi que le Tasawwuf vient de la purification des cœurs (Tasfiyatu al-Qalb). Comme l’a bien dit l’imâm Abû Hâmid al-Ghazâlî « c’est de réserver le cœur qu’à Allâh et d’éviter toute chose hormis Lui ». Il a ajouté « cela ne peut être fait qu’à partir d’action du cœur et des membres » [fin de citation de l’imâm Al-Ghazâlî].


    Dans la poésie de l’imâm Ibn Dhikrî :



    علم به تصفية البواطن***من كدرات النفس في المواطن

    La science qui purifie l’intérieur
    Des impuretés de l’égo dans tous ses états


    Le grand Chaykh de nos Chuyûkh Sayyidî Abî Al-`Abbâs Ahmad Al-Manjûr a commenté ce vers en disant : « le Tasawwuf c’est la science qui permet d’apprendre la façon de purifier l’intérieur de l’Homme c'est-à-dire des impuretés de l’égo et de ses défauts ainsi que de ses mauvaises qualités comme la rancune, la haine, l’envie, la tricherie, l’arrogance, le fait d’aimer qu’on nous fasse des éloges, l’orgueil, l’ostentation, la colère, la fierté, la cupidité, l’avarice, le fait de glorifier les riches et sous estimer les pauvres. La science du Tasawwuf dévoile les maladies et apporte leurs remèdes, il apprend donc comment nous devons couper court l’égo et ses mauvaises qualités jusqu’à ce que le soufi arrive à vider son cœur de tout ce qui est hormis Allâh et de le remplir par Son dhikr ».
    Et dans le commentaire du vers suivant quand il a dit :




    به وصول العبد للإخلاص***روح العبادة بالإختصاص



    A partir duquel le serviteur arrive à la sincérité
    C’est spécifiquement l’âme de l’adoration


    Sayyidî Abî Al-`Abbâs Ahmad Al-Manjûr commente : « La sincérité c’est de ne réserver l’adoration que pour Allâh avec volonté et de vouloir par cette adoration se rapprocher de Lui sans qu’il y ai un rapprochement parallèle en se soumettant à une quelconque créature ou en cherchant des éloges chez les gens ou le fait d’aimer d’être glorifié ou n’importe quel autre sens qui ne rentre pas dans le rapprochement exclusif vers Allâh.


    Il n’y a pas de doute que le croyant arrive à ce stade quand il découvrira les défauts de son égo ainsi que les défauts de ses actes et de ce qu’il faut comme remède afin qu’il évite l’ostentation qui ne servira que l’égo et la passion.


    L’auteur du vers a symbolisé cela comme étant l’âme de l’adoration car la cause de cela c’est la connaissance d’Allâh.
    L’imâm Ibnu `Atâ’ Allâh a fait allusion à cela dans une de ses sagesses quand il a dit : « les actes sont des images figées et leurs âmes c’est leur sincérité » [fin de citation de l’imâm Ibnu `Atâ’ Allâh].



    L’imâm Abû `Abdillâh Muhammad Ibnu `Abbâd a dit : « la sincérité de chaque serviteur est l’âme de leurs actes car par celle-ci elles seront vivantes et valables pour qu’elles servent au rapprochement du serviteur vers Allâh et elles méritent d’être acceptées. En excluant la sincérité (les actes) seront morts et n’auront aucune valeur et ils seront comme des corps sans âmes et comme des images vidées de tout sens » [fin de citation de l’imâm Ibnu `Abbâd].


    Pour de ce qui est du vers suivant :



    و ذاك واجب على المكلف***تحصيله يكون بالمعرف


    Et cela est une obligation pour chaque responsable (adulte)
    Son assimilation ne s’achèvera que par la connaissance


    Sayyidî Abî Al-`Abbâs le commente en disant : « C'est-à-dire que le Tasawwuf est une obligation (fard `ayn) pour chaque adulte responsable et saint d’esprit car l’homme en général ne peut se détacher du mal, de l’ostentation et de l’envie. A partir de là il lui est obligatoire d’apprendre comment il doit se débarrasser de ses mauvaises qualités.

    L’imâm Abû Hâmid Al-Ghazâlî a dit : « et comment cela ne peut être une obligation au moment où le prophète a dit : «trois graves choses feront périr l’homme » et que rares sont les gens qui se débarrassent de ses maladies(le mal, l’ostentation et l’envie) ainsi que d’autres que nous traiterons telles que l’orgueil ou le fait de se vanter. Et le fait de chercher ces trois grands défauts pour les éliminer est une obligation absolue et ne peut être effectué si l’on ignore leurs limites et leurs causes ainsi que leurs remèdes car celui qui ne connait pas le mal risque d’y tomber. Le remède pour tout cela est possible en opposant chaque chose à son contraire. Comment alors peut-on le faire sans connaitre la chose et sa cause ? Malheureusement les gens ont délaissé cela pour s’occuper de ce qui n’a aucune importance »

    [fin de citation de l’imâm Al-Ghazâlî].



    Ach-Chaykh Abû al-`Abbâs continue de commenter la deuxième partie du vers en disant : « l’assimilation ne peut se faire que par la connaissance c'est-à-dire d’acquérir les fruits des qualités du Tasawwuf et cela ne peut se faire sans un chaykh qui fera découvrir au disciple les défauts de son égo et tout ce qu’elle cache comme vices.


    L’imâm Abû `Abdillâh ibnu `Abbâd a dit qu’il faut un chaykh pour le murîd dans ce chemin. Un chaykh bien guidé qui a terminé son cheminement par l’éducation de son âme, qui s’est débarrassé de ses passions. Le disciple se met à la disposition de son chaykh, il doit lui obéir et suivre ses directives sur tout ce qu’il lui dit et sans hésitation. Car il est dit « celui qui n’a pas de chaykh son chaykh est chaytân ».


    L’imâm Abû `Alîy Ath-Thaqafî [rahmatou-Llâh `alayh] a dit : « si un homme a acquis toutes les sciences et a accompagné toutes les catégories de gens il n’atteindra jamais le degré des connaisseurs d’Allâh sauf par une grande éducation faite par un chaykh éducateur qui le conseille. Et celui qui ne prend pas son éducation de celui qui lui ordonne et lui interdit les choses en lui montrant les défauts de ses actes et de son égo il est interdit de le suivre dans tout ce qui concerne la science des comportement » [fin du commentaire des trois vers par l’imâm Abû Al-`Abbâs].



    De ce qui a précédé nous déduisons trois choses importantes :

    La première : que le Tasawwuf conduit l’homme à la sincérité qui est l’âme de l’adoration
    La seconde : que son apprentissage est une obligation pour toute personne adulte et responsable.
    La troisième : que l’acquisition de cette science ne peut se faire sans chaykh.



    Le mot « hawâdî » dans le titre de l’imâm Ibnu `Âchir c’est le pluriel du singulier « hâdi » qui veut dire celui qui guide. Et c’est la suite logique du début du titre à savoir « mabâdi at-ta`arruf » c'est-à-dire les principes de la connaissance. L’essentiel c’est qu’il a utilisé deux choses importantes dans le titre à savoir les principes du Tasawwuf (al mabâdi) ainsi que les chemins qui nous mènent vers l’acquisition des fruits de ces principes.


    L’imâm Ibnu `Âchir [rahmatou-Llâh `alayh] a dit :



    و توبة من كل ذنب يجترم***تجب فورا مطلقا و هي الندم


    بشرط الإقلاع و نفي الإصرار***وليتلافا ممكنا ذا استغفار


    Et un repentir de tous péchés commis
    Est absolument obligatoire dans l’immédiat avec regret
    A condition d’arr êter (le péché) et ne pas vouloir recommencer
    Et de compléter son repentir en demandant pardon à Allâh



    {Dans le chemin du Tasawwuf, il est très important de vérifier le début du cheminement car si ce début est mal partit les finalités ne seront jamais atteintes. A partir de là, les chuyûkh du Tasawwuf insistent sur le repentir de tous ses péchés et de vérifier sa sincérité dans ce chemin choisi}.


    Le Chaykh nous informe que le repentir est obligatoire comme toute autre obligation de tous péchés, grands ou petits. Le repentir d’un péché vis-à-vis d’Allâh ou vis-à-vis des Hommes ou les deux en même temps, que le péché soit connu ou inconnu. Il faut se repentir globalement des péchés inconnus et des péchés connus spécifiquement. Il est obligatoire que le repentir soit immédiat sans laisser le temps passé car celui qui laisse le temps passé doit aussi se repentir de l’avoir retarder.


    Le repentir commence par le regret de ce qu’il a commis comme péché, aussi parce celui-ci est détesté par la Charî`a. Donc le regret comme par exemple du fait d’avoir bu de l’alcool car il est nuisible à la santé n’est pas considéré comme un vrai repentir.



    Le regret exigé par le repentir nécessite trois conditions :

    1/ d’arrêter d’accomplir l’action du péché dans l’immédiat
    2/ d’avoir l’intention de ne plus recommencer et revenir sur ce péché
    3/ se rattraper et rendre les droits aux personnes à qui il a commis des tords par ce péché, tel que faire un faux témoignage il faut demander pardon au concerné et s’il est mort, à ses héritiers.


    Le mot « at-tawba » en arabe veut dire « revenir », et son sens terminologique dans la Charî`a veut dire revenir vers les bonnes actions louable par la Charî`a après avoir accomplis les mauvais actes condamnés par la Charî`a. Il est dit aussi que c’est de revenir vers quatre choses après être passé par quatre autres :

    1/ de passer du kufr vers la croyance
    2/ du péché vers l’obéissance
    3/ de l’innovation vers la Sunna
    4/ de l’insouciance vers l’éveil


    {l’imâm Miyyâra ici nous apprend que le repentir ne s’agit pas seulement de se repentir d’un péché mais il s’agit aussi de se repentir du kufr, de la désobéissance, de l’innovation et finalement de l’insouciance et cette dernière bien qu’elle paraisse minime est en vérité le plus grand péché touché par la majorité des Hommes. A cet effet, Ach-Chaykh Al-Mûlûd – hafidhahu Allâh – nous a toujours appris que l’insouciance est le péché permanent qui touche les cœurs des croyants. Le remède de l’éveil ne peut être acquis que par un déclencheur qui commence par la sincérité des actes et fini par la rencontre d’un chaykh connaisseur des maladies de l’égo}.


    Il est dit aussi que(le repentir) c’est de fuir le péché en le détestant et cela se ressent avec le regret de l’avoir commis en décidant de ne plus y revenir tout en l’arrêtant immédiatement. Le repenti doit rendre ce qu’il doit aux personnes vis à vis desquelles il a été injuste et qu’il se présente au juge pour que la Charî`a s’applique sur lui.


    Le Prophète a dit dans un hadîth : « le regret est le repentir » c’est-à-dire que la chose la plus importante dans le repentir c’est le regret comme il l’a bien dit dans un autre hadîth : « le Hajj c’est `Arafât »
    {c’est-à-dire que le grand pilier du Hajj qui ne peut être réparé si on le ratte c’est `Arafât. Et dans notre cas, si on n’a pas de regret en commettant un péché notre repentir n’est alors pas accompli}.



    Le grand imâm Sayyidî `Abdurrahmân Al-Jazûlî a dit dans son commentaire de la Risâla : « Le repentir c’est un grand bienfait donné par Allâh à son serviteur et ses portes restent ouvertes jusqu’à ce qu’il voit la mort. Allâh Ta`âlâ a dit :




    وَلَيْسَتِ التَّوْبَةُ لِلَّذِينَ يَعْمَلُونَ السَّيِّئَاتِ حَتَّى إِذَا حَضَرَ أَحَدَهُمُ الْمَوْتُ قَالَ إِنِّي تُبْتُ الآنَ


    {Mais aucun pardon ne sera accordé à ceux qui continuent inlassablement à pécher et qui, à l'approche de la mort, disent : «À présent, nous nous repentons ! »}
    [An-Nisâ’ 18]




    C’est-à-dire que le repentir n’est pas accepté à celui qui commence à vivre les derniers moments en voyant la mort en train de le prendre et aussi, le repentir n’est pas accepté une fois que le soleil se lève du côté de l’Ouest.

    Allâh Ta`âlâ a dit :




    يَوْمَ يَأْتِي بَعْضُ آيَاتِ رَبِّكَ لاَ يَنفَعُ نَفْساً إِيمَانُهَا لَمْ تَكُنْ آمَنَتْ مِن قَبْلُ
    {Mais le jour où un des signes de ton Seigneur se manifestera, la profession de foi ne sera plus d'aucune utilité pour celui qui n'aura pas cru auparavant}
    [Al-An`âm 158]



    La tawba est une spécificité qu’Allâh a donné à cette Umma car dans les communautés qui nous ont précédé, quand une personne commettait un péché il le trouvait écrit sur la porte de sa maison ainsi que son expiation qui était soit de se suicider ou bien de faire une chose demandée.


    Et le mot tawba est pris de la racine « Thawb » (habillement) car il couvre la nudité comme le repentir couvre le péché, et il n’y a aucune différence entre les deux.


    Dans le commentaire de Jam` Al-Jawâmi` de l’imâm Al-`Irâqî [rahmatou-Llâh `alayh], l’imâm Al-Wâsitî [rahmatou-Llâh `alayh] a dit : « dans les communautés qui nous ont précédé le repentir se faisait par le suicide et comme le dit Allâh dans le Qur’ân :




    فَتُوبُواْ إِلَى بَارِئِكُمْ فَاقْتُلُواْ أَنفُسَكُمْ

    {Repentez-vous à Votre Seigneur en vous suicidant}
    [Al-Baqara 54]


    Le repentir dans ces communautés étaient en anéantissant leurs âmes et le repentir dans notre Umma est beaucoup plus difficile, c’est d’anéantir les égos de ce qu’elles désirent sans anéantir les âmes. Quelques savants ont comparé cela comme une personne à qui on a demandé de casser une noix qui se trouve dans une bouteille sans casser la bouteille, et cela est faisable pour ceux qu’Allâh a facilité cet acte.[fin de citation de l’imâm Al-Wâsitî]


    {l’imâm Al-Wâsitî ainsi que l’imâm Al-Ghazâlî dans son Ihyâ’, donnent toujours cet exemple de la noix qui se trouve dans une bouteille pour symboliser l’égo qui se trouve dans le corps qui lui est symbolisé par la bouteille. Il est facile de casser la bouteille et la noix, c’est-à-dire anéantir le corps et l’égo et c’est la condition du repentir chez les communautés précédentes par contre, casser la noix sans casser la bouteille c’est-à-dire anéantir son égo tout en gardant le corps en bon état est une chose très difficile}.

    L’imâm Al-Jazûlî [rahmatou-Llâh `alayh] rajoute : « le repentir est obligatoire par le Livre Saint, la Sunna et le consensus, quant au Livre Saint Allâh Ta`âlâ a dit :



    وَتُوبُوا إِلَى اللَّهِ جَمِيعاً أَيُّهَا الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ
    {Ô croyants, revenez tous à Allâh, si vous voulez assurer votre salut !}
    [An-Nûr 31]



    Et Allâh a dit aussi :



    يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا تُوبُوا إِلَى اللَّهِ تَوْبَةً نَّصُوحاً
    {Ô vous qui croyez ! repentez-vous sincèrement à Allâh}
    [Tahrîm 8]



    Quant à la Sunna, le Prophète a dit : « repentez-vous car je me repentis à Allâh chaque jours 70 fois » et dans d’autres versions 100 fois. Et il a dit aussi : « Celui qui se repent de son péché est comme celui qui n’a pas de péché ».


    En ce qui concerne le consensus sur l’obligation du repentir, il est obligatoire pour chaque adulte responsable, saint d’esprit qu’il soit musulman ou mécréant, esclave ou libre, homme ou femme, malade ou en bonne santé, résident ou voyageur. Il n’y a pas de divergence sur le fait que le repentir est obligatoire immédiatement et qu’aucun savant n’a dit que le repentir peut être retardé, donc celui qui le retarde commet un péché. Il faut qu’il se repente pour ce retard car c’est un deuxième péché.

    « L'Imâm Mâlik {radiya-Llâhou `anhou} a délaissé la pratique de soixante-dix ahâdîth qu'il rapporte pourtant dans son Mouwatta »

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    Le repentir du péché est de deux catégories :


    -le repentir obligatoire sur tout ce qui est interdit
    -le repentir recommandé sur tout ce qui est déconseillé. [fin de la citation de l’imâm Al-Jazûlî].


    Le repentir est obligatoire pour tout péché, qu’il soit grand ou petit, car en vérité un péché reste un péché parce qu’il contredit l’ordre du Tout Puissant.

    Sayyidunâ `Abdullâh ibnu `Abbâs a dit : « toute désobéissance à Allâh est considérée comme un grand péché ».



    Le fait de qualifier des péchés par les petits péchés, cela est dû au fait qu’ils soient effacés quand on évite ce qui est plus grave car il existe des péchés qui sont plus grands que d’autres. C’est pour cela que la Charî`a ne cite pas un nombre limité de ces grands péchés afin que les hommes puisses éviter tout genre de péché. A cet effet, il faut comprendre que le hadîth qui cite les sept grands péchés ne veut pas dire qu’ils se limitent qu’à ce nombre. Les savants ont divergés sur ce qui est considéré comme grand péché sur six avis :


    1/ Tout péché dont Allâh en a réservé dans le Coran ou la Sunna un châtiment le Jugement Dernier est considéré comme grand péché. Allâh a dit dans sourate an-Nisâ’ verset 10 :



    إِنَّ الَّذِينَ يَأْكُلُونَ أَمْوَالَ الْيَتَامَى ظُلْماً إِنَّمَا يَأْكُلُونَ فِي بُطُونِهِمْ نَاراً وَسَيَصْلَوْنَ سَعِيراً

    {Car ceux qui dévorent injustement les biens des orphelins n'introduisent que le feu dans leurs entrailles, et ils sont voués à l'Enfer}




    2/ est considéré comme grand péché tout ce qui est punit par des peines légales comme la fornication ou le vol. Allâh a dit dans sourate an-Nûr verset 2 :



    الزَّانِيَةُ وَالزَّانِي فَاجْلِدُوا كُلَّ وَاحِدٍ مِّنْهُمَا مِئَةَ جَلْدَةٍ

    {Administrez à la femme et à l'homme coupables de fornication cent coups de fouet chacun}




    Et dans sourate al-Mâ’ida verset 38 :



    وَالسَّارِقُ وَالسَّارِقَةُ فَاقْطَعُواْ أَيْدِيَهُمَا جَزَاء بِمَا كَسَبَا نَكَالاً مِّنَ اللّهِ وَاللّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌ

    {Au voleur et à la voleuse, coupez la main en punition de leurs forfaits. Telle est la sanction dissuasive prescrite par Allâh, et Allâh est Puissant et Sage}


    L’imâm Ar-Râfi`î [rahmatou-Llâh `alayh] a dit : « et c’est l’avis le plus fort »

    3/ est considéré comme grand péché tout ce qui a été interdit par le Coran, comme exemple dans sourate al-Mâ’ida verset 3 :


    حُرِّمَتْ عَلَيْكُمُ الْمَيْتَةُ

    {Il vous est interdit de consommer la bête morte}



    4/ quelques savants ont considéré qu’Allâh n’a pas dévoilé les grands péchés afin que les gens évitent tous les interdits.
    {Une partie de savants considèrent que les grands péchés n’ont pas été dévoilé, bien qu’ils sont limités, pour qu’on évite tout genre de péché car on ne sait pas lequel de ces péchés est considéré comme un grand}.


    5/L’imâm Abû Ishâq al-Isfarâyinî
    [rahmatou-Llâh `alayh] et le grand imâm As-Subkî [rahmatou-Llâh `alayh] considèrent tous les péchés comme grands péchés et ils ont exclu l’existence de petits péchés en prenant en considération la grandeur envers Celui à qui on commet un péché ainsi que de la gravité des châtiments qui attendent les pécheurs.



    6/et enfin le dernier avis
    {et c’est celui de l’imâm Miyyâra}choisi par quelques savants, tel que l’imâm Al-Haramayn Al-Juwaynî, que tout péché qui fait comprendre à celui qui le commet a moins de religion{cet avis considère comme grand péché toute désobéissance à Allâh qui nous laisse comprendre que la personne qui a commis le péché est en vrai perdition de foi et de religion car si elle s’est permise d’en arriver à ce grave péché c’est que sa pratique religieuse est en danger}.


    L’imâm A-Suyûtî
    [rahmatou-Llâh `alayh] dans son ouvrage « Al-Kawkab as-Sâti` fî nadhmi jam`i al-jawâmi` » (la planète illuminée) a cité les grands péchés qui entrent dans cette sixième catégorie :

    « le meurtre, la fornication, la consommation d’alcool et tout ce qui rend ivre, la sorcellerie, accuser injustement d’adultère les femmes, l’homosexualité, ne pas jeûner ramadhân
    {il est évident que cela ne concerne pas les gens malades, mais plutôt ceux qui cassent volontairement leur jeûne sans aucune raison}, ceux qui désespèrent de la Clémence d’Allâh ou ceux qui se garantissent sauvés du châtiment, la colère {ach-Chaykh parle de la colère qui fait perdre la raison au degré de commettre des actes dont il ne peut se souvenir}, le vol, les faux témoignages, les pots de vins, la délation, ne pas s’acquitter de l’aumône légale, ne pas payer ses dettes envers les gens{malgré sa possibilité de les rendre}, fuir le jihâd, la triche commerciale dans la balance et les mesures, l’accusation injuste de fornication d’un des couple sur l’autre, la médisance, le refus de témoigner au moment où le témoignage est obligatoire {tel qu’un témoignage qui permet de sauver des vies ou des personnes d’un jugement}, mentir sur le Prophète ,insulter ses compagnons, frapper les musulmans, semer la discorde entre les musulmans, la désobéissance aux parents, couper les liens de parentés, déclarer la guerre aux musulmans ou aux non musulmans injustement, ne pas prier la prière à l’heure, dépenser l’argent des orphelins, manger du porc ou la viande des animaux morts, consommer l’usure, la rancune et la haine ».


    {Il faut retenir que ces grands péchés sont cités par l’imâm As-Subkî dans son ouvrage jam`al-jawâmi`, repris par l’imâm as-Suyûtî dans son ouvrage al-Kawkab as-Sâti` en forme de poésie afin de faciliter la mémorisation du contenu de l’ouvrage d’as-Subkî. Cela veut dire que l’imâm As-Suyûtî n’a fait que reprendre les textes et les citations de l’imâm As-Subkî c’est-à-dire que ces grands péchés cités sont ceux de l’imâm As-Sukî et non pas ceux d’as-Suyûtî}.



    Des détails à retenir :


    1/ si le repentir a été rempli avec toutes ses conditions les savants ont divergé à savoir si le repentir est sûrement accepté ou non. L’imâm Abû Al-Hasan Al-Ach`arî
    [rahmatou-Llâh `alayh] dit que le repentir est accepté contrairement aux autres. Cette divergence concerne le repentir du croyant de son péché par contre il n’y a pas de divergence sur l’acceptation du repentir du mécréant quand il se converti, c’est un repentir accepté par consensus car Allâh a dit dans sourate al-Anfâl verset 38 :




    قُل لِلَّذِينَ كَفَرُواْ إِن يَنتَهُواْ يُغَفَرْ لَهُم مَّا قَدْ سَلَفَ وَإِنْ يَعُودُواْ فَقَدْ مَضَتْ سُنَّةُ الأَوَّلِينِ

    {Avertis les infidèles que s'ils mettent fin à leur impiété, leurs fautes passées seront pardonnées, mais que s'ils récidivent, ils n'auront plus qu'à méditer l'exemple des peuples qui les ont précédés}





    Le fait que les savants ont rendu acceptable par consensus le repentir du mécréant c’est un acte qui ouvre la porte à la conversion des mécréants, par contre le fait de l’incertitude de l’acceptation du repentir du croyant c’est pour qu’il reste entre l’espoir et la crainte d’Allâh afin de lui fermer la porte qui peut le conduire vers le péché.


    2/ les savants ont divergé sur la question de savoir si on peut se repentir de quelques péchés et pas d’autres ; pour les Mu`tazilites ce repentir n’est pas accepté contrairement aux sunnites qui considèrent que le repentir sur des péchés bien précis est acceptable et qu’il est exigé au pécheur de compléter son repentir des autres péchés. Il est à savoir qu’on doit se repentir de tous les péchés et c’est ce qui est appelé « at-Tawbatu an-Nasûh » .


    3/ si le pécheur se rappelle de son péché lui est-il exigé d’avoir des regrets à chaque fois qu’il se rappelle de cela ou non ? L’imâm Al-Haramayn et l’Imâm al-Bâqillânî disent qu’il lui suffit de ne pas avoir la joie quand il se rappelle de son péché.



    4/ celui qui revient sur un péché son repentir serait-il invalide ou non ? Les imâms précédents ainsi qu’Ibnu Al-`Arabî disent que son ancien repentir est valide et qu’il a commis un nouveau péché, il lui faut donc un nouveau repentir.


    5/ est-il exigé au mécréant lorsqu’il se repenti en devenant musulman d’avoir le regret de ce qu’il avait commis comme péché ou non ? Les savants ont divergé en deux avis sur cette question.

    6/ si le repentir des péchés concerne un droit envers Allâh, le regret et le fait d’arrêter le péché suffit pour se repentir. Il faut donc commencer par accomplir ce qu’on n’a pas accompli comme obligation telles que la prière, le jeûne et toutes les autres que nous devons accomplir par contre, si le péché concerne un droit vis-à-vis des hommes dans ce cas il faut rendre les droits à qui on doit et si la personne est morte ou introuvable les droits doivent être donnés à ses héritiers ; et si on ne trouve aucun héritier, on doit faire sadaqa du bien qu’on doit avec niyya pour l’âme de la personne concernée en demandant à Allâh de nous pardonner. Et si la personne a commis un acte tel qu’un meurtre il doit se présenter à la famille du défunt ou au juge pour que justice soit faite.


    L’imâm Ibnu `Âchir a dit :



    و حاصل التقوى اجتناب و امتثا***في ظاهر و باطن بذا تنال

    فجاءت الأقسام حقا أربعه***و هي للسالك سبل المنفعه



    Et la piété se résume à ce qu’il faut éviter et à ce qu’il faut faire ***
    Intérieurement et extérieurement afin de l’acquérir

    Ainsi, ces catégories sont en vérité de quatre ***
    Et elles sont utiles pour celui qui chemine




    L’imâm Ibnu `Âchir nous informe que la piété est un ordre à accomplir et qui se concrétise dans plus d’un verset des interdits à éviter extérieurement et intérieurement
    {l’intérieur c’est tout ce qui concerne les maladies du cœur et l’extérieur ce sont tous les péchés que l’homme peut commettre avec ses membres au degré que ses péchés deviennent visibles au commun des gens}.



    La piété est aussi des obligations à accomplir extérieurement et intérieurement. On atteint ainsi la piété en suivant l’ordre et en évitant l’interdit.


    Les quatre catégories traitées par l’imâm Ibnu `Âchir se résument comme suit :


    1/ éviter les interdits extérieurs
    2/ éviter les interdits intérieurs
    3/ accomplir les obligations extérieurs
    4/ accomplir les obligations intérieurs


    Et en suivant ces quatre directives le croyant trace son chemin vers la réussite dans le monde de l’au-delà.

    Il faut savoir que le mot « taqwâ » qui veut dire piété vient du mot « wiqâya » (الوقاية ) c’est-à-dire la protection de l’homme de tout ce qui lui est nuisible dans le monde de l’au-delà.
    {les péchés sont un mal que l’homme trouvera le Jugement Dernier, il sera châtié pour ce mal qu’il aura acquis dans cette vie d’ici-bas ; le taqwâ le protège de ce mal donc il lui évite le châtiment dans l’au-delà}

    L’imâm Al-Baydâwî a dit : « La protection se résume en trois catégories :

    1/ la protection contre l’Enfer Eternel en évitant d’associer toute chose à Allâh



    .إِذْ جَعَلَ الَّذِينَ كَفَرُوا فِي قُلُوبِهِمُ الْحَمِيَّةَ حَمِيَّةَ الْجَاهِلِيَّةِ فَأَنزَلَ اللَّهُ سَكِينَتَهُ عَلَى رَسُولِهِ وَعَلَى الْمُؤْمِنِينَ وَأَلْزَمَهُمْ كَلِمَةَ التَّقْوَى وَكَانُوا أَحَقَّ بِهَا وَأَهْلَهَا وَكَانَ اللَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيماً


    {Et pendant qu'un fanatisme barbare s'emparait des négateurs, Allâh faisait naître de la quiétude dans le cœur du Prophète et dans les cœurs des croyants, en leur inspirant de suivre la voie de la piété dont ils sont les plus dignes et pour laquelle ils sont les plus qualifiés. Allâh est parfaitement Informé de toute chose}.


    [sourate Al-Fath v.26]




    2/ éviter tout ce qui est considéré comme péché soit en accomplissant l’ordre ou en évitant l’interdit même les petits péchés, et c’est ce qui est connu par la piété (at-taqwâ) et c’est ce qui est voulu par le verset de sourate Al-A`raf verset 96 quand Allâh dit :




    وَلَوْ أَنَّ أَهْلَ الْقُرَى آمَنُواْ وَاتَّقَواْ لَفَتَحْنَا عَلَيْهِم بَرَكَاتٍ مِّنَ السَّمَاءِ وَالأَرْضِ وَلَـكِن كَذَّبُواْ فَأَخَذْنَاهُم بِمَا كَانُواْ يَكْسِبُونَ

    {Et si les habitants de ces cités avaient cru et avaient craint Allâh, Nous aurions à coup sûr répandu sur eux des bénédictions du Ciel et de la Terre , mais ils ont crié au mensonge. Aussi les avons-Nous sanctionnés en raison de leurs péchés}


    3/ Occuper son intérieur par Allâh et se rapprocher de Lui par les lumières intérieures que lui procure sa piété et c’est cette véritable piété qui est recommandée par Allâh dans sourate Âli `Imrân verset 102 :




    يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ اتَّقُواْ اللّهَ حَقَّ تُقَاتِهِ وَلاَ تَمُوتُنَّ إِلاَّ وَأَنتُم مُّسْلِمُون
    {Ô croyants ! Craignez Allâh comme Il mérite d'être craint et veillez à ne mourir qu'en musulmans !}


    [Fin de citation de l’imâm Al-Baydâwî].


    L’imâm Ibnu Juzay dans son tafsîr dit : « Les degrés du taqwâ sont de l’ordre de 5 :


    1/ Que l’homme se préserve de la mécréance ; et c’est le degré de l’Islâm

    2/ C’est de se préserver des péchés ainsi que des interdits ; et c’est le degré du repentir

    3/ C’est d’éviter tout ce qui est douteux
    {tout ce qu’on ne sait pas si c’est halâl ou harâm} ; et c’est le degré du scrupule

    4/ C’est de se priver des choses autorisées
    {par crainte de tomber dans le harâm} ; et c’est le degré de l’ascétisme (az-Zuhd)

    5/ C’est d’éviter que toute chose hormis Allâh ne préoccupe son cœur ; et c’est le degré de la muchâhada
    {observer Allâh dans toute chose, c’est-à-dire voir Ses Attributs et Ses Noms à travers toute Sa création}…



    Puis il dit : « Et les choses qui incitent au taqwâ sont de l’ordre de 10 :

    1/ la crainte du châtiment de la vie d’ici-bas

    2/ la crainte du châtiment dans l’au-delà

    3/ l’espoir de la récompense dans la vie d’ici-bas

    4/ l’espoir de la récompense dans l’au-delà

    5/ la crainte du Jugement Dernier

    6/ avoir honte d’être observé à chaque instant par Allâh
    {surtout quand la personne est en pleine désobéissance} ; et c’est le degré de la vigilance

    7/ de remercier Allâh pour Ses bienfaits surtout pour nous avoir facilité Son obéissance

    8/ apprendre la Science comme le dit Allâh dans sourate Fâtir verset 28 :



    إِنَّمَا يَخْشَى اللَّهَ مِنْ عِبَادِهِ الْعُلَمَاء
    {seuls les savants Le craignent véritablement}



    9/ glorifier Sa Majesté et Sa Grandeur ; et c’est le degré de Hayba
    {le respect mêlé de crainte}

    10/ la sincérité dans l’amour (d’Allâh) [Fin de citation de l’imâm Ibnu Juzay].



    Et celui qui chemine vers Allâh c’est le murîd, par contre le majdûb c’est le murâd {voir la définition du murâd plus haut}.

    L’imâm Al-`Ârif Sayyidî Abû `Abdillâh Ibnu `Imâd et qu’il nous soit bénéfique -, a dit : « les fils d’Adam au début de leur création et leur sortie du ventre de leur mère sont qualifiés d’ignorants et privés de science. Allâh a dit dans sourate An-Nahl verset 78 :




    وَاللّهُ أَخْرَجَكُم مِّن بُطُونِ أُمَّهَاتِكُمْ لاَ تَعْلَمُونَ شَيْئاً

    {Allâh vous a fait naître du sein de vos mères , dénués de tout savoir}



    Et ensuite, Allâh a spécifié quelques-uns parmi Ses créatures par Sa Protection, et a choisi parmi eux des élus afin qu’ils soient Ses Awliyâ’ et cela ne s’est produit qu’à partir de la Science qui est traitée par la suite du verset quand Allâh dit :



    وَجَعَلَ لَكُمُ الْسَّمْعَ وَالأَبْصَارَ وَالأَفْئِدَةَ

    {et vous a donné l'ouïe, la vue et les cœurs}




    Pour ceux qu’Allâh a donné une noble filiation
    {la noblesse ici c’est la pureté qui découle de l’obéissance d’Allâh} Il leur permet d’être parmi ceux qui sont proche de Lui et le verset les concerne quand Allâh dit dans sourate Al-Anfâl verset 26 :




    وَاذْكُرُواْ إِذْ أَنتُمْ قَلِيلٌ مُّسْتَضْعَفُونَ فِي الأَرْضِ تَخَافُونَ أَن يَتَخَطَّفَكُمُ النَّاسُ فَآوَاكُمْ وَأَيَّدَكُم بِنَصْرِهِ وَرَزَقَكُم مِّنَ الطَّيِّبَاتِ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ

    {Rappelez-vous lorsque vous n'étiez qu'une poignée d'opprimés dans la contrée, craignant à tout moment d'être capturés par vos adversaires ! Allâh vous a alors donné un refuge, vous a prêté assistance et vous a pourvus de bonnes choses, afin que vous Lui en témoigniez votre reconnaissance}




    Il y a une catégorie qu’Allâh a créé en deux parties : les murâdîn et les murîdîn
    {ceux qui veulent et ceux qui sont désirés} ou bien les majâdîb et les sâlikîn (ceux qui cheminent) ; tous deux sont en vérité des murâd et des majâdib comme l’a bien dit Allâh dans sourate Ach-Chûra verset 13 :



    اللَّهُ يَجْتَبِي إِلَيْهِ مَن يَشَاءُ وَيَهْدِي إِلَيْهِ مَن يُنِيبُ

    {Mais Allâh attire vers Lui qui Il veut et guide vers Lui le coupable repentant}



    Ceux qui cheminent vers Allâh durant leur cheminement sont voilés par tous ce qui les préoccupe dans cette vie hormis Allâh, alors ils prouvent l’existence d’Allâh par Ses créatures. Par contre, les murâdîn, à savoir les majâdib, sont invités par Allâh sans observer autre chose hormis Lui. Ils l’ont connu par Lui, ils ne voient donc plus que Lui. Et contrairement aux autres, ils prouvent l’existence de la créature par le Créateur et c’est la différence entre les deux parties, c’est que l’un prouve par Allâh et l’autre prouve par Sa créature, l’un par ce qu’Il a connu en Allâh puisqu’IL est l’Eternel et l’autre de ce qu’il a connu par la créature.


    Les majâdib par leur argumentation disent : « depuis quand Il est absent pour qu’on prouve son Existence par les choses qui n’existaient pas et depuis quand Il est loin pour qu’on prouve qu’Il est près de nous par les choses qui sont près de nous en prétendant qu’elles nous servent de rapprochement vers Lui. Depuis quand Il est absent pour que les choses existantes entre nos mains nous servent comme argument pour Son Existence ? »



    عجبت لمن ينفي عليك شهادة***و أنت الذي أشهدته كل مشهد



    Je suis étonné de celui qui renie Ton existence ***
    et que c’est Toi qui lui a fait découvrir toute existence

    [fin de citation de l’imâm Abû `Abdullâh Ibnu `Imâd]


    « L'Imâm Mâlik {radiya-Llâhou `anhou} a délaissé la pratique de soixante-dix ahâdîth qu'il rapporte pourtant dans son Mouwatta »

  4. #4
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    يغض عينيه عن المحارم *** يكف سمعه عن المآثم
    كغيبة نميمة زور كذب*** لسانه أحرى بترك ما جلب
    يحفظ بطنه من الحرام *** يترك ما شبه باهتمام
    يحفظ فرجه و يتقي الشهيد *** في البطش و السعي لممنوع يريد
    و يوقف الأمور حتى يعلما *** ما الله فيهن به قد حكما
    يطهر القلب من الرياء *** و حسد عجب و كل داء



    Il préserve ses yeux du harâm *** Il arrête d’écouter ce qui est interdit
    Comme la médisance, la calomnie, le faux témoignage et le mensonge *** Il doit délaisser tout ce mal commit par la langue
    Il préserve son ventre de tout interdit *** Il évite tout ce qui est douteux avec attention
    Il préserve son sexe et il craint Son Seigneur *** (Et il se préserve) aussi de toucher ou de marcher vers le harâm
    Et il arrête d’accomplir les actes jusqu’à *** Ce qu’il sache ce qu’ Allâh en a légiféré
    Et il purifie son cœur de l’ostentation *** Ainsi que de l’envie, de la prétention et de toute maladie.


    L’imâm Al-Jazûlî [rahmatou-Llâh `alayh] dans son commentaire de la Risâla a dit : « La religion c’est deux choses : accomplir l’ordre et s’abstenir des interdits. Et le fait de s’abstenir des interdits est plus dur pour l’égo que d’accomplir les obligations car accomplir les obligations, toute personne peut le faire par contre s’abstenir des interdits ne peut être accomplit que par les véridiques (as-siddîqûn). Et tout cela ne peut être atteint que par la Science.

    Allâh a dit :


    وَمَا آتَاكُمُالرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَاكُمْ عَنْهُ فَانتَهُوا

    {Prenez ce que le Prophète vous donne, et abstenez-vous de ce qu'il vous interdit}

    [sourate al Hachr v.7]


    La preuve que le fait de s’abstenir des interdits est plus dur, c’est le hadîth du Prophète
    quand il a dit à ses compagnons qui revenaient d’une bataille : « Vous revenez du petit jihâd vers le grand jihâd ». Le grand jihâd ici c’est celui contre l’ego et ses passions ; il est rapporté que le Prophète a dit : « Allâh a créé le Paradis et l’a entouré de ce qui est détestable (pour l’ego) et Il a créé l’Enfer et l’a entouré de plaisir. Et Il a créé sept portes pour l’Enfer, et Il a créé pour l’homme sept membres et à chaque fois que le croyant obéit à Allâh par l’un de ses sept membres une des portes de l’Enfer se ferme pour lui, et à chaque fois qu’il désobéit à Allâh par l’un de ses sept membres, il aurait mérité d’entrer (en Enfer) par une de ses portes ».


    Et les sept membres sont : l’ouïe, la vue, la langue, les mains, les pieds, le ventre et le sexe. Ces sept membres peuvent acquérir le bien comme le mal, le cœur est à l’origine du bien et du mal qui peuvent venir de ces membres car le cœur est comme un roi et les membres son armée, ils ne font que ce que le cœur leur ordonne de faire. Le Prophète
    a dit dans un hadîth rapporté par l’imâm Al-Bukhârî : «
    Il existe dans le corps une chaire, si elle est bonne c’est tout le corps qui est bon, et si elle est mauvaise c’est tout le corps qui est mauvais. Sachez qu’il s’agit du cœur ». Le Prophète l’a répété trois fois.

    Allâh a dit :


    إِنَّ السَّمْعَ وَالْبَصَرَ وَالْفُؤَادَ كُلُّ أُولـئِكَ كَانَ عَنْهُ مَسْؤُولاً

    {Car il sera demandé compte à l'homme de ce qu'il aura fait de l'ouïe, de la vue et du cœur}

    [sourate Al-Isrâ’ v.36]


    Les membres sont des bienfaits et des dépôts d’Allâh Subhânahu wa Ta`âlâ envers Son serviteur. Et le pire des égarements et le summum de la perdition c’est que l’homme utilise les bienfaits qu’Allâh lui a donné pour commettre des péchés, et cela est une trahison de ne pas avoir préservé les dépôts qu’Allâh lui a confié ».

    [Fin de citation de l’imâm Al-Jazûlî]



    Les vers cités de l’imâm Ibnu `Âchir [rahmatou-Llâh `alayh] traitent de quatre grandes questions :

    1/ Préserver les sept membres

    2/ Délaisser tout ce qui est douteux
    3/ Ne pas accomplir un acte dont on ignore le hukm d’Allâh
    4/ Purifier le cœur des maladies telles que l’ostentation, l’envie et la prétention.

    Préserver ses yeux du harâm est une obligation par Le Livre, par la Sunna, ainsi que par le consensus.


    Pour de ce qui est du Coran, Allâh a dit :



    قُل لِّلْمُؤْمِنِينَ يَغُضُّوا مِنْ أَبْصَارِهِمْ وَيَحْفَظُوا فُرُوجَهُمْ ذَلِكَ أَزْكَى لَهُمْ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا يَصْنَعُونَ

    {Invite les croyants à baisser pudiquement une partie de leurs regards et à se préserver de toute souillure charnelle.
    Cela contribuera à les rendre plus purs, car Allâh est si bien Informé de tous leurs actes
    }


    [sourate an-Nûr v.30]


    Quant à la Sunna, le Prophète a dit : « Les yeux peuvent forniquer et leur fornication c’est de regarder ce qu’Allâh a interdit ».

    Et il y a consensus entre les savants qu’il est interdit de regarder les femmes {le chaykh ici attire l’attention sur le danger du regard que l’homme peut porter sur la femme comme la femme peut porter sur l’homme si le regard est porteur d’une mauvaise intention. Il faut souligner à cet effet que même une bonne intention peut engendrer une mauvaise si le regard n’est pas gérer par un cœur pur, le dérapage est beaucoup plus facile avec le regard}.

    Il est strictement interdit de chercher les défauts des autres ou de regarder un musulman avec un air d’orgueil ou de le sous-estimer ne serait-ce avec le regard. Le premier regard qu’on peut jeter sur une chose sans mauvaise intention n’est pas condamnable, par contre il faut immédiatement retirer son regard de l’interdit qu’on a vu sans le chercher.

    Le Prophète
    a dit à Sayyidunâ `Alîy
    [karama-Llâhou wajhou] : « Ne suis pas le premier regard (intentionnel) par un second regard (voulu) car le premier est pour toi tandis que le deuxième est contre toi » {le prophète apprend à Sayyidunâ `Alîy [karama-Llâhou wajhou] que s’il lui arrive de regarder une chose interdit intentionnellement cela ne lui est pas considéré comme un péché, par contre s’il ne retire pas son regard et persiste son deuxième regard est un péché et bien sûre il sera contre lui}
    .

    Il est dit « Ne suis pas le premier regard que tu n’as eu qu’avec les yeux par un deuxième regard que tu auras avec le cœur».
    Sayyidunâ `Alîy
    [karama-Llâhou wajhou] a dit : « les regards sont les moyens les plus utiles que Chaytân utilise pour basculer l’homme vers le péché ».


    « L'Imâm Mâlik {radiya-Llâhou `anhou} a délaissé la pratique de soixante-dix ahâdîth qu'il rapporte pourtant dans son Mouwatta »

  5. #5
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    L’ouïe :

    Quant à l’ouïe, il est obligatoire de s’abstenir d’entendre ou d’écouter tout ce qui est interdit par la Charî`a, comme la médisance, la calomnie, le faux témoignage, le mensonge, etc.

    Il est dit dans la Risâla : « Il est interdit d’entendre tout ce qui entre dans le mensonge ».

    Le mensonge est vaste. Et ce qui est interdit c’est le mensonge écouté intentionnellement tout en l’acceptant intérieurement, par contre ce qui n’est pas écouté intentionnellement est rejeté, cela ne rentre donc pas dans l’interdit.


    Allâh a dit dans sourate Al-Qasas verset 55 :


    .وَإِذَا سَمِعُوا اللَّغْوَ أَعْرَضُوا عَنْهُ

    {et se détournent, quand ils entendent un discours frivole}



    La langue :

    Il est dit dans la Risâla : « il est obligatoire de protéger sa langue du mensonge, du faux témoignage, des insultes et grossièretés et de la médisance ».
    Le Prophète [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam]
    a dit : « Celui qui croit à Allâh et au Jugement Dernier qu’il dise du bien ou qu’il se taise ».

    L’imâm Al-Jazûlî
    a dit : « La langue est un bienfait d’Allâh Subhânahu wa Ta`âlâ envers Son serviteur et elle est la pire des sept membres ». [fin de citation]

    Il est rapporté que chaque matin, les membres se dirigent vers la langue pour se plaindre en lui disant « On t’implore par Allâh de te tenir droit car ta droiture implique notre droiture et ton dérapage au notre ». Et le danger de la langue est très grave, on ne peut lui échapper que par le silence. C’est pour cette raison que le Prophète
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a fait l’éloge au silence en disant : « Celui qui se tait est sauvé », et il [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit aussi : « Le silence est une sagesse mais peu de gens le pratique », il a dit également : « Celui qui me garantit de protéger sa langue je lui garantis le Paradis ».

    Sayyidunâ `Abdullâh ibnu Mas`ûd
    a dit : « Je le jure par Allâh celui dont il n’y a de dieu que Lui, qu’il n’y a aucune chose qui mérite d’être emprisonné le plus longtemps possible que la langue ». Il a dit aussi : « Ma langue est comme un lion, si je la lâche elle me mange ».[fin de citation]

    La définition du mensonge c’est d’apporter une information contraire à sa réalité et la vérité c’est son contraire.

    L’imâm Mâlik
    a dit : « Celui qui rapporte tout ce qu’il a entendu est un menteur » {l’imâm Mâlik à travers cette sagesse nous apprend à filtrer les paroles que nous entendons et de ne transmettre que celles dont nous sommes sûre qu’elles sont vraies et utiles}

    Il faut donc ne rapporter que ce qu’on a su d’une façon sûre et fiable. Ainsi, si un mensonge est passé inconsciemment il n’incombe pas un péché, car le Prophète
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit : « Ma communauté n’est pas punie pour les fautes commise par oubli ou involontaire ».

    Le mensonge est interdit par Le Livre, La Sunna et le consensus.


    Quant au Qur’ân, il est dit dans sûrate Âli `Imrân verset 61 :
    ثُمَّ نَبْتَهِلْ فَنَجْعَل لَّعْنَةَ اللّهِ عَلَى الْكَاذِبِينَ

    {et adjurons Allâh de maudire ceux d'entre nous qui sont des menteurs}


    Pour de ce qui est de la Sunna le Prophète
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit : « Est considéré comme hypocrite celui qui porte ces trois défauts : celui qui ment en parlant, celui qui ne tient pas à son serment et celui qui trahit un dépôt ou un pacte ». Et cela signifie qu’il est hypocrite dans ses actes et non dans sa croyance.

    Le Prophète
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit aussi : « Faites attention au mensonge car il conduit vers la perversité et la perversité conduit à l’Enfer. Et l’homme ne cesse de mentir jusqu’à ce qu’il sera écrit menteur auprès d’Allâh et attachez-vous à la vérité car la vérité conduit au droit chemin, et le droit chemin conduit au Paradis. Et l’homme ne cesse de dire la vérité jusqu’à ce qu’il sera écrit véridique auprès d’Allâh »

    Concernant le consensus, la Umma toute entière le considère comme interdit.

    Il faut savoir aussi que le mensonge peut être une obligation comme le cas de mentir pour sauver une vie humaine (qui allait être tué injustement) ou de sauver des biens (qui allaient être prit injustement), comme c’est le cas aussi de ne pas dénoncer l’endroit où se cache une personne qui est recherchée injustement par un tyran. Il lui est même autorisé de jurer dans ces cas précis.

    Le mensonge est autorisé s’il est appliqué pour la réconciliation entre les musulmans, il est même considéré comme recommandé dans ce cas précis.


    Le faux témoignage :

    C’est aussi de dire le contraire de ce qui s’est réellement passé sauf qu’il est spécifié au témoignage.

    Allâh l’a interdit dans le Qur’ân, comme il est dit dans sûrate Al-Furqân verset 72 et dans sûrate Al-Mujâdala verset 2.



    وَالَّذِينَ لَا يَشْهَدُونَ الزُّورَ وَإِذَا مَرُّوا بِاللَّغْوِ مَرُّوا كِرَاماً

    {Ceux qui ne portent pas de faux témoignages et qui, se trouvant en présence de frivolités, s'en écartent avec dignité}



    وَإِنَّهُمْ لَيَقُولُونَ مُنكَراً مِّنَ الْقَوْلِ وَزُوراً

    {Ils tiennent ainsi des propos aussi blâmables que mensongers}



    Il est interdit aussi par la Sunna quand le Prophète [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit : « Ne vous ai-je pas informé du pire des plus grands péchés » les compagnons ont répondu : « Ô non Messager d’Allâh ! » et il a répondu : « C’est d’associer une divinité à Allâh, la désobéissance aux parents et le faux témoignage ».


    Quant au consensus, la Umma est unanime sur son interdiction.


    La vulgarité :

    Les expressions vulgaires sont celles qui sont reconnues comme étant vulgaire par l’ensemble du commun des gens, que ce soit en parole ou en acte. Et tout ce qu’on pourrait avoir honte de dire devant des gens pieux et respectables entre dans la vulgarité ; comme parler des excréments ou des rapports sexuels avec des paroles démesurées.


    La médisance (al-ghayba) :

    C’est de dire des choses détestables sur son frère ou sa sœur même si ces choses existent en lui/elle. Cela peut toucher son corps, son bien, ses enfants, ses actes ainsi que ses paroles, des choses de sa religion ou de sa vie de tous les jours. Même l’habillement entre dans cette catégorie. Et tout cela, que ce soit de façon directe ou indirecte.


    Allâh subhânahu wa Ta`âlâ l’a interdit par le Qur’ân, la Sunna et le consensus. En ce qui concerne le Qur’ân il est dit dans sûrat al-Hujurât verset 112 :


    وَلَا يَغْتَب بَّعْضُكُم بَعْضاً أَيُحِبُّ أَحَدُكُمْ أَن يَأْكُلَ لَحْمَ أَخِيهِ مَيْتاً فَكَرِهْتُمُوهُ

    {Ne médisez pas les uns des autres ! Lequel d'entre vous voudrait manger la chair de son frère mort? Non ! Vous en auriez horreur !}



    Quant à la Sunna, le Prophète [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit : « Faites attention à la médisance car elle est pire que la fornication ». Et dans une autre version du hadîth «Elle est pire que 30 fornications en Islâm ».

    Le Prophète
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a également dit : « Celui qui veut jeter à droite à gauche ses bonnes actions qu’il médit les gens ».

    Il
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit aussi : « La médisance mange les bonnes actions comme le feu consume le bois »

    Il
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit aussi dans un célèbre hadîth rapporté par l’imâm Muslim selon Abû Hurayra – radhiya Allâhu `anhu – en s’adressant à ses compagnons : « Savez-vous qui fait faillite dans ma communauté ? », les compagnons ont répondu « C’est celui parmi nous qui n’a ni dirham ni bien ».

    Le Prophète
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a répondu : « Le failli de ma communauté est celui qui viendra le jour de la résurrection ayant fait la prière, observé le jeûne et payé l'impôt. Il vient après avoir insulté celui-ci, mangé l'argent de tel autre, répandu le sang de celui-là, et frappé tel autre. On répartit ses bonnes actions entre ses victimes et, si elles ne suffisent pas à le racheter auprès d'elles, on prend de leurs péchés, on les jette sur lui et il est ensuite jeté en Enfer ».

    Il
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit aussi : « Celui qui assiste à la médisance de son frère et prend sa défense Allâh prendra sa défense dans cette vie d’ici-bas et dans l’au-delà. Et s’il le délaisse Allâh l’humiliera dans la vie d’ici-bas et dans l’au-delà ».

    L’imâm `Abdullâh ibnu al-Mubârak
    a dit : « Si j’étais parmi les gens qui font la médisance je commencerais à la faire sur mes parents car c’est à eux en premier que je dois donner mes bonnes actions ».[Fin de citation].

    Il est rapporté qu’une personne a médit sur l’imâm Al-Hasan Al-Basrî
    , et lorsque ce dernier l’a su, il lui a offert un plateau rempli de dattes, et quand on a voulu comprendre son acte il a répondu que celui qui a fait la médisance sur lui, lui a en vérité offert ses bonnes actions et c’est la meilleure chose qu’il possède. Et à son tour l’imâm Al-Hasan lui a offert la meilleure chose qu’il avait entre les mains, à savoir les dattes.

    L’imâm Mâlik
    a dit : « J’ai connu des gens à Médine qui n’ont pas de défaut, mais ils ont passé leur temps à parler des défauts des gens alors les gens leur ont inventé des défauts. Et j’ai connu d’autres gens qui avaient des défauts mais qui ne parlaient pas des défauts des gens, alors ces derniers ne parlaient pas de leurs défauts. » [Fin de citation].

    Et il a dit aussi : « La pire des médisances c’est d’associer celle-ci à un du`â’ en disant au sujet d’une personne qu’ Allâh la guide de ce qu’elle a accompli. Il apparaît de cette expression qu’on fait du`â’ pour cette personne mais en vérité on dévoile ses péchés devant les gens ». L’imâm Mâlik
    rajoute que « la personne aurait dû lui faire du`â’ secrètement sans dévoiler ses péchés ».

    Celui qui entend la médisance est complice de celui qui parle car il est obligatoire à celui qui l’entend de ne pas rester à cet endroit. Et s’il ne peut quitter l’endroit il doit condamner cet acte blâmable.
    Les savants ont dit que la médisance est le dessert des parleurs, c’est la poubelle des gens pieux et c’est le terrain facile pour les femmes.

    La médisance est autorisée lorsqu’il s’agit de parler des défauts des autres afin de faire justice devant le juge ou ceux qui sont à sa place comme l’imâm ou le mufti.


    Il est rapporté que Hind – radhiya Allâhu `anhâ – avait attiré l’attention du Prophète
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] sur le fait que son mari Abû Sufyân était très radin et qu’il ne lui donnait pas assez d’argent, ni à elle ni à ses enfants.

    La médisance est également autorisée quand on connait de graves défauts d’une personne qui vient demander la main d’une femme
    {si on nous demande notre avis sur une personne connue par sa perversité, son égarement ou son éloignement du Dîn, ou ses graves péchés alors on est dans l’obligation de les dévoiler à a famille de la femme demandée}. Il en est de même si on nous demande notre avis sur une personne dans le cadre d’un projet commun comme le fait d’être associer à un projet commercial.

    Il est autorisé aussi de parler des péchés des gens pervers qui ne s’en cachent pas.


    L’imâm Al-Jazûlî – rahimahu Allâh – a prescrit un remède pour la médisance : « C’est de méditer sur le grand châtiment qui attend celui qui fait la médisance et surtout de bien réfléchir à ses bonnes actions qui seront réparties gratuitement aux gens dont il a fait la médisance. Il est très important de penser à ses propres péchés car ces derniers lui éviteront de penser aux péchés des autres ».

    Le Prophète
    [sallâ-Llâhou `alayhi wa 'âhilhî wa sallam] a dit : « Honneur aux serviteurs qui se préoccupent de leur péchés plutôt que de s’occuper des péchés des autres ».

    Le silence aussi est un des grands remèdes de la médisance.
    « L'Imâm Mâlik {radiya-Llâhou `anhou} a délaissé la pratique de soixante-dix ahâdîth qu'il rapporte pourtant dans son Mouwatta »

  6. #6
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    La calomnie (An-namîma) :

    C’est de rapporter des paroles dites par une personne à celle qui est concernée sachant que la concernée déteste entendre cela sur elle, et cela peut-être par la parole, par l’écrit ou autre chose.


    La calomnie est interdite par le Qur’ân, la Sunna et le Consensus.

    Allâh a dit dans le Qur’ân, sûrat Al-Qalam verset 10-11 :


    .وَلَا تُطِعْ كُلَّ حَلَّافٍ مَّهِينٍ
    {Et n'obéis à aucun jureur méprisable}


    هَمَّازٍ مَّشَّاء بِنَمِيمٍ
    {Détracteur médisant}



    Et Il a dit aussi dans sûrat Al-Humaza verset 1 :


    .وَيْلٌ لِّكُلِّ هُمَزَةٍ لُّمَزَةٍ
    {Malheur à tout calomniateur à la langue acérée}



    Le calomniateur sème la discorde et le désordre entre les gens. Le Prophète a dit : «
    Parmi les pires qui seront châtiés le jugement dernier ce sont les gens qui s’adonnent à la calomnie et ceux qui agissent afin de couper les liens entre les frères ».

    La calomnie est interdite par consensus car elle finit par semer la haine et la division entre les gens.

    Le Prophète a dit aussi : «
    Ne rompez pas les liens entre vous, ne vous disputez pas et ne vous enviez pas les uns des autres et soyez des frères en Allâh ».


    Si une personne doit faire face à un calomniateur elle doit appliquer 5 principes :


    1/ Ne jamais le croire dans ce qu’il rapporte car Allâh dit dans le Qur’ân Al-Karîm :


    .يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِن جَاءكُمْ فَاسِقٌ بِنَبَأٍ فَتَبَيَّنُوا أَن تُصِيبُوا قَوْماً بِجَهَالَةٍ فَتُصْبِحُوا عَلَى مَا فَعَلْتُمْ نَادِمِينَ
    {Ô vous qui croyez ! Si un homme pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-en la teneur, de crainte de faire du tort à des innocents, par ignorance, et d'en éprouver ensuite des remords}
    [Al Hujurat, verset 6]



    2/Il faut qu’elle la blâme sur son acte détestable et interdit.
    3/Il faut qu’elle la déteste en Allâh s’il s’avère qu’elle persiste dans la calomnie.
    4/Elle doit éviter d’espionner les gens dans le souci de vérifier l’information calomnieuse qui lui a été rapporté.
    5/Elle n’a pas à punir la personne qui subit la calomnie car ça reste des informations qui ne devraient pas être propagées même si elles sont vraies.

    Il est rapporté qu’une personne avait informé un pieux qu’une autre personne avait dit des méchancetés sur lui ; le pieux lui a répondu : « Ô cher frère, tu m’imposes trois choses : la première, c’est que tu as perturbé ma pensée qui était sereine ; la deuxième c’est que tu as fait entrer la haine dans mon cœur envers mon frère alors qu’il était mon bien-aimé ; et la troisième, tu me fais entrer le doute en toi alors que je ne l’avais pas ».


    La calomnie est pire que la médisance car elle comporte la médisance et quelque chose de plus. Beaucoup de choses qui sont de l’ordre du permis d’apparence en vérité, elles sont interdites telles que dire des choses sur une personne pour rire alors que cela est strictement interdit. Il est également interdit à la personne de se vanter comme il est interdit de critiquer la nourriture, si elle plaît à la personne elle mange sinon qu’elle la laisse. Il faut savoir aussi qu’ il est interdit de maudire une personne précise même si elle est mécréante, par contre maudire une catégorie de gens comme maudire les voleurs sans les préciser, cela est autorisé.

    L’imâm Abû Hâmid Al-Ghazâlî a cité 20 défauts qui découlent de la langue :

    1/ Parler sans intérêt que ce soit pour la vie d’ici-bas ou de l’au-delà. Il est dit que chaque acte d’une personne raisonnable doit être fait pour acquérir une bonne action (pour l’au-delà) ou de l’argent pour satisfaire les obligations de la vie d’ici-bas.
    Les sages ont dit : « celui qui se préoccupe de ce qui ne le regarde pas fait rater ce qui le concerne ».

    2/ Le fait de trop répéter les choses sans intérêt ou bien de faire le dhikr dans un endroit inapproprié comme dire par exemple ‘’Yâ Allâh fait reculer ce chien ou cet âne’’.


    3/ Ne cesser de parler des histoires de femmes ou les rencontres pour faire le harâm comme boire de l’alcool.


    4/ Polémiquer sans intérêt dans la religion.


    5/ La dispute et la discorde.


    6/ Changer sa façon de parler pour plaire aux gens.


    7/ L’insulte et la vulgarité.


    8/ Maudire une personne ou un animal ou un objet.


    9/ Chanter ou écrire de la poésie avec des paroles interdites.


    10/ Abuser dans la plaisanterie.


    11/ Se moquer des gens par les paroles, les gestes ou autres.


    12/ Dévoiler les secrets des autres.


    13/ Négliger une promesse


    14/ Le mensonge


    15/ La médisance


    16/ La calomnie


    17/ La parole de celui qui parle avec deux langues en se montrant avec un visage pour les uns et un autre pour les autres.


    18/ Faire l’éloge d’une personne d’une façon mensongère ou ostentatoire telle que faire l’éloge d’un tyran. Il faut savoir que faire l’éloge d’une personne peut l’enorgueillir et la rendre arrogante et satisfaire son ego.


    19/ L’insouciance surtout vis-à-vis des fautes et erreurs minimes dans un océan de parole. Surtout quand il s’agit de la croyance.

    20/ Poser des questions au commun des gens sur des choses de croyance qui les dépassent.


    Le remède à tous ces défauts et maladies c’est de se retirer des gens et de se taire. Il est dit dans un hadîth : « Celui qui se tait est sauvé » [At-Tarmidhiy]. Et il y a de la sagesse dans le silence, mais malheureusement peu sont ceux qui le pratiquent.

    Il est dit que les neuf dixième de la protection de ces maladies viennent du silence. Quelques sages ont dit : « Du silence découle 7000 bonnes choses, elles ont été réunis dans 7 belles paroles et dans chaque parole se trouve 1000 bonnes choses :

    1/ C’est un fort sans mur.
    2/ C’est une beauté sans parures
    3/ C’est un repos pour les anges scribes
    4/ C’est un respect mêlé de crainte sans pour autant être roi
    5/ C’est une couverture qui couvre les défauts
    6/C’est une adoration sans fatigue
    7/ Se passer des personnes afin d’éviter de leur demander pardon. »

    L’imam Al-Jazûlî a dit : « Globalement, les maladies de la langue sont très nombreuses, il est à savoir donc que la parole ne peut appartenir qu’ à l’une de ces quatre catégories :

    1/ Une parole qui n’apporte que du mal, elle est donc interdite.
    2/ Une parole qui comporte un bien et un mal, et cela est comme la première catégorie car son mal fait disparaître son bien, elle est donc harâm aussi.
    3/ Une parole qui ne comporte ni mal ni bien, il est donc important de l’éviter pour que la vie ne soit pas remplie de choses inutiles.
    4/ Une parole qui ne comporte que du bien, et c’est ce qui est recommandé voir obligatoire.

    Il en ressort que les trois quart de la parole n’engendre que du mal. » [fin de citation].
    « L'Imâm Mâlik {radiya-Llâhou `anhou} a délaissé la pratique de soixante-dix ahâdîth qu'il rapporte pourtant dans son Mouwatta »

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