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Discussion: Abolition de l'esclavage en Tunisie le 23 janvier 1846

  1. #1
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    Par défaut Abolition de l'esclavage en Tunisie le 23 janvier 1846

    اَلحَمدُلِلهِ رَبِ العَلَمِينَ ؕ وَالصَّلَوةُ وَ السَّلَامُ عَلَى سَيِـّـدِ المُرسَلِين
    اَمَّا بَعدُ فَاَعُوذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيطَنِ الرَّجِيمِ
    بِسمِ اللهِ الرَّحمَنِ الرَّحِيم

    السلام عليكم ورحمة الله تعالى وبركاته

    Asalamu 3alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh










    Abolition de l'esclavage en Tunisie

    le 23 janvier 1846







    Avant de procéder à l’abolition définitive de l’esclavage des noirs dans la Régence de Tunis, Ahmed Bey demanda l’avis d’illustres savants tunisiens sur la question qui lui conseillèrent d’interdire cet infâme commerce.


    Convaincu de la nécessité d’une telle action, étant considéré comme un prince ouvert au progrès, prompt à réprimer toute forme de fanatisme.


    Procédant, par étapes, il interdit le 6 septembre 1841 la vente des esclaves sur les marchés de la Régence, pour décider en décembre 1842 que les enfants d’esclaves, nés dans la Régence après cette date, seront libres.


    le décret beylical du 23 janvier 1846 a aboli totalement l'esclavage pour tout le pays. Il n'en reste pas moins que même si cette abolition fût acceptée par la population citadine, elle fût rejetée - selon Ibn Abi Dhiaf - à Djerba, chez les Bédouins et les paysans qui ont besoin d'une main d'œuvre servile et bon marché.


    Un autre décret beylical du 29 Mai 1890 a regroupé tous les textes en relation avec cette pratique.


    Sources :

    La justice en Tunisie: patrimoine de 3000 ans - Mahmoud Bou Ali (N.b:Version Arabe)

    L’abolition de l’esclavage des noirs en Tunisie (1846) et leur situation aux Etats-Unis d’Amérique à la veille se la guerre de sécession par Mohamed Larbi SNOUSSI Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis.








    DECRET D’AHMED BEY DU 23 JANVIER 1846


    PRESCRIVANT L'AFFRANCHISSEMENT DES ESCLAVES





    Dernière modification par talib abdALLAH ; 23/01/2017 à 12h45.

  2. #2
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    TRADUCTION FRANCAISE DU

    DECRET D’AHMED BEY DU 23 JANVIER 1846

    PRESCRIVANT L'AFFRANCHISSEMENT DES ESCLAVES




    Nous avons acquis l’entière certitude que la plupart des habitants de la Régence abusent des droits de propriété qu’ils ont sur les nègres et qu’ils maltraitent ces créatures inoffensives. Vous n’ignorez pas cependant que nos savants jurisconsultes ne sont pas d’accord sur la question de savoir si l’esclavage, dans lequel les races nègres sont tombées, s’appuie sur un texte formel; que la lumière de la religion a pénétré dans leur pays depuis longtemps ; que nous sommes très éloignés de l’époque où les maîtres se conformaient, dans la jouissance de leurs droits, aux prescriptions édictées par le plus Eminent des Envoyés avant sa mort ; que notre loi sacrée affranchit, de droit, l’esclave maltraité par son maître ; et que la législation a une tendance marquée vers l’extension de la liberté.

    En conséquence, nous avons décidé, dans l’intérêt actuel des esclaves et l’intérêt futur des maîtres, comme aussi dans le but d’empêcher les premiers de demander protection à des autorités étrangères, que des notaires seront institués à Sidi Mehrez, à Sidi Mansour et à la Zaouia Bokria pour délivrer à tout esclave qui le demandera, des lettres d’affranchissement qui nous seront présentées pour être revêtues de notre sceau.

    De leur côté, les magistrats du Charaâ nous devront nous réenvoyer toutes les affaires d’esclaves dont ils seront saisis, et tous les esclaves qui s’adresseront à eux pour demander leur liberté. Ils ne permettront pas à leurs maîtres de les ramener à leur tribunal devant être un lieu de refuge inviolable pour des personnes qui fuient un esclavage dont la légalité est douteuse et contestent à leurs détenteurs des droits qu’il est impossible d’admettre dans notre royaume ; car, si l’esclavage est licité les conséquences qu’il entraîne sont contraires à la religion, et il importe de les éviter, d’autant plus qu’il s’attache à cette mesure un intérêt politique considérable.

    Dieu nous guide vers la voie la meilleure et récompense les croyants qui agissent dans le sens du bien.

    Fait le 25 Muharram 1262




  3. #3
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    Décret beylical du 28/29 Mai 1890










    Dernière modification par talib abdALLAH ; 23/01/2017 à 11h42.

  4. #4
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    Un devoir de mémoire :

    L'abolition de l'esclavage le 23 janvier 1846


    Mounira Chapoutot-Remadi

    Professeur d'histoire, Université de Tunis
    Vice-présidente de l'association Nawarni

    ( 2013 )




    Il est vrai que je suis fière de pourvoir dire et répéter à l'occasion, que mon pays a été le premier du monde arabe et musulman à abolir l'esclavage, le 23 janvier 1846. (note : avant la France aussi)

    Il est vrai que mon but aujourd'hui est de le rappeler à tous mes compatriotes afin d'inscrire cette date dans notre calendrier mémoriel national. Si le 2 décembre de chaque année correspond à la journée internationale de l'abolition de l'esclavage, le 23 janvier devrait être inscrit dans notre calendrier national.

    L'esclavage est une institution vieille de plusieurs siècles et elle était générale dans l'Antiquité. Ce phénomène n'est donc pas lié à une religion ni à un espace géographique. La guerre et le commerce étaient les principales sources de l'esclavage. L'avènement des religions monothéistes allait, d'une certaine manière, contribuer à freiner sinon à diminuer le phénomène. Pour le christianisme comme pour l'islam, Il était interdit de réduire en esclavage, un coreligionnaire. L'émancipation de l'esclave était même un acte de piété recommandé en Islam. L'esclave femme devenue mère d'un garçon, Umm walad ne pouvait plus être vendue mais devait être affranchie.

    Du point de vue de l'Islam, la division du monde en Dâr al-Islam, Dâr al-harb, allait permettre aux musulmans de continuer la traite pendant des siècles. C'est ainsi que des centaines de milliers de corps furent arrachés à leurs proches, vendus sur les marchés de la Méditerranée et de l'Asie. Leurs destinées furent diverses selon les époques, les pays, les fonctions qu'ils eurent à exercer. Les uns accédèrent aux fonctions les plus illustres, comme les sultans mamluks d’Égypte, les autres eurent beaucoup moins de chance, comme ceux qui furent astreints aux taches les plus dures. Certains également furent castrés et c'est comme eunuques qu'ils travaillèrent dans les palais des sultans. Ils furent affectés à la garde des harems et à l'éducation des jeunes esclaves. Les conditions de voyage étaient très dures et beaucoup mouraient en chemin avant d'atteindre leur destination finale.

    Le vocabulaire arabe emploie une terminologie variée pour les désigner. L'esclave noir est appelé : 'abd, wasif, khadim, chouchen, hartani (pluriel Harratin) et akli en berbère ; l'esclave blanc : mamluk, 'ulj, saqlabi, rumi, jarkassi, turki, ... quand l'origine ethnique est précisée. Les taches domestiques étaient réservées aux noirs, les fonctions miliaires généralement aux autres.

    Les flux étaient divers selon la géographie et les époques. Les sources arabes de la conquête décrivent et donnent des chiffres assez considérables d'esclaves berbères qui furent les premières victimes de ce trafic vers Damas et Bagdad. Malgré l'islamisation, le quint humain, takhmis, fut pratiqué sur les familles, provoquant une des plus grandes révoltes berbères en 740.

    Une des premières expéditions de 'Uqba b. Nâfi' consista à aller capturer des esclaves au Fezzan. Très vite les Berbères eux-mêmes prirent en charge le commerce transsaharien et se chargèrent ainsi de la traite. Les Aghlabides se dotèrent d'une garde noire plus fidèle que l'armée arabe des conquérants qui fomentait de révoltes et était plus exigeante. Ils en employèrent d'autres dans l'agriculture et dans les grands domaines. Les dynasties suivantes continuèrent à s'appuyer sur ce commerce à la fois pour les besoins internes et externes.

    Trois grands axes caravaniers sud-nord traversaient le Maghreb. Pour la Tunisie, la plupart des esclaves africains arrivait du Fezzan et du Bornou par Ghadamès et les autres empruntaient une deuxième route reliant Tombouctou au Djérid et à Gafsa, en passant par le Mzab. La Tunisie a été une zone de réception et de transit de ce trafic d'êtres humains. La traite a continué pendant des siècles. Beaucoup de ces hommes et de ces femmes se sont peu à peu fondus dans la population locale.

    Un tournant important dans notre histoire a accéléré ce phénomène d'assimilation. Le règne d'Ahmed Bey (1837-1855) est resté dans notre mémoire comme la première entrée dans la modernité. Elle était certes dans l'air du temps aussi bien à Istanbul qu'au Caire. Des mesures semblables avaient été prises, mais l'originalité de notre pays, c'est d'avoir décrété avant tous les autres, l'abolition de l'esclavage le 23 janvier 1846.

    Certes en examinant de près la situation de la Tunisie, 35 ans avant le Protectorat, on pourrait penser que ces mesures sont arrivées trop tard, qu'elles ont été commandées par la conjoncture internationale. La modernité plaquée, et non encore portée par la majorité de la population, n'était peut-être pas encore à l'ordre du jour. Certes, les lois ne font pas disparaître du jour au lendemain les lourdeurs des mentalités. Certes, la discrimination à l'égard de certains de nos compatriotes a du mal à disparaître.

    Aujourd'hui, 167 ans se sont écoulés, nous devons retenir une chose importante. Oui nous sommes fiers d'être le premier pays musulman à avoir tourné la page de cet abominable commerce d'êtres humains et nous sommes fiers de notre diversité.




    Dernière modification par talib abdALLAH ; 23/01/2017 à 12h27.

  5. #5
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    Trace d’aujourd’hui :


    jusqu’où reconnaitre les mémoires plurielles ?




    Stéphanie Pouessel,

    Anthropologue, chercheure à l’Institut de recherche
    sur le Maghreb contemporain, Tunis


    (2013)





    La libération d’expression qui caractérise l’après-2011 est aussi celle qui invite les Tunisiens à se réapproprier leur histoire. Quand certains tiennent à souligner sa berbérité, d’autres reviennent à l’histoire islamique, ou ottomane quand l’histoire est vue par d’autres encore comme bourguibienne avant tout. Ses déclinaisons semblent infinies. Pour certains, il est temps aujourd’hui de soulever une partie de l’histoire transafricaine, celle qui a ramené des biens et des hommes. Une histoire de commerce d’hommes, la traite esclavagiste, qui fut abolie officiellement dans sa première version le 23 janvier 1846, mais qui laissa dans la société tunisienne des traces de subalternité, conscientes ou inconscientes, visibles jusqu’à nos jours.

    Mais soulever ce sujet longtemps tabou ou confiné aux marges d’une identité tunisienne et arabe appelée à être réconciliée n’est pas l’apanage des seuls historiens. Ce besoin émane d’une partie de la société en quête de reconnaissance, de respect et d’égalité. L’écho citoyen est de plus en plus grand (cf. la nouvelle association ADAM (note : en 2017, association M'nèmti HEDUCAP) et les créations artistiques se multiplient (théâtre, cinéma, etc.). Toutes soulignent un racisme encore présent dans la société tunisienne mais rappellent aussi des éléments endogènes prometteurs, comme la fierté d’une abolition de l’esclavagisme précoce, antérieure à la France et fruit d’une génération de penseurs modernistes à l’instar du réformateur Ibn Abou Dhiaf. L’islam y est souvent perçu comme levier de la libération, appelant à l’égalité des croyants devant la foi; le personnage de Bilel, esclave alors libéré par le prophète et premier muezzin du Messager, venant en attester.

    Au-delà des modalités propres au Nord de l’Afrique et au monde islamique, instituer la reconnaissance de la « date tunisienne » de l’abolition de l’esclavage, le 23 janvier, accole aux populations noires du Maghreb le modèle de la diaspora noire mondiale, essentiellement pensée jusque là comme transatlantique, c’est-à-dire partie d’Afrique en direction des Amériques, avec tout ce que cela a pu engendrer comme retour aux origines depuis le siècle dernier. Ce modèle propulseur d’identité -« noire », « post-esclavagiste » - est-il pertinent dans le monde arabe ? Les populations concernées trancheront.

    Le défi est grand, aujourd’hui en Tunisie, de ne pas politiser la question de l’héritage des populations noires et de la diversité culturelle en générale (en la réduisant à un argument anti-islamiste), ni même de la balkaniser en ethnicisant la cause, une cause d’abord nationale puis universelle. Elle appartient à tous et s’inscrit aujourd’hui, pour ceux qui s’efforcent d’élever le jour de l’abolition en jour de reconnaissance nationale, dans une lutte contre le racisme et toutes formes de discriminations ou de subordination moderne. Le désir de commémoration de cette date historique permet de transformer une histoire « négative », celle de la traite, en une histoire positivée, celle de la libération. Elle veut aussi rappeler l’histoire de milliers d’esclaves et panser les plaies des générations qui suivirent.

    L’enjeu est brûlant d’une actualité nationale, il en est de la représentation qu’une société se fait d’elle-même : comment est-il possible, dans le climat social et politique actuel en Tunisie, de penser des initiatives émanant de groupes particuliers fondés sur une langue ou une histoire « différente » sans être affilié à une volonté de séparatisme, de fitna ou de division de l’unité d’un pays jusque là entaché par un pouvoir mafieux puis scindé par l’espoir révolutionnaire ?








    L'abolition de l'esclavage en Tunisie

    Pr Salah Trabelsi






    Conférence organisée dans le cadre du cycle annuel de conférences 2012-2013 par les Anneaux de la Mémoire et le CRHIA, Université de Nantes dans le cadre du programme STARACO.

    Salah Trabelsi est un enseignant-chercheur d'origine tunisienne à l'Université Lumière Lyon2, Directeur adjoint du- Groupe de recherche sur la Méditerranée-et le Moyen-Orient et GREMMO-UMR 5291

    Résumé de la conférence

    Le 23 janvier 1846, anticipant sur la seconde abolition française et bien avant les abolitions américaine et brésilienne, le régent Ahmed Bey de Tunisie proclama la suppression de l'esclavage et la fermeture de tous les marchés aux esclaves du pays. Sans précédent dans l'histoire des pays arabes et musulmans, cette décision fit l'objet d'âpres controverses théologiques et de vigoureuses contestations de la part des 'Ulémas traditionnalistes et des grands propriétaires qui déniaient au prince sa capacité de dire le droit.









    Dernière modification par talib abdALLAH ; 02/02/2017 à 18h00.

  6. #6
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    Spot TV contre le racisme en Tunisie








  7. #7
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    L'Islam et le racisme



    Dr. Hassan Amdouni








    Au Nom de Dieu, le Très Clément par essence, le Très Miséricordieux par excellence


    En face de tant de haine qui s'est exprimée tout le long de l'histoire humaine à travers des asservissements des hommes par d'autres hommes par le biais d'un esclavagisme ravageur et de génocides, l'Islam religion de l'humanisme par excellence rappelle que les hommes sont tous issus d'une même origine, car il s'agit, en vérité, d'un genre commun : al insân.


    Dieu (Exalté) a dit : " Humains ! Nous vous créâmes d'un mâle et d'une femelle, pour vous répartir ensuite en nations et en tribus…" (Ste 49/V13)


    C'est par la Volonté de Dieu (Exalté) qu'il y a diversité dans les ethnies qui composent l'espèce humaine. Cette diversité est, en vérité, un des signes à travers lequel se manifeste la Grandeur et l'Omnipotence de Dieu (Exalté).

    Dieu (Exalté) dit :" Et c'est un autre signe de Lui que d'avoir créé les cieux et la terre, et de vous avoir fait de langues et de couleurs différentes. Il y a là, certes, des signes pour ceux qui entendent." (Ste 30/V 22)


    Une diversité dans les langues et les couleurs éparpillées sur terre, qui ont pour mission de la peupler et de s'entre connaître.


    Dieu (Exalté) dit : " C'est Lui qui vous a formés de cette terre et vous y a établis." (Ste 11/V6 61)


    Dieu (Exalté) dit aussi :"… Ainsi vous vous connaissiez les uns les autres." (Sourate 49/Verset 13)


    Les hommes ont une origine commune. Dieu (Exalté) dit :" O Hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'une origine commune et Il en a créé son conjoint, et de leur union fit proliférer tant d'êtres humains, hommes et femmes…" (Ste 4/V 1)


    Dieu (Exalté) a dit ailleurs : " C'est Lui, qui de l'eau, a créé les mortels et établi entre eux des liens de parenté consanguins et par alliance. Ton Maître est tout-puissant." (Ste 25/V 54)


    L'esprit de clan ("al ‘asabiyya"), à cause d'une quelconque origine, est condamné par l'Islam. Le Prophète (Paix sur lui) a dit à ce sujet : " Il n'est pas, très certainement, des nôtres, celui qui appelle à un esprit de clan !" (Rapporté par Aboû Dâwoûd)


    L'Islam est la religion de l'égalité entre les hommes. Il a aboli les mérites dus aux différences sociales ou raciales. L'Islam a levé les obstacles que les hommes ont institués entre eux. Salmân le Persan, Bilâl l'Abyssin, Souhayb le Byzantin et Omar l'Arabe sont devenus des frères. Aucun d'entre eux n'a de mérite par rapport à l'autre que par l'excellence qui caractérise son agir.

    "Les Plus honorables d'entre vous auprès de Dieu sont les plus pieux. Dieu est si bien informé, si clairvoyant à votre sujet."
    (Ste 49/V 13)


    Cette égalité entre les hommes, annoncée par l'Islam, est une des finalités et des buts fondamentaux de la Loi révélée.

    L'islam déclare que les hommes sont égaux tels les dents du peigne.

    Les hommes sont égaux en tant qu'humains dans leurs qualités, performances et aptitudes. Ceci n'est pas l'apanage d'une ethnie ou d'une classe sociale ou d'un peuple. La seule prééminence reconnue par l'Islam est leur sincérité dans leur engagement envers Dieu, et au service des autres.


    Dans son serment d'Adieu, le Messager de Dieu (Paix et Salut de Dieu sur lui) a dit : « O gens! Votre Seigneur est Un et votre ancêtre est un : vous descendez tous d'Adam et Adam était créé de terre. Le plus digne d'entre vous auprès de Dieu est celui qui Le craint le plus. Aucun Arabe n'a une supériorité sur un non arabe, sauf par la piété. » (Sîra d'Ibn Hichâm)


    Le Messager de Dieu (Paix sur lui) a dit aussi :" Un Arabe n'a pas de prééminence sur un Non arabe ou un Qouraïchite sur un Abyssin que par la piété." (Ibn Sa‘d : At-tabaqât al koubrâ)


    C'est ce qui fit dire à Zouhra Ibn Hawiyya (m:77 H) à Roustoum le chef des armées persanes: "Les hommes sont tous les fils d'Adam, issus du même père et de la même mère!"(Tâhir Ibn Âchour : Ousoûl an-nizâm al ijtimâ 'î al islâmî)


    Les seules différences reconnues par l'Islam sont les différences de la foi, du savoir et dans la qualité de l'agir.


    L'Islam a réhabilité tous les hommes, surtout ceux qu'on a opprimés pour leur couleur. A travers Bilâl l'Abyssin (Que Dieu soit satisfait de lui), célèbre compagnon, le Prophète (Paix sur lui) a édifié un symbole éternel d'égalité entre les hommes. Le Prophète (Paix sur lui) a accordé à Bilâl l'honneur d'être le premier homme à monter sur le toit de la Ka'ba purifiée, pour appeler les hommes, à travers le "adhân" , à la soumission à Dieu. C'est un acte interpellateur, qui sera plus explicité à travers la Sounna. Quand Aboû Dharr, le compagnon arabe et cinquième converti à l'Islam, traita Bilâl (le Noir) de "fils de négresse". Le Prophète (Paix sur lui) se mit en colère et lui dit :" Tu es un individu dans lequel les séquelles de la "jâhiliyya" persistent !" Aboû Dharr se mit à terre, et mettant sa joue contre le sol, jura de ne pas se relever tant que "le fils de la négresse" ne lui aura pas posé le pied sur sa face à lui, l'Arabe, le fils de la Blanche." (Ibn Hichâm : Sîra)


    Bilâl se mariera avec une Qouraychite la sœur de l'éminent compagnon Abd Ar-Rahmân Ibn 'Awf (Que Dieu soit satisfait d'eux tous).


    Ali, cousin et gendre du Prophète (Paix sur lui), appelait Bilâl (Que Dieu soit satisfait de lui) : "Sayyidanâ" (Notre Maître) !"


    Le Coran est explicite au sujet du racisme et le rejette, à travers la condamnation d'Iblîs (Satan) qui a justifié son refus de se prosterner devant Adam, par son origine. Il dit :" Je suis meilleur que lui. Tu m'as créé de feu et Tu l'as créé d'argile !" (Ste 7/12)


    " Sors d'ici, lui intima le Seigneur ! Te voilà banni ! Ma Malédiction te poursuivra sans trêve, jusqu'au Jour de la Rétribution !"
    (Ste 38/V 77-78)


    Le Coran condamne le racisme conscient et inconscient et appelle tous les hommes à une soumission totale à Dieu.


    Dieu (Exalté) dit :"…Entrez dans la soumission de Dieu tous !" (Ste 2/V 207)





    Que la Paix et la Bénédiction d’Allâh soient sur le Messager bien-aimé Mouhammad sur sa famille et tous ses nobles Compagnons



    Dernière modification par talib abdALLAH ; 23/01/2017 à 15h33.

  8. #8
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    Documentaire d'Al Jazeera traduit partiellement en français

    sur les discriminations dont font l'objet les tunisiens noirs



    Un reportage télévisé diffusé sur Al-Jazeera a abordé le problème du racisme et de la discrimination contre les Noirs en Tunisie, interrogeant des victimes de violentes attaques racistes, qui se plaignent de ne pas être traitées en égales, même par les tribunaux. Un couple mixte a affirmé que des bus scolaires séparés avaient vu le jour « pour mettre fin aux mariages mixtes ».

    La militante anti-raciste Saadia Mosbah a précisé que la loi ne considèrait pas le racisme comme un crime. Le ministre des Droits de l’Homme Kamel Jendoubi a admis l’existence d’un racisme tourné contre les Noirs : « Le gouvernement doit s’attaquer à ce problème », a-t-il déclaré.

    Le reportage a été mis en ligne le 17 mars 2016.





    Dernière modification par talib abdALLAH ; 23/01/2017 à 16h08.

  9. #9
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    Documentaire d'Al Jazeera en version intégrale originale anglaise

    sur les discriminations dont font l'objet les tunisiens noirs

    (des intervenants parlent en arabe et en français sous-titrée en anglais)








    -
    Dernière modification par talib abdALLAH ; 23/01/2017 à 20h43.

  10. #10
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    Il est dit dans al Qur'an :

    "Les croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu'on vous fasse miséricorde. "



    innama almou/minouna ikhwatoun fa-aslihou bayna akhawaykoum waittaqou allaha la^allakoum tourhamouna







    (Verset 10 sourate 49 al houjourat-les appartements)





    ***



    Selon Abou Hurayra (que Dieu soit satisfait de lui), l’Envoyé de Dieu (paix et salut sur lui) a dit:


    Ne vous jalousez pas,

    n’enchérissez pas les uns sur les autres,

    ne vous haïssez pas n’agissez pas avec perversité les uns à l’égard des autres,

    ne concluez pas d’achats au détriment les uns des autres,

    soyez, ô serviteurs de Dieu!, tous frères, le musulman est frère du musulman,

    il ne l'opprime pas, ne l’abandonne pas, il ne lui ment pas, ne le méprise pas.

    La crainte de Dieu se trouve ici,

    il montra trois fois sa poitrine puis ajouta :

    Le pire de l’iniquité est que le musulman méprise son frère musulman.

    Tout ce qui appartient au musulman est interdit au musulman : son sang, son bien et son honneur.



    (Rapporté par Muslim)






    Abou Houraira rapporte ces propos de l’Envoyé de Dieu (sur lui la Grâce et la Paix) :


    Méfiez-vous des préjugés car rien n’est plus trompeur.

    Ne vous espionnez pas,
    ne rivalisiez pas entre vous,
    ne vous enviez pas,
    ne vous détestez pas,
    ne vous ignorez pas,
    soyez des serviteurs de Dieu fraternels,
    ainsi qu'Il vous l’a ordonné.

    Le musulman est le frère du musulman, il ne l’opprime pas, il ne le prive pas de son soutien, il ne le méprise pas.

    C’est là que réside la crainte pieuse, répéta-t-il deux fois,

    il désigna sa poitrine:

    Il n’est de pire mal pour un musulman que de mépriser son frère.

    Tout ce qui propre au musulman est sacré pour l’ensemble des musulmans.

    Son sang, son honneur et ses biens sont sacrés.

    Dieu ne regarde ni vos corps, ni vos apparences, mais Il regarde vos cœurs.


    (Rapporté par Muslim)











    Dernière modification par talib abdALLAH ; 15/10/2018 à 16h56.

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