Affichage des résultats 1 à 7 sur 7

Discussion: Extraits du cours sur "La Lettre au disciple" de l'Imam al Ghazali (rahimahullah) par al-Habib Hussein as-Saqqaf

  1. #1
    Editeur Avatar de talib abdALLAH
    Date d'inscription
    juin 2014
    Localisation
    France
    Messages
    5 687

    Par défaut Extraits du cours sur "La Lettre au disciple" de l'Imam al Ghazali (rahimahullah) par al-Habib Hussein as-Saqqaf

    اَلحَمدُلِلهِ رَبِ العَلَمِينَ ؕ وَالصَّلَوةُ وَ السَّلَامُ عَلَى سَيِـّـدِ المُرسَلِين
    اَمَّا بَعدُ فَاَعُوذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيطَنِ الرَّجِيمِ بِسمِ اللهِ الرَّحمَنِ الرَّحِيم

    السلام عليكم ورحمة الله تعالى وبركاته

    Asalamu 3alaykoum wa rahmatullahi wa barakatuh








    Extraits du cours sur "La Lettre au disciple"

    de l'Imam al Ghazali



    رحمه الله




    *




    Première leçon : Le rôle du Cheikh et la gestion du temps




    بسم الله الرحمن الرحيم



    La « lettre au disciple » est un petit ouvrage rassemblant les conseils donnés par le Cheikh, l’Imam Abu Hamid al Ghazali à l’un de ses étudiants. Cet étudiant le questionna ainsi :

    « Après avoir étudié toutes les sciences auprès de toi, j’aimerais savoir comment les résumer et comment les mettre en pratique dans ma vie ?

    Chacun de ces conseils doit être mis en pratique dans notre vie, inch’Allah.


    Il doit y avoir communication entre le disciple, le « mouride » et le cheikh, par le biais d’un échange de lettres par exemple.


    Lorsque en demandant un conseil, l’étudiant est sincère et que son intention est pure alors il recevra et expérimentera bien plus que ce qu’il attendait.


    Les conditions (pour obtenir une réponse) sont donc :


    - Poser une question en étant sincère et véridique

    - Appliquer le conseil donné

    Premier conseil

    « Ô mon fils qui m’aime et que j’aime, qu’Allah prolonge ta vie dans l’obéissance à Allah et te guide sur la voie de Ses bien aimés. Sache que l’on peut écrire des conseils explicites en les puisant dans le message prophétique même. Si certains te sont parvenus, quel besoin as-tu donc des miens ? En revanche, si tu n’en as tiré aucune leçon, dis-moi alors ce que tu as appris durant toutes ces années écoulées ? »

    *
    Remarques :- Lorsque l’Imam Al Ghazali s’adresse à son disciple, il l’interpelle par l’expression « Ô mon fils ». Il se place ainsi dans le rôle du père.


    - Le Cheikh est :


    o Le père du cœur
    o Le père de l’âme
    o Le père de notre intelligence, notre ouïe, notre vue… qu’Allah subhana wa ta’ala nous a offert.

    - Pour réellement bénéficier de cette union (avec le Cheikh) il faut :


    o Rester humble

    o Savoir que nous sommes l’enfant qui a besoin de conseils.
    o Prendre l’Imam Al Ghazali pour Cheikh, l’aimer et prier pour lui.

    - L’autre signification est « Je te donnerai tout ce qui peut t’être profitable, comme pour mon propre fils. Tu dois savoir que si parfois je suis dur avec toi c’est parce que je t’aime et que je souhaite le meilleur pour toi »


    - Cette façon d’introduire le discours montre la voie du « adab », des bonnes manières.


    - L’Imam al Ghazali répond à son disciple en le questionnant « dis-moi, qu’as-tu fait dans ta vie durant ces dernières années ? ». Il lui dit, si tu as suivi le Livre d’Allah subhana wa ta’ala et les hadiths du prophète que la Grace et la Paix Divine se répandent sur lui tu dois remercier Allah mais dans ce cas, pourquoi sollicites-tu mes conseils ? Le Cheikh montre ainsi sa grande humilité.


    - Le Cheikh guide son disciple, l’aide à accroitre sa «hemmah », son aspiration à rechercher un degré supérieur.


    - Il demande à l’étudiant de regarder ce qu’il a appris autrefois et :


    o De remercier Allah subhana wa ta’ala s’il a mis ce savoir en pratique.

    o De se repentir pour rechercher le Pardon s’il ne l’a pas mis en pratique.

    - Etre humble aide à acquérir des connaissances.


    - Le prophète lui –même (sallAllah alayhi wa salam), malgré son haut rang, lorsque l’ange Gabriel (Jibril) vint s’assoir devant lui (sws) et l’interrogea en lui disant « Parle-moi de l’Heure » (du Jour du Jugement), le prophète (sws) dans sa grande humilité, lui dit « celui qui est interrogé n’en connait pas plus que celui qui interroge » alors Jibril (alayhi salam) lui dit « alors parle moi de ses signes » et le prophète (sws) se mit à raconter.


    - On doit donc se souvenir de rester humble dans notre quête de conseils et de ne pas avoir honte de dire « je ne sais pas ».




    Deuxième conseil

    « Ô mon fils, parmi les conseils de l’envoyé d’Allah (que la Grace et la Paix Divine se répandent sur lui) a donné à sa communauté, il y a ces paroles « Lorsqu’un individu se préoccupe de choses sans importance, c’est là le signe pour lui que le Très Haut l’a abandonné. Qui perd une heure dans sa vie dans autre chose que la dévotion à Allah pour laquelle il a été créé, mérite que ses remords se prolongent. Qui dépasse la quarantaine sans que ses bonnes actions ne l’emportent sur ses mauvaises doit se préparer au feu éternel. »*Donc, le mécontentement d’Allah subhana wa ta’ala n’est que la conséquence de notre comportement, de nos actes, de ce que nous construisons de notre propres mains.

    Le mécontentement d’Allah subhana wa ta’ala envers son serviteur est la conséquence du mécontentement du serviteur envers Allah.

    Le mot «as-sâ’ah » (l’Heure) ne signifie pas ici une heure de 60 minutes mais signifie un temps, une durée, un moment, une période. Pour preuve : le Jour du Jugement est appelé « as-sâ’ah » :


    - Notre vie est divisée en 3 «as-sâ’ah »


    o 1- Le temps de l’obéissance à Allah subhana wa ta’ala
    o 2- Le temps de la désobéissance à Allah
    o 3- Le temps perdu, sans obéissance ni désobéissance


    1° - Le temps de l’obéissance peut être divisé en deux :


    o L’obéissance des croyants en général : lorsqu’ils accomplissent un acte d’obéissance à Allah et s’en contentent.

    o L’obéissance de ceux qui sont proches d’Allah « les mouqqarabin » qui lorsqu’ils accomplissent un acte d’obéissance, éprouvent un sentiment de regret de n’avoir pas fait plus.

    2° - Le temps de la désobéissance (qu’Allah nous en préserve) qui a pour conséquence
    :


    o Les « comptes » et la « punition » : « al hissab » et « al ‘iqab ». Allah azawajel s’adressera à Son serviteur en lui disant « A ce moment là, à cet endroit là, tu as péché contre Moi qui t’ai créé, t’ai élevé, t’a donné depuis ton enfance. Quel mauvais comportement tu as ! »


    3° - Le temps perdu, dont une est l’insouciance, « ghafla »


    Dont la conséquence est que, le Jour du Jugement, le serviteur aura beaucoup de regrets. Il verra ceux qui n’ont pas perdu leur temps avec le prophète Muhammad (sws) and qui auront un traitement spécial, un rang supérieur et ils diront alors « Si seulement j’avais fait plus de dhikr, si seulement j’avais assisté à cette leçon, si j’avais mis en pratique ces connaissances, si seulement, si seulement… »


    Alors pour ne pas être dans cette situation le Jour du Jugement il faut :


    - Organiser notre temps : savoir ce que nous allons faire pour chaque du jour et de la nuit. Ecrire un emploi du temps pour le jour et la nuit et essayer de s’y tenir.


    - Faire le compte à la fin de chaque journée (ce que j’ai fait, ce que j’ai dit, ce que je n’ai pas fait…).


    Enfin voici quelques conseils pour faire la comptabilité de l’égo « nafs »


    - Avoir un frère ou une sœur fillah qui sera ton frère ou ta sœur dans l’au-delà et qui nous montre nos défauts


    - Dans le cas d’un couple marié, on peut le faire ensemble face à face ou l’écrire sur un tableau. Par exemple « aujourd’hui tu as raté la prière du fajr ou tu n’es pas allé à la mosquée… » à dire bien entendu avec des mots choisis d’amour et d’attention de façon à ce que les conseils soient acceptés !


    Wa sallAllah ‘ala saydina wa habibina Mohammad wa ‘ala alihi wa sahbihi wa sallem wal hamdulillah Rabbi al’alamin


    Notes : • * Traduction empruntée à Hassan Boutaleb « lettre au disciple » ed. Al Bouraq







  2. #2
    Editeur Avatar de talib abdALLAH
    Date d'inscription
    juin 2014
    Localisation
    France
    Messages
    5 687

    Par défaut Leçon 20 : Shari'ah et Soufisme

    Leçon 20 : Shari'ah et Soufisme




    Commentaire de la "Lettre au disciple" de l'Imam al Ghazali

    Leçon 20 du 24/12/2010





    Citation de l’Imam al Ghazali :


    « Ô mon fils, les paroles et les actes doivent être conformes à la Loi car lorsque la science et les œuvres sont en contradiction avec elle, elles portent à l’égarement. Il ne faut pas te laisser séduire par les allocutions théopathiques et par les vagissements des Soufis car parcourir leur voie signifie lutter, supprimer ses appétits, anéantir ses passions au moyen du glaive des exercices spirituels et non pas se laisser émouvoir ou séduire par leurs extravagances. »

    Le principe de la shari’ah : l’application de la loi et de la science du soufisme.
    Le principe fondamental pour tout croyant est d’adopter et d’appliquer la loi d’Allah et du prophète Muhammad sws sur terre dès le début de son cheminement vers Allah swt. Il s’agit d’un fondement essentiel pour chacun d’entre nous.

    1- Le cas de celui qui applique les obligations externes de la loi divine sans appliquer les principes de la science du soufisme : celui-là est sur la voie de l’égarement et il risque fort de commettre des péchés parce qu’il se concentre sur l’application de la loi sans en connaitre l’esprit. Il se dirige vers la destruction.

    2- Le cas de celui qui pratique le soufisme sans appliquer la shari’ah : celui-là est sur le point de croire qu’il n’a pas besoin de mettre en pratique la loi ou le fiqh (jurisprudence). Il est sur la voie de se détourner d’Allah swt et du prophète Muhammad sws.

    3- Le cas de celui qui applique et la loi et la science soufie : celui-là suit la vérité. C’est la voie que suivaient les savants du passé et les pieux prédécesseurs et c’est la voie que l’Imam Ghazali nous conseille de prendre.



    Les trois domaines de la science « ‘ilm » : islam, iman, ihsan

    1- La shari’ah : elle regroupe les lois de l’Islam et ses piliers. Les cinq piliers fondamentaux et ceux qui en découlent.

    2- La tariqa, la voie : il s’agit de « suluk », qui se réfère à la foi « iman ». Il est de notoriété que la soif d’une personne qui reste ferme sur la voie sera étanchée par Allah swt.

    3- La haqiqah : la connaissance de l’ihsan qui est la vérité divine.Nos paroles et nos actes doivent être en accord avec la shari’ah, avec les lois et la jurisprudence islamiques. Cela implique que nous étudions ces sciences sacrées afin de connaitre ce qui est autorisé, interdit, déconseillé…il s’agit de la première étape sur le chemin vers Allah swt.



    Les trois étapes de la vie humaine

    1 – L’étape de l’apprentissage. Talb.Cette étape permet de poser les bases solides chez l’être humain afin de demeurer sauf tout au long de la vie et inch’Allah d’avoir une fin heureuse. Si au contraire, ces bases sont instables au début de la vie, l’être humain aura avoir tendance à faire des erreurs et il risque de dévier. En revanche, s’il a pu, dès le plus jeune âge, attirer les bénédictions de la science sacrée sur lui, il pourra rester droit sur le chemin sa vie durant et avoir une belle fin.

    2- L’étape de la construction des fondations. L’âge de « tamyiz », de la distinction.Cette étape commence à l’âge du « tamayyuz », autour de 7 ans lorsque l’enfant fait la distinction entre les hommes et les femmes. Les parents doivent alors prendre l’enfant par la main et remplir son cœur et son esprit de croyance et de pensées intègres.

    a) La croyance en l’Unicité Divine :Faire intégrer au cœur et à l’âme de l’enfant la croyance en l’Unicité d’Allah swt. Lui faire comprendre qu’Allah swt est présent en permanence, qu’Il voit tout et sait tout. On peut dire par exemple à son enfant : « Allah swt est toujours avec toi, Il swt te voit, Il t’aime, Il swt est Celui Qui donne, Celui Qui t’élève, Celui Qui donne la vie et Celui Qui donne la mort… ». Ces leçons doivent être répétées en permanence même si l’enfant n’est pas forcément capable de les comprendre immédiatement. A cet âge, le cœur est tendre et il absorbe tout ce qui lui est proposé.

    b) La haqiqah

    - Enseigner la vérité à l’enfant


    - Le sensibiliser à Allah swt


    - L’aider à mémoriser le Noble Coran

    - Lui faire apprendre des hadiths ou des poèmes en accord avec le fiqh.

    - Le mettre en présence des shaykhs, des savants de la science sacrée et de ceux qui sont proches d’Allah subhan wa ta ‘ala.



    Mettre l’enfant en présence des shaykhs

    - Présenter le shaykh à l’enfant en lui disant « c’est shaykh untel, regarde-le bien, regarde son visage, serre-lui la main ou embrasse-la, dépose un baiser sur sa tête… ». Ainsi l’enfant va respecter et aimer le shaykh parce qu’il porte la science sacrée et qu’il est l’héritier du prophète Muhammad sws.

    - Le regard du shaykh « nazharat ». Exposer l’enfant à la compagnie et au regard du shaykh a un impact sur le cœur de l’enfant. Ne prenez pas ces paroles à la légère car elles nous ont été transmises de génération en générations et elles ont été expérimentées.




    • Le « regard » « nazharat» est bien plus qu’un simple regard physique. Allah swt sait de quoi ces regards sont remplis. Il connait ce qui est transmis par le shaykh à l’enfant car le shaykh est l’héritier du prophète Muhammad sws. Vous connaissez le principe du blue-tooth : des dossiers sont transmis d’un téléphone à l’autre sans matérialisation de la voie de transmission. Il s’agit d’une invention humaine. Alors que dire de la transmission d’être humain à être humain ? Allah swt a créé l’homme et Il lui a donné la capacité de transmettre les lumières et les secrets divins.



    • Habib Hussein raconte qu’enfant son père l’emmenait à des majlis où se réunissaient les shaykhs. Un jour, un de ces connaissants en Allah, un Habib, une de ces personnes qui connaissent la proximité avec Allah swt, posa son regard sur Al Habib Hussein. Il continue en disant que ce regard lui est revenu à l’âge de quarante ans seulement. Et Seul Allah connait les secrets derrière ce regard qui lui revint à 40 ans.



    • Ce regard n’est pas un regard de face à face, il s’agit d’un regard divin, d’un regard qu’Allah swt envoie d’un cœur vers un autre.



    • Il est important d’ouvrir son cœur car ce regard peut être imperceptible. Il peut venir sans prévenir et peut rester caché des années au point que des pensées peuvent surgir telles que «Pourquoi le shaykh ne me regarde jamais ? pourquoi ne porte-il pas le regard sur moi ? ». Il faut préparer son cœur à le recevoir, rectifier et purifier ses intentions afin de pouvoir recevoir ce regard divin qui revivifie le cœur.


    - Lui apprendre le bon comportement en suivant l’exemple du prophète Muhammad sws.




    Les trois méthodes d’apprentissage


    1-
    La mémorisation « takhfiz »

    L’enfant peut mémoriser le Noble Coran, les hadiths, les textes poétiques « qassida ». Apprendre par cœur pourra lui servir quand il sera plus grand.

    2- La répétition « talqin »Parler et faire répéter l’enfant après soi. S’assoir avec lui, lui inculquer les principes de la religion et le dhikr et le faire répéter. Cela permet de transmettre à l’enfant le secret de la transmission des connaissances en se reliant à la chaine ininterrompue qui remonte au prophète Muhammad sws et par là à sayidna Adam (aS) comme il est dit dans le Noble Coran : « Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses),… » (Sourate al Baqara/31).

    3- Etre en compagnie des shaykhs « maajalis »C’est la méthode employée et expérimentée par les connaissants en Allah et elle a déjà fait ses preuves. Il ne s’agit pas d’exposer nos enfants aux professeurs d’université mais bien aux gens qui sont proches d’Allah, à ceux dont la science a été transmise par une chaine interrompue qui remonte au prophète Muhammad sws.





    Dernière modification par talib abdALLAH ; 15/11/2017 à 04h07.

  3. #3
    Editeur Avatar de talib abdALLAH
    Date d'inscription
    juin 2014
    Localisation
    France
    Messages
    5 687

    Par défaut Le Guide Spirituel

    Le Guide Spirituel



    Conseil de l’Imam al Ghazali


    « Pour être qualifié au « khalifa » du Messager d’Allâh (paix et bénédictions sur lui) ce maître doit être un savant. Mais les savants ne sont pas tous qualifiés pour le successorat. Je t’expliquerai en quelques mots quels sont les signes qui distinguent le maître véritable digne de la succession du prophète sws, pour que tout savant n’ait pas la prétention d’être un guide spirituel (murshid). »

    Celui qui souhaite suivre un Shaykh doit d’abord purifier ses intentions et souhaiter la proximité d’Allah swt. Il est clair que la plupart d’entre nous désire entrer au Paradis mais l’aspiration la plus haute est celle de rechercher la proximité d’Allah (qurb) et d’être proche du prophète Muhammad sws dans cette vie et dans l’au-delà. Ceux qui ont cette aspiration ont besoin d’un guide spirituel, un « shaykh murshid ».

    Ils doivent être « mukhliss », sincères et savoir vraiment ce qu’ils recherchent.On peut distinguer quatre types de shaykh (mu’alim, ‘alim, murrabi, ‘alim rabbani, Imam Ghazali fait référence à ce 4e type « ‘alim rabbani ») :


    1° - le « mualim » : on en bénéficie par les informations qu’il possède pour toute sorte de choses, même du récit d’une expérience de la vie.Par exemple on a demandé au prophète Issa (as): « comment as-tu acquis autant de connaissances ? Il répondit « j’ai avait appris de l’ignorant ». « Comment as-tu appris de l’ignorant ? » « Toutes les erreurs dans lesquelles tombe l’ignorant, je les évite ».On peut même apprendre d’un animal ! Par exemple lorsque le fils d’Adam (as), tua son frère il ne savait que faire de lui et il apprit d’un corbeau la manière de l’enterrer. Allah swt envoya deux corbeaux se combattant jusqu’à la mort de l’un d’eux. Le « vainqueur » tira sa proie jusqu’à un trou creusé dans le sol et enterra sa victime. Assistant à la scène, le fils d’Adam s’interrogea « suis-je pire que cet animal ? » et l’imitant, il enterra son frère.

    2° - Le « ‘alim » : on en bénéficie par la science qu’il possède ou par ses connaissances, en matière de médecine, de jurisprudence…etc, mais dans une seule science spécialisée.

    3° - Le « murabbi » : on en bénéficie par son comportement, ses bonnes manières et ses actes. On apprend de lui en l’observant, en regardant son état et en prenant son exemple, même s’il ne prononce aucune parole.

    4° - Le « ‘alim arrabbani » : Il enseigne avec sa langue et avec son état spirituel dans plusieurs domaines de la science, non pas dans un seul domaine comme le « ‘alim ». Il enseigne les sciences dont on bénéficie dans cette vie et dans l’au-delà. Il disciple le « nafs » (l’égo) et montre les erreurs, il fait des mises en garde et octroie le remède. Celui qui s’attache à un tel Shaykh, devient un joyau. Pourquoi ? Parce que la fonction de ce type de shaykh est de faire revenir ses disciples à l’état pur. La plupart des gens sont des joyaux qui vivent parmi les déchets. Son rôle est de les faire sortir de la saleté, de les nettoyer et de les rendre à l’état pur. Et seul le joailler sait reconnaitre les joyaux.

    Celui qui est en quête de la proximité d’Allah swt et de Son prophète sws doit s’attacher à ce type de shaykh, non pas dans le but de gagner uniquement le paradis, ceux qui recherchent la seule Jannah sont appelés « les gens de la droite », mais dans le but de se rapprocher d’Allah swt. Ceux-là sont appelés dans le Saint Coran « les sabiqun » (sourate al Waqiah), ils sont les « rapprochés », « muqarraboun » et ils ont un rang supérieurs aux « gens de la droite ». Le « qurb » (la proximité, l’intimité) avec d’Allah swt est supérieure au paradis. Pour accéder à cet état, le shaykh « ‘alim rabbani », le guide spirituel (murshid) est nécessaire. Nombreux sont les obstacles sur la voie, et nombreux sont les « shayatin » (diables) sur le chemin. Ils œuvrent à te détourner de ton objectif. Le shaykh connait les shayatin et leurs susurrements et il prescrit le remède contre eux et guide à te les faire reconnaitre afin de ne pas te laisser distraire par eux.

    Si tu connais ton objectif dans la vie, tu apprécies la valeur de la vie et du temps qu’Allah swt t’a octroyée. Le temps est limité, tu œuvres donc au mieux. Le rôle du shaykh ‘alim rabbani est de te prendre par la main et de t’accompagner sur la voie. L’imam Ghazali dit « mais rencontrer des hommes semblables est aussi rare que découvrir le soufre rouge « al kabrit al ahmar ». ». Il parle de son époque, des siècles auparavant ! Alors que dire d’aujourd’hui ? Bien sur, les ‘alim rabbani de chaque époque se sont plaint des vicissitudes de leur temps. Malheureusement des millions de musulmans ne sont pas conscients du but de leur vie. Il leur suffit de jeûner puis de regarder la télé… sur leur lit de mort ils réalisent qu’ils ont laissé passé de nombreuses occasions dans leur vie.

    1° - Explication du terme « يصلح «, qui a été traduit dans la version Française de la lettre au disciple par « qualifié … » : En fait, le terme arabe signifie « celui qui répare ». Cette qualité n’est pas présente chez tous les shaykh. Le ‘alim rabbani est celui qui « répare », qui « traite » l’égo. Le terme « صلح » « salih » est repris plusieurs fois dans le Saint Coran, « celui qui fait de bonnes œuvres » est le « salihin », il est celui qui rectifie, qui répare, il est souvent cité après la notion de repentir « tawbah ». Donc celui qui fait de bonnes œuvres « répare » ses fautes après le repentir. Faire de bonnes œuvres a deux conséquences, la première est d’en recevoir la récompense, la seconde est d’avoir une incidence sur le fait de « réparer » le nafs. Cela peut être sous forme de dhikr ou de récitation du Saint Coran ou dans le fait d’honorer et servir ses parents ou dans toute autre acte qui oblige le « nafs » à se rabaisser, comme par exemple ramasser les ordures sur le chemin…

    2° - Le ‘alim rabbani doit être le représentant ( ناءب) « khalife » du prophète sws.

    a) Quand on est en compagnie d’un tel shaykh, on doit se considérer comme en compagnie de rassouLLah sws. Les bénéfices qu’on peut en tirer dépendent de la manière dont on apprécie le shaykh. Si on le respecte en tant que représentant du prophète sws et que cette notion est pleinement acceptée par le cœur, les bénéfices en seront d’autant plus grands.

    b) Dans ce cas il nous prendra par la main tout au long de la voie jusqu’à atteindre la main de rassouLLah sws où il nous saura en sécurité.


    Conseil Imam Ghazali



    « …Le plus apte à cette tâche est celui qui renonce aux biens de ce monde, aux honneurs…»


    Signes d’un shaykh qui recherche les honneurs auprès du monde et non d’Allah sws :

    - Il se fâche si son disciple le quitte pour un autre, car il n’aura cherché que la reconnaissance. Mais par contre, le ‘alim rabbani peut se fâcher parce qu’il sait avoir le remède qui convient à ce disciple là. Cela arrive surtout au début de la voie.

    - Il parle des autres shaykh de façon négative. Il dit qu’il est le seul et le meilleur à avoir été envoyé sur terre. Mais le « vrai » shaykh, lui, par ses bonnes manières, son éducation, ne parle jamais des autres mashaer. Imam as Shafi’i a dit « nos paroles peuvent être correctes et en même temps erronées et nos paroles peuvent être erronées et en même temps correctes ». Aujourd’hui certains se permettent de dire qu’un tel est « kafir » ou qu’il est égaré..


    Conseil Imam al Ghazali



    « …et qui a fréquenté une personne clairvoyante qui (par d’autres maillons) est connecté au seigneur des envoyés (sws)… »
    Qualités du shaykh ‘alim rabbani :

    Il doit être relié au « sanad », la chaine de transmission ininterrompue remontant au prophète Muhammad sws, par le biais de savants. Ainsi les connaissances acquises sont basées sur la vérité. Les compagnons ont acquis leurs connaissances de cette manière : ils avaient l’habitude de dire « le prophète sws a dit.. » ou « j’ai entendu le prophète sws dire … » sans en modifier une seule lettre des paroles du prophète sws.Hamdullillah ce type de shaykh existe à notre époque. S’il se trouve sur ton chemin, présente-toi à eux en état d’humilité, car il est le représentant du prophète sws et tu ne dois pas rater cette occasion.

    Dans la leçon suivante (N°45) nous poursuivrons le sujet des qualités du shaykh.



    Dernière modification par talib abdALLAH ; 15/11/2017 à 04h09.

  4. #4
    Editeur Avatar de talib abdALLAH
    Date d'inscription
    juin 2014
    Localisation
    France
    Messages
    5 687

    Par défaut Les qualités du guide spirituel (suite) - Leçon 45 - Ayyuhal walad du 16/09/2011

    Les qualités du guide spirituel (suite)



    Leçon 45 - Ayyuhal walad du 16/09/2011



    Le shaykh peut avoir toutes les qualités du 'alim rabbani cependant il n'existe aucun lien spirituel entre lui et celui qui est en quête de guide.

    Dans cette leçon, nous allons d'abord poursuivre avec les qualités du 'alim rabbani (suite de la leçon 44) puis nous verrons comment « reconnaitre » le shaykh qui nous est destiné.




    Conseil de l'Imam al Ghazali



    « ...Le plus apte à cette tâche est celui qui...s'est entrainé à peu manger, à peu parler, à peu dormir et à beaucoup prier, à faire de larges aumônes et de fréquents jeûnes. »



    1- S'entrainer à peu manger :

    Parfois lorsque les gens voient un shaykh un peu gros, ils pensent qu'il mange beaucoup et donc qu'il ne contrôle pas ses propres désirs et ils se demandent comment il peut dans ce cas aider les autres à discipliner leur nafs, leur égo et leurs désirs de nourriture! Mais ce n'est pas au mourid, à l'étudiant, de juger car ce qui est apparent peut cacher une autre signification. Par exemple on peut rencontrer un shaykh qui semble beaucoup manger mais en fait il le fait avec une bonne intention : il est constamment invité par de nombreux hôtes qui l'obligent à manger ! Du coup il doit avaler jusqu'à cinq repas par jour ! Certains de leurs étudiants jurent même que s'il ne mange pas de leur plat ils vont divorcer !!! C'est ce qui est arrivé au Shaykh al Habib Omar et comme son intention n'était pas de diviser les membres de la communauté il a mangé!

    Habib Hussein a donné un autre exemple d'un de ses shaykh. Généralement le shaykh voit derrière chaque plat celui ou celle qui l'a préparé et Celui swt qui a lui a octroyé ces provisions. Il le regarde avec « adab », et les convenances devant Allah swt veulent qu'il en goute ne serait-ce qu'une mini portion. Certains machaer voient avec leurs yeux certes mais ils voient aussi, selon leur degré spirituel, la nourriture leur dire « mange-moi ». Il est arrivé qu'on place des dattes devant ce shaykh et il a entendu une datte lui dire « mange-moi » et puis celle d'à côté répondre « et moi ? » et ainsi de suite. Il a donc avalé plusieurs dattes et les gens présents ont certainement pensé qu'il mangeait beaucoup trop mais en fait il voyait ce qu'eux ne voyaient pas !

    Ce genre de shaykh mange ce que sa femme aime préparer, sans lui demander un plat particulier. Ce sont les bonnes manières. D'un autre côté l'épouse ne mangera et ne préparera un plat que si son mari l'aime ! Certains époux sont dans le même avion, ils désirent ce que l'autre désire, au même moment...A l'inverse, un mari insatisfait de la cuisine de son épouse est un signe de grande ignorance.


    2- S'entrainer à peu parler :

    Les 'alim rabbani parlent peu de la vie quotidienne ou des affaires courantes mais ils sont plutôt engagés dans le rappel, le dhikr. Une des définitions du soufisme est « de vivre avec la faim, se livrer au silence et au dhikr, se lever au milieu de la nuit pour le dhikr ou l'acquisition d'une science sacrée, faire des demandes de prières sur le prophète sws, donner les sadaqas... » Si on veut suivre un shaykh, on doit regarder dans quel statut spirituel il se trouvait au début de sa vocation. L'Imam al Haddad, par exemple, se rendait très jeune, à la « mosquée du peuple « qaom » à Tarim, dans l'Hadramaout, pour la prière de doha et y effectuait près de 300 rak'as ! Si tu veux imiter ce type de shaykh, essaie de faire ne serait-ce que 10 rak'as pour discipliner ton nafs !!!


    3- ... et à beaucoup prier, à faire de larges aumônes et de fréquents jeûnes. » Beaucoup prier : c'est-à-dire faire beaucoup de prières « nawafil », surérogatoires : qiyyam al layl, se lever au milieu de la nuit, tahajud, prière de doha, witr, entre maghreb et 'icha... et toutes les autres prières en dehors de celles qui sont obligatoires. Sache que de telles personnes ont un rang spécial auprès d'Allah swt et qu'Allah swt les aime. Et sache aussi que pour chaque acte obligatoire il existe un acte surérogatoire.


    Conseil Imam Ghazali


    « La compagnie d'un tel maître clairvoyant doit porter le novice à revêtir son caractère des belles vertus de son maître telles la patience, la prière, la reconnaissance, la confiance et l'abandon en Dieu, la certitude, le contentement, la quiétude de l'âme, la longanimité, l'humilité, la science, la sincérité, la pudeur, l'observance des engagements et des pactes, la dignité, le calme, la prudence et autres »


    Toutes ces qualités méritent une explication approfondie. Choisissons la qualité de patience, elle revêt plusieurs sens : par exemple le shaykh n'est pas très fortuné en terme de dounia mais il se contente de ce qu'il a ou bien il est patient avec ceux qui le traitent mal ou ceux qui sont irrespectueux envers lui, patient avec le mourid, l'étudiant, qui ne se comporte pas selon les bonnes manières envers son shaykh. Il est reste humble et confiant en Allah swt à Qui il s'en remet pour toutes ses affaires. Il est ferme dans sa foi même en période de grandes vicissitudes.



    Conseil Imam Ghazali


    « Il deviendra alors une des lumières du prophète sws et sera un modèle. Mais rencontrer des hommes semblables est aussi rare que découvrir le soufre rouge « al kibrit al ahmar ». Celui qui aura la chance de trouver un tel maître qui le prendra pour disciple devra l'honorer ouvertement et intimement »


    Imam Ghazali parle de son temps où ce type de shaykh étaient nombreux, contrairement à notre époque. Cependant, ce genre de shaykh existe encore de nos jours mais l'étudiant en quête doit être sincère. En effet rencontrer ce type de shaykh n'est pas suffisant, l'étudiant doit posséder les qualités du mourid pour être accepté ! C'est un autre combat !


    A - Le shaykh qui possède toutes ces qualités ne t'accepte pas comme mourid :

    Les qualités du mourid ne conviennent pas pour gagner la confiance dans le cœur du shaykh. Le shaykh cependant ne va pas démoraliser le mourid en lui disant qu'il est incurable, non ! il va simplement dire, je suis trop occupé, essaie de trouver un shaykh qui est plus disponible, mieux qualifié ou meilleur que moi. Dans ce cas, il ne faut pas se mettre en colère contre le shaykh et en même temps il ne faut pas l'abandonner car il peut s'agir d'un test. Il peut rejeter l'étudiant et celui-ci revient et essuie à nouveau un rejet mais continue à frapper à la porte durant des semaines, des mois, des années...et le mourid pense qu'il a passé des années à demander, que sa vie va bientôt prendre fin et il se demande pourquoi ce combat ? Durant toutes ces années il n'a pas été conscient qu'il a été testé par le shaykh lui-même et que ce processus faisait partie du remède contre les désirs de son propre cœur. Ne sois donc pas surpris si le traitement dont tu as besoin prend des années ou même une partie de ta vie! Prendre des soporifiques ne guérit pas, il faut un traitement approprié qui peut durer des années pour certaines personnes! Le shaykh peut aussi dire que le traitement d'un tel mourid va lui trop de temps. Cela dépend de la personnalité shaykh et de ses compétences à traiter avec cet étudiant.


    B – Le shaykh qui t'accepte avec tous tes défauts et tes désirs.


    C'est une preuve de la force du shaykh, il n'a pas de problème à prendre le disciple le plus difficile à discipliner. Ce shaykh est un océan et l'eau de l'océan est purificatrice. Il peut transformer un roc en joyau !



    Comment savoir si on a rencontré son shaykh ?



    Il existe certains signes qui peuvent indiquer que ce shaykh t'est destiné, mais ceci n'est pas une vérité absolue puisqu'au final cela demande la permission d'Allah swt :


    - Tu es touché par l'état spirituel du shaykh avant qu'il ne prononce des mots. Si tu penses à lui tu te sens en sécurité, apaisé, de même si tu vois sa photo ou tu entends parler de lui.

    - Tu sens une présence inexpliquée dans ton cœur lorsque tu assistes à ses assemblées.

    - Durant ses majliss tu sens ton cœur directement connecté avec le cœur du shaykh et tu reçois des « choses » un peu comme le bluetuth à l'heure actuelle, où les infos circulent par les ondes !

    Après plusieurs années ces « choses » que ton cœur a emmagasinées et qui sont comme des semences, des graines plantées, se développent et grandissent puis se révèlent sous la forme d'un recueillement plus profond, d'une douceur du cœur et de présence devant Allah swt. Ceci parce que tu as été sincère.

    - Tes manières (adab) envers Allah swt s'affinent ;

    - Tu te préoccupes moins de la dounia et tu cultives plus l'amour de l'au–delà.

    - Tu fais preuve de taqwa, conscience d'Allah swt

    - Le shaykh revient souvent dans tes pensées. - ...

  5. #5
    Editeur Avatar de talib abdALLAH
    Date d'inscription
    juin 2014
    Localisation
    France
    Messages
    5 687

    Par défaut 46-Convenances du disciple

    46-Convenances du disciple






  6. #6
    Editeur Avatar de talib abdALLAH
    Date d'inscription
    juin 2014
    Localisation
    France
    Messages
    5 687

    Par défaut Leçon 47 - Le respect intime du Shaykh

    Leçon 47 - Le respect intime du Shaykh






  7. #7
    Editeur Avatar de talib abdALLAH
    Date d'inscription
    juin 2014
    Localisation
    France
    Messages
    5 687

    Par défaut Leçon 71 et fin : l'Imam al Ghazali, notre père spirituel (rA)

    Leçon 71 et fin : l'Imam al Ghazali, notre père spirituel (rA)




Discussions similaires

  1. Les signes de l'Heure - Cheikh al-Habib Hussein al Saqqaf
    Par talib abdALLAH dans le forum Conférences, cours
    Réponses: 6
    Dernier message: 18/05/2017, 16h41
  2. Lettre au disciple ( extrait ) Abu Hamid Al ghazali
    Par ilikmali dans le forum Religion/spiritualité
    Réponses: 9
    Dernier message: 22/11/2012, 23h44
  3. Al Habib Hussein as Saqqaf
    Par hadramouyt dans le forum Al-Khalaf
    Réponses: 4
    Dernier message: 03/09/2012, 11h48
  4. Réponses: 0
    Dernier message: 10/12/2011, 21h08
  5. Extraits du livre "Manifestation de la Vérité"
    Par Muhasibi dans le forum Dialogue interreligieux
    Réponses: 0
    Dernier message: 06/05/2011, 10h57

Les tags pour cette discussion

Liens sociaux

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •