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Discussion: Récit du cheminement de Salmân par lui-même

  1. #1
    ex-Halim7878 Avatar de Halim
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    Par défaut Récit du cheminement de Salmân par lui-même

    Récit du cheminement de Salmân par lui-même
    (traduction par le Pr Denis Grill)

    Je suis né en Perse, dans la région d’Ispahan, au sein d’un village appelé Jayy dont mon père était le chef. J’étais l’être qu’il chérissait le plus au monde ; mon père m’aimait tellement qu’il me consignait à la maison, comme une jeune fille. J’étais très attiré par la spiritualité et je pratiquais le zoroastrisme, la religion de mes ancêtres, avec tant de ferveur que je devins gardien du feu : j’avais la responsabilité de ne pas laisser s’éteindre un seul instant la flamme située dans le temple.

    Mon père possédait une grande ferme à l’extérieur du village. Un jour, alors qu’il était très occupé par un travail important, il me demanda de me rendre à la ferme afin de vérifier que tout était en bon ordre de marche. Il ajouta : « Surtout ne t’attarde pas en route, car ta présence à mes côtés m’est bien plus chère que ma ferme et que toutes mes affaires ! ».

    Je sortis de la maison et prit la direction de la ferme. En chemin, je passai devant une église et j’entendis pour la première fois des prières récitées par les chrétiens. Leurs voix me subjuguaient et je me décidai à entrer dans l’église. Le contact avec ces croyants me combla et je me sentis fortement attiré vers eux. Je ne pus pas les quitter jusqu’au coucher de soleil et renonçai de ce fait à me rendre à la ferme de mon père. Je finis par leur demander où se situait l’origine de leur religion. « En Syrie ! » me répondirent-ils. La nuit tombée, je retournai chez mon père qui avait déjà envoyé des hommes à ma recherche. Il était si soucieux pour moi qu’il ne pouvait plus s’occuper d’autre chose. A mon retour, il me demanda : « Mon fils, où donc étais-tu ? Ne t’avais-je pas confié une tâche bien précise ? ». Je lui relatai alors la rencontre que j’avais faite. « Mon fils, répliqua-t-il, il n’y a aucun bien dans cette religion ; ta religion qui est celle de tes ancêtres est bien meilleure ! ». Je tentais de le contredire, mais il ne voulut rien entendre. Afin de me faire revenir à la raison, il décida de me passer un fer au pied et de m’emprisonner à la maison.

    Malgré ces nouveaux obstacles, je réussis à faire parvenir un message à mes amis chrétiens où je leur demandais de me prévenir si des voyageurs en provenance de Syrie venaient à passer au village. Quelque temps plus tard, je fus prévenu que des commerçants chrétiens de Syrie étaient de passage pour faire des transactions. Je parvins à me dégager de mon fer et à m’échapper pour repartir clandestinement avec eux en Syrie. Arrivé là-bas, je m’enquis d’être présenté à celui qui avait la meilleure connaissance de la religion. Je proposai alors mes services à l’évêque qui accepta mon offre. En vivant à ses côtés, je me rendis compte qu’il incitait ses fidèles à donner l’aumône, mais qu’il ne la distribuait pas aux pauvres et qu’il gardait cet argent pour lui de sorte qu’il avait amassé sept grandes jarres pleines d’or et d’argent. Le voyant agir ainsi, je conçus pour lui une aversion profonde. A sa mort, je révélai aux fidèles chrétiens venus pour l’enterrer l’emplacement où étaient dissimulées les jarres pleines d’or et d’argent. Constatant cela, ils prirent la décision de ne pas enterrer l’évêque et de le lapider.

    On nomma un nouvel évêque auprès duquel je choisis de rester. Je n’avais jamais vu d’homme aussi détaché de ce monde, aussi désireux de l’au-delà et aussi fervent jour et nuit que lui. Je cherchais à demeurer en sa compagnie aussi longtemps que possible. Quand sa mort fut proche, je lui confiai : « Je suis resté à tes côtés et je t’ai aimé comme personne avant toi. Tu es désormais dans l’imminence du Décret divin. Peux-tu me recommander vers qui je dois me tourner après ta mort ? ». « Mon fils, me répondit-il, je ne connais plus personne aujourd’hui qui soit selon ce que j’étais. Les hommes vont à leur perte ; ils ont changé et ont abandonné la plupart de leur tradition, sauf un homme à Mossoul qui est selon ce que j’étais, rejoins-le ! »

    Quand l’évêque fut mort et enterré, je me rendis auprès de l’homme de Mossoul qui m’invita à rester auprès de lui. Je trouvai en lui le meilleur des hommes, comme celui qui me l’avait recommandé. Mais, il ne tarda pas lui aussi à mourir. A ses derniers instants, je vins récolter ses dernières instructions. « Mon fils, me dit-il, je ne connais pas d’homme qui soit selon ce que nous étions, si ce n’est un homme à Nisibe, au Kurdistan. Rends-toi donc auprès de lui ! »

    Quand l’homme de Mossoul fut mort et enterré, je me rendis auprès de l’homme de Nisibe et lui racontai mon histoire. Il me proposa de rester auprès de lui et je le trouvai comparable à mon précédent compagnon. C’était le meilleur des hommes. Mais la mort ne tarda pas à venir. Quand il fut sur le point de rendre l’âme, il répondit à ma demande de recommandation : « Mon fils, je ne connais plus personne qui suive notre voie et chez qui je puisse t’envoyer, si ce n’est un homme à Amorium, au pays des Byzantins. Il est selon ce que nous étions. Si tu veux, va le trouver ! »

    Quand l’homme de Nisibe fut mort et enterré, je rejoignis l’homme d’Amorium et lui racontai mon histoire. Il me proposa de rester auprès de lui et je vécus auprès du meilleur des hommes, suivant la voie de ses compagnons. Je commençais à bien gagner ma vie et acquis quelques vaches et moutons. Puis, vint le Décret divin et, quand mon guide fut sur le point de rendre l’âme, je lui demandai ses derniers conseils. « Mon fils, répondit-il, je ne connais personne aujourd’hui qui soit selon ce que nous étions et chez qui je puisse t’ordonner d’aller. Mais le temps d’un nouveau prophète est proche. Il sera envoyé pour répandre la religion d’Abraham. Il sera originaire d’Arabie et émigrera vers une terre plantée de palmiers et située entre deux coulées de lave. On le reconnaîtra à des signes manifestes : il mange de ce qui lui est apporté en don, mais non en aumône ; entre ses épaules se trouve le sceau de la prophétie. Si tu peux le rejoindre dans ce pays, fais-le ! »

    L’homme d’Amorium mourut et fut enterré. Je restai sur place un certain temps, jusqu’à ce que des commerçants arabes de la tribu de Kalb vinrent à passer. Je leur proposai de m’emmener en Arabie en échange de mes vaches et de mes moutons. Ils acquiescèrent et m’emmenèrent avec eux. Mais, arrivés à Wadi al-Qura, ils rompirent leur engagement et me vendirent comme simple esclave à un riche juif. A la vue des palmiers de la région, j’espérais que cette cité fût celle que m’avait décrite l’homme d’Amorium, mais il manquait certains signes de reconnaissance. Un cousin de mon propriétaire, appartenant au clan des Banû Qurayza de Médine, vint lui rendre visite. Il décida de me racheter et de m’emmener chez lui à Médine.

    Dès que je vis cette nouvelle cité, je reconnus aussitôt la description que m’avait faite mon dernier guide dans la voie. C’était à l’époque où Muhammad avait déjà reçu sa mission prophétique et séjournait à La Mecque. Pour ma part, j’étais astreint à des tâches serviles et je n’entendis pas parler du nouveau Prophète. Un jour, j’étais suspendu sur un des palmiers de mon propriétaire, occupé à un travail. Ce dernier était assis auprès de l’arbre quand un de ses cousins arriva et déclara : « Les membres des Banû Qayla sont réunis à Quba’ autour d’un homme venu aujourd’hui de La Mecque ; ils prétendent que c’est un Prophète ! ». Lorsque j’entendis ceci, je fus pris d’un tel tremblement que je craignis de tomber sur mon propriétaire. Je descendis fébrilement du palmier et demandai des précisions à son cousin. Mon maître se mit alors en colère, me donna un violent coup de poing et m’ordonna de retourner à mon travail.

    Quelques jours plus tard, j’étais parvenu à mettre de côté quelque nourriture. Le soir, je me rendis à Quba’ afin de l’apporter à l’homme qui venait de La Mecque. Je fus introduit auprès de lui et lui déclara : « « J’ai appris que tu es un saint homme et que tu as avec toi des compagnons étrangers et nécessiteux. J’avais ceci chez moi pour en faire aumône et j’ai considéré que vous y aviez plus droit que quiconque ». Je lui présentai la nourriture et il demanda alors à ses compagnons de manger. Lui-même ne mangea rien de ce que j’avais apporté. En sortant de l’entrevue, je me dis que le premier signe de reconnaissance avait été manifeste.

    Quelques jours plus tard, je réunis à nouveau quelque nourriture. Entretemps, Muhammad s’était installé à Médine. Je me rendis à son nouveau domicile et lui dis : « Je constate que tu ne manges pas ce qui t’est apporté en aumône. Voici une offrande en ton honneur ! ». Cette fois-ci, il choisit de manger et invita ses compagnons à partager avec lui le repas. Je me dis alors en moi-même que le deuxième signe de reconnaissance avait été manifeste.

    Une troisième fois, je me rendis auprès de Muhammad alors qu’il se trouvait au cimetière de Médine. Il avait participé au convoi funèbre de l’un de ses compagnons et se tenait assis parmi ceux-ci. Je le saluai, puis me faufilai derrière lui dans l’espoir d’apercevoir le sceau que m’avait décrit mon dernier guide spirituel. Lorsqu’il me vit passer derrière lui, il comprit que je cherchais à vérifier quelque chose de précis. Il abaissa alors légèrement son vêtement de dessus de sorte que je pus voir distinctement le sceau de la prophétie. Fondant en larmes, je me précipitai sur l’Envoyé de Dieu pour l’embrasser chaleureusement. Il m’invita à m’assoir auprès de lui afin que je lui raconte mon histoire. Muhammad tint à ce que ses compagnons l’entendent aussi. Il me conseilla notamment de négocier avec mon propriétaire un contrat de rachat.

    Je suivis le conseil de l’Envoyé de Dieu et mon propriétaire accepta la proposition, en échange de quarante onces d’or et de la plantation de trois cents palmiers. Quand il apprit la nouvelle, Muhammad demanda à ses compagnons de m’aider à rassembler le nombre requis de palmiers. Chacun m’apporta des plants à la mesure de ce qu’il possédait, si bien que les trois cents plants de palmiers furent réunis. L’Envoyé de Dieu me dit : « Ô Salman, va creuser la terre ! Quand tu auras fini, viens me trouver car c’est moi qui les planterai de ma main ». Je m’enquis de creuser les emplacements avec l’aide de mes compagnons et, le travail achevé, j’en informai le Prophète. Nous lui avons présenté chaque plant qu’il mit en terre jusqu’au dernier et aucun plant ne mourut par la suite.

    Je m’étais ainsi acquitté des palmiers, mais il me restait à trouver l’or. Un jour, on apporta à l’Envoyé de Dieu une pépite grosse comme un œuf de poule. Il demanda alors : « Où est le Persan qui est en cours de rachat ? ». On me fit appeler et Muhammad m’offrit la pépite. J’étais déconcerté devant l’ampleur d’une telle offrande que je n’osais pas saisir. « Prends la, insista-t-il, car Dieu paiera avec ceci ce que tu dois ! ». Je pris la pépite et alla la faire estimer : elle pesait exactement quarante onces d’or. Je versai ce que je devais à mon maître et je fus définitivement affranchi.

    Source: http://www.soufisme.org/2.0/sources/...aitre-parfait/
    Dernière modification par Halim ; 20/11/2017 à 13h47.

  2. #2

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    Wa aleykum salam wa rahmatullah wa barakatuh,

    Masha Allah, magnifique histoire. Barak Allahu fik Halim.

  3. #3
    ex-Halim7878 Avatar de Halim
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    Citation Envoyé par llila34 Voir le message
    Wa aleykum salam wa rahmatullah wa barakatuh,

    Masha Allah, magnifique histoire. Barak Allahu fik Halim.
    salam aleykum Lila
    wa fik baraka
    il y a aussi dans le lien une présentation très éclairante de ce récit par le Pr Denis Gril

  4. #4
    Editeur Avatar de talib abdALLAH
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    As-salam 'alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh

    JazakAllahu khayran Halim

    Qu'Allah Subhanahu wa Ta'ala agrée notre maître Sayyiduna Salman al-Farsi, un Compagnon devenu chèr au Prophète (Sallahu 'alayhi wa alihi wa sallam) faisant partie ensuite des Gens de la Maison (Ahl ul Bayt), SubhanAllah !

    Pour comprendre inch'allah :


    La Famille du Prophète

    Shaykh Muhammad Al Yaqoubi








    Post :
    L'amour du dernier Messager ﷺ et sa noble famille : un devoir sacré
    Dernière modification par talib abdALLAH ; 20/11/2017 à 16h55.

  5. #5
    Modérateur Sermenté Avatar de Ilyes
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    Wa 'alaykum as-salam wa rahmatullah wa barakatuh,

    BarakAllahufik pour cet excellent partage. On comprend pourquoi il a reçu le secret d'Abu Bakr, et a ensuite transmis à Qasim ibn Mohammed, qui a transmis à Ja'far As-Sadiq, qui a éduqué Abu Hanifa et Malik ibn Anas, ce dernier ayant enseigné à Mohammed ibn Idris Ash-shafi'i, qui a enseigné à Ahmed ibn Hanbal (radiAllahu 'anhum).
    " Celui qui aime pour Allah, déteste pour Allah, donne par amour pour Allah, et se retient pour Allah, aura complété sa Foi " - Ja'far as-Sâdiq ('alayhi as-salam)

  6. #6
    ex-Halim7878 Avatar de Halim
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    wa aleykum salam wa rahmatou Allah wa barakatou avec plaisir pour le partage

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