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Discussion: Revue Coliombus - Dossier : Dieu. Comment en parler aujourd’hui ?

  1. #1
    ex-Halim7878 Avatar de Halim
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    Par défaut Revue Coliombus - Dossier : Dieu. Comment en parler aujourd’hui ?

    Science et foi en dialogue


    Entretien avec Mohammed Jamouchi

    Chercheur en épistémologie appliquée.
    Après sa formation de base en ingéniorat, Mohammed Jamouchi se tourne résolument vers les sciences humaines qu’il aborde par une approche pluridisciplinaire : sciences morales, philosophie, sociologie,…
    Au milieu des années 80 il enseigne dans les écoles publiques à Bruxelles pendant une dizaine années. Ensuite il est appelé à enseigner dans de nouveaux instituts privés, les cours de pensées européenne et musulmane, ainsi que de leur civilisation. Au début des années 90 il rejoint l’équipe rédactionnelle de Nouvelle Tribune (en Belgique). A Paris, il est appelé à devenir le rédacteur en chef adjoint de La Médina. Aussi, retrouve-t-on les traces de sa plume dans des magazines français, belges et anglais. Il a aussi contribué à de nombreux travaux à caractère éducatif et culturel organisés par l’ISESCO.




    COLUMBUS: Tout au long de leur histoire, les hommes sont portés par un invincible désir de comprendre le monde ; la passion scientifique et la réflexion religieuse l’attestent. Science et croyance sont-elles destinées à toujours s’opposer ?

    Mohammed Jamouchi : Rien dans la religion musulmane ne conduit à supposer que science et croyance ne puissent coexister en une harmonie parfaite : la science se basant sur la croyance de sa vérité scientifique et la croyance se basant sur la science qui confirme sa vérité religieuse. Science et croyance sont des expressions différentes d’une même conscience. Mais la mutation s’opère lorsque le politique intervient pour convertir et pervertir l’idée en idéologie : quand foi et raison s’abîment en dogmatisme aveugle et scientisme borné. Les deux attitudes sont extrêmes et conduisent à des démarches extrêmes. Il convient de toujours préconiser la voix du juste milieu et de la modération en toute chose.

    Le problème d’un soi-disant antagonisme ou incompatibilité entre science et croyance n’est pas vrai. Il est faux, d’abord et surtout parce que ni la science ni la foi ne sont comprises comme elles le devraient mais à travers des stéréotypes. Surtout en ce qui concerne l’existence de Dieu où toute dispute devient politique et donc philosophiquement absurde car ni la science ni la foi ne sont en mesure de prouver incontestablement son existence ou sa non-existence physique. Dans ce cas la meilleure solution me paraît de s’en tenir à celle que propose le Coran : considérer Dieu en dehors de toute pensée, de toute imagination, de toute science de manière à relier science et foi en un concert harmonieux ; car, d’une certaine manière la science conduit à la sagesse.

    COLUMBUS: Pourquoi y a-t-il eu rupture ou conflit entre foi et science en Europe ?

    Mohammed Jamouchi : Si par science on entend le développement qu’elle a connu en Europe depuis le début du XVIIème siècle et que l’on fait commencer par la figure de Galilée, il faut rappeler que ce fut une époque de bouleversements considérables : l’unité théocratique du christianisme est brisée depuis l’émergence du Protestantisme ; l’Inquisition est encore active ; la Contre-Réforme en plein extension, l’apostasie -sous forme de théisme, déisme, athéisme- encore secrète et périlleuse, se répandant de plus en plus ; l’autorité du Pape et des Écritures sont de plus en plus remises en question ainsi que le péripatétisme, sur lequel se basait la science officielle sous le patronage de l’Église. Or, en ce temps-là, contredire ainsi Aristote avait de graves conséquences.
    Prouver que la cosmologie et la physique d’Aristote ne sont pas justes s’était porter directement atteinte aux Écritures Saintes -consignées par l’homme sous l’inspiration du Saint-Esprit- s’était affirmer que Dieu Lui-même était en erreur.
    Ce que cherchait Galilée c’était une " simple " loi à laquelle tous les corps, lorsqu’ils tombaient, devaient obéir. Lorsqu’il la trouva cela signifiait que la nature était décrite en termes mathématiques qui pouvaient être utilisés en n’importe quelle circonstance pour n’importe quelle expérience. C’était le début de ce que nous appelons aujourd’hui la révolution scientifique.
    Mais en 1605 il était extrêmement dangereux de faire ce genre de chose car ce que Galilée avait découvert, Aristote en avait auparavant nié l’existence. Une loi universelle de l’accélération à laquelle, sur terre, tout corps en chute libre obéissait.
    Aussi, quand l’un de ses amis demanda si cela ne voulait pas dire que " la Bible qui disait que la terre était immobile avait tort ? " ; Galilée expliqua dans une lettre que : " oui, d’un point de vue totalement scientifique, la Bible avait tort " ; ce qui signifia sa perte.
    Cependant, le croyant chrétien considère aujourd’hui cette condamnation comme un acte politique appartenant à l’histoire et n’affectant nullement sa foi.

    COLUMBUS : Les relations entre la science et la foi n’ont pas toujours été faciles. De nombreux scientifiques athées aujourd’hui tentent d’utiliser la science pour évincer la foi...

    Mohammed Jamouchi : Il faut faire la distinction entre une science en tant que recherche de solutions à des ‘puzzles’, et la foi de l’athée qui cherche à combler un vide dans son esprit, dû au refus d’une aliénation à la politique et à l’idéologique des cléricalismes. Être athée s’est aussi souscrire à un credo : affirmation du dogme de la non-existence du divin : une croyance subjective de même nature que celle de la foi religieuse.
    Je crains que vous ne soyez en train d’élever au statut de norme ce qui est une contingence historique dont la raison d’être trouve sa justification au sein de l’Eglise et de sa culture mais qui reste minoritaire à l’échelle de l’humanité. La majorité des religions et cultures ne connaissent ni une césure fondamentale entre ce qu’elles appellent religion et savoir ni un conflit idéologique et politique entre les deux représentations.
    Cependant, utiliser la science pour examiner la foi, c’est confondre le cœur et la raison, c’est ne plus comprendre la raison de l’une et ne plus percevoir les intuitions de l’autre car chacune a ses " raisons " et ses règles que l’autre ne comprend plus, c’est se renfermer dans le simplisme et la platitude...
    La science est un art, une discipline, une technique qu’on exerce et applique. Si elle déborde son cadre elle ne doit plus s’appeler " science " mais " scientisme ", elle devient alors une conviction politico-idéologique.

    COLUMBUS : Peut-on être scientifique de haut niveau et croyant dans la société d’aujourd’hui, où les connaissances et les techniques prennent de plus en plus de place ?

    Mohammed Jamouchi : Je ne vois aucune raison pour qu’un scientifique ne puisse être également un homme de foi. Nombreux sont ceux qui ont une activité hautement rationalisée et qui dans le même temps revendiquent leur appartenance confessionnelle sur le lieu de travail et dans l’espace public même si elles doivent être distinguées afin de ne pas oublier de satisfaire aux normes du " politiquement correct ". Le scientifique de haut niveau, comme vous le dites si bien, est précisément celui qui sait mieux que quiconque reconnaître les signes du Créateur dans ses minutieuses observations et persévérantes réflexions. Il sait aussi mieux que quiconque combien notre connaissance est incertaine et que nombres de phénomènes sont imprévisibles par nos théories. Ces limites ne sont pas dues à notre manque de connaissances, elles sont intrinsèquement liées à notre mode d’approche de la réalité. Le croyant a également sa vision de la réalité. Ces deux réalités se complètent l’une l’autre simultanément pour approcher la Réalité qui est l’un des attributs qualifiant Dieu.
    C’est précisément dans " l’univers technicien " où nous vivons, dans le laboratoire ou l’unité de recherche où nous travaillons et espérons que nous avons le plus besoin de la foi avec toutes les vertus qu’elle prodigue : assurance psychologique prévenant les troubles psychosomatiques, l’angoisse, le stress,… sans oublier le harcèlement morale qui sévit actuellement.

    COLUMBUS : Pasteur, ce grand savant croyant disait : " Un peu de science écarte de Dieu, beaucoup en rapproche ". Qu’en pensez-vous ? Quelle analyse ou interprétation en faites-vous ?

    Mohammed Jamouchi : La vie de Louis Pasteur est un exemple de ce que je viens de dire : il ne se pose pas entre religion et science le moindre principe ou occasion de s’y opposer. Des jeunes étudiants avec une telle intuition, ils s’en trouvent des centaines de milliers dans toutes les universités du monde.
    La concision de cette sentence concentre près d’un demi-millénaire de développement historique de la science : depuis une physique confirmant le sens commun à celle mathématique et accessible qu’à quelques initiés, la science nous engage immanquablement à ré-interroger nos concepts de temps, de matière, d’ordre et de chaos. Une démarche qui nous fait prendre conscience de la réelle complexité du réel et nous replonge, du même coup, dans une perplexité qui n’est pas sans rappeler celle d’hommes et de femmes animés par une autre rationalité que la nôtre.
    Par contre dans des sciences arabes, c’est sous l’impulsion du texte coranique que la science et la recherche ont pris leur essor. La quête de la science qu’elle soit élémentaire ou sophistiquée, dans les deux cas, rapproche de Dieu.

    COLUMBUS : La science est incapable de répondre aux questions essentielles que l’humanité se pose depuis toujours : que sommes-nous ? d’où venons-nous ? où allons nous ? Certain disent que ce n’est pas la science qui apportera une réponse à la question du sens. C’est votre avis aussi ?

    Mohammed Jamouchi : Remarquons qu’initialement, il a n’était pas dans les objectifs de la science en tant que science de résoudre tous les problèmes existentiels de l’humanité. Sa mission est de décrire les faits et phénomènes de la nature afin de mieux les connaître et incidemment de pouvoir les assujettir pour le bien de l’humanité, de les rendre utile et serviable - comme c’est déjà évoqué dans les textes bibliques et coraniques. Il n’appartient donc pas de droit à la science de chercher une réponse aux questions existentielles que vous avez soulevées. D’ailleurs, les réponses à ces questions qui sont destinées à procurer à l’individu le sens de sa présence dans la vie, sont d’ordre tellement subjectif que ni la science ni la philosophie ne peuvent y apporter une solution équitable et généralisable. Pour les uns nous sommes des créatures de Dieu, nous émanons de Lui et c’est sa Volonté qui nous fait " être-là " et nous allons à Sa rencontre. Pour d’autres, nous ne sommes qu’énergie et molécules combinées par hasard, résultat d’une longue évolution et nous n’allons nulle part, sauf à la disparition totale dans la décomposition de la mort. Pour toutes ces questions où la raison scientifique propose des thèses indécidables, nous constatons que se sont les exigences de la foi qui tranchent.

    COLUMBUS : La recherche de la science est étroitement liée dans l’Islam à l’approfondissement de la foi. Une prière recommandée au croyant est celle-ci : " Dieu, augmente ma science ". Quel est donc le rôle que la science peut jouer à l’intérieur de la foi ?

    Mohammed Jamouchi : La science dont parle le Coran n’est pas la techno-science contemporaine.
    Dans l’esprit du Coran, il y a une science privilégiée, qui est digne et mérite d’être connue : celle qui cherche à connaître Dieu. Cette science a pour but de confirmer l’observation des sens et l’utilisation de la raison à la Révélation. Son rôle est de soutenir la foi, d’écarter le doute, de confirmer la croyance au Message par l’étude des phénomènes. Cependant, il ne faut donc pas perdre de vue que " celui qui se connaît, connaît son Créateur " ; et garder à l’esprit que le Coran est un Livre ouvert sur la contemplation et l’étude de la nature.

    COLUMBUS : Si la science provoque admiration et enthousiasme, elle suscite aussi un grand nombre d’inquiétude. L’inquiétude concerne essentiellement le sort de notre planète devant la menace nucléaire et des dégâts souvent irréversibles causés à nos écosystèmes. Que pouvons-nous faire ?

    Mohammed Jamouchi : Ce n’est pas la science pour le savoir et la connaissance mais la science dans son application et sa réalisation concrètes, qui doit nous inquiéter. Ce qui doit nous tourmenter, c’est l’homme qui manque entièrement à sa " mission de gérant et de responsable " de la terre qu’il habite; celui qui abonde de droits, mais qui passe sous silences les obligations et les devoirs qu’un tel mandat entraîne. C’est un homme devenu trop imprévoyant et trop égoïste pour encore savoir reconnaître son réel bien. Mon opinion, est de prôner un retour à une spiritualité sincère, à une autocritique sur certaines technologies et une autodiscipline morale pouvant nous faire prendre conscience de nos limites afin de canaliser les débordements destructifs.

    COLUMBUS : Pensez-vous qu’un dialogue renouvelé du croyant et du savant, qui prend en compte la diversité de la connaissance et reconnaît l’originalité du regard de chacun, est possible aujourd’hui ?

    Mohammed Jamouchi : Le dialogos qui suppose un échange de discours deux personnes peuvent aussi avoir lieu au sein d’un même être : l’homme se parle à lui-même. Le croyant et le savant ne sont pas nécessairement deux êtres distincts. Ces deux postures spirituelles peuvent être réunies et nourrir une même conscience. Il n’y a pas d’incompatibilité, il y a au contraire, élargissement, enrichissement et élévation du savoir et des connaissances du réel et du symbolique : physique et métaphysique. Ce dialogue déjà entrepris par Teilhard de Chardin, Whitehead, Iqbal, Tahtawi et d’autres contemporains n’est pas seulement possible mais il est de plus en plus évident qu’il doit avoir lieu, qu’il est nécessaire.
    Actuellement, l’originalité de la vision de chacun est reconnue. Ce qui ne l’est moins, c’est la possibilité de les réunir de façon harmonieuse, cohérente, constructive et génératrice de progrès en un même état d’esprit.

    Propos recueillis par
    Habib AFFES

    source: http://www.editionsjsf.com/editionsj...ticles_n_4.htm

  2. #2
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    Pourquoi parler de Dieu ?
    Habib AFFES
    La religion interroge. Les parents eux-mêmes se posent des questions. Alors, ils hésitent : " pourquoi parler de Dieu à mon enfant, ne vaut-il pas mieux lui laisser le soin de découvrir par lui-même la foi musulmane ? "
    Il est en ce cas fort probable que l’enfant n’entende jamais parler de foi ni de religion, si ce n’est, en grandissant, de manière peut-être caricaturale. Il découvrira, par les cours d’histoire ou par l’actualité la violence de certains conflits ethniques et religieux. Il en conclura que religion est synonyme d’intolérance et d’aveuglement, et s’empressera de s’en écarter.
    Donnons-lui plutôt la possibilité de faire vraiment son choix. Comment pourrait-il choisir ce qu’il ne connaît pas ? Parler de Dieu à son enfant, c’est lui permettre de dire vraiment oui ou non, c’est faire grandir sa liberté.
    Parler de Dieu suppose le respect de la liberté de l’autre et nécessite forcément, dès le départ, une certaine prise de distance. Il ne nous appartient pas en effet de vouloir, coûte que coûte, que nos enfants voient les choses à notre façon. C’est vrai en matière d’éducation ; combien ce le sera alors pour la foi ?
    Citons, à ce propos, deux versets célèbres du Coran : " Tu ne guides pas, toi, ceux que tu aimes. C’est Dieu qui guide qui Il veut. C’est Lui qui en sait le plus sur ceux qui justement se guident " (Coran, 28/56). " Si ton Seigneur le voulait, sûr que les habitants de la terre croiraient tous jusqu’au dernier. Mais toi, peux-tu contraindre les gens à croire ? " (Coran, 10/99).

    Dans quel contexte culturel ?

    Le contexte culturel dans lequel nous sommes et dont les enfants héritent se caractérise par les points suivants.

    Un contexte d’indifférence religieuse
    Nous assistons en France, aujourd’hui, à un dépérissement de la culture religieuse, particulièrement net chez les jeunes générations, qui grandissent dans un climat croissant d’indifférence.
    Tous les sondages le confirment. Les jeunes, âgés de 15 à 25 ans, sont plus d’un sur trois à se déclarer sans religion, et près de la moitié affirme nettement que la question est, de leur point de vue, sans intérêt. 45% des 15-20 ans affirment que la recherche spirituelle n’est plus fondamentale, contre 35% des 21-49 ans et 19%, des cinquante ans et plus.

    La liberté religieuse
    Dans le monde musulman,dans la plupart des familles musulmanes, la foi se communique de manière automatique et spontanée. Elle se transmet avec l’identité familiale et culturelle. La foi appartient aux évidences et fait corps, en quelque sorte, avec l’environnement. Elle n’est pas imposée par la violence, mais elle fait partie, pourrait-on dire, des obligations naturelles.
    Les choses ne se présentent pas de la même manière pour les musulmans vivant en Europe aujourd’hui. La foi musulmane ne se communique pas de façon automatique, même en famille. Les jeunes d’aujourd’hui ne deviennent pas musulmans en vertu d’une continuité culturelle et sociale qu’ils ratifieraient spontanément.
    Les processus de transmission automatique ont été cassés. De sorte que l’on accède à la foi musulmane par un acte de liberté personnelle, dont beaucoup de jeunes croyants connaissent le prix. Car ils savent qu’autour d’eux, parmi leurs camarades, leur adhésion va susciter au moins de l’étonnement et parfois de la dérision. Cette adhésion constitue un engagement réellement personnel, peut-être même une façon de marquer sa différence sans agressivité.
    Aujourd’hui, ce que l’environnement culturel transmet, ce n’est pas directement la foi, mais la liberté religieuse. En effet, notre culture dite "sécularisée" n’est pas anti-religieuse, mais c’est une culture qui, en matière de foi, valorise la libre décision. La religion aujourd’hui est, culturellement, l’espace de la liberté par excellence : la foi apparaît d’emblée comme une libre adhésion personnelle.

    Une montée du pluralisme
    Le monde d’aujourd’hui apparaît de plus en plus complexe. La société sécularisée, pluraliste et plurireligieuse d’aujourd’hui est une société où les opinions, les croyances les plus variées circulent. Les informations reçues sont surabondantes, constamment changeantes et bien souvent contradictoires. Un tel contexte permet aux individus et à la collectivité d’être mieux informés. Mais, en même temps, la quantité d’informations reçues et d’opinions entendues accroît la difficulté de se situer personnellement. La complexité forcément engendre la perplexité, y compris sur le plan religieux.
    Cette perplexité religieuse touche tout particulièrement les jeunes. Leurs parents sont souvent remplis de questionnement critique plus que de fermes convictions. De plus, très tôt, les jeunes rencontrent des amis d’école ou de voisinage qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Grâce aux médias, ils sont en contact avec d’autres cultures, croyances, rites et coutumes. Ainsi, le monde religieusement homogène qu’ont pu connaître les familles musulmanes du passé, a-t-il laissé place à la diversité. Et forcément, dans un tel contexte pluraliste et plurireligieux, la foi musulmane est interrogée, relativisée, mise en doute. C’est dans cette société complexe que les enfants d’aujourd’hui naissent et grandissent. Ils y seront très tôt confrontés.

    Comment parler de Dieu ?

    Voici quelques attitudes fondamentales que les parents peuvent adopter pour parler de Dieu à leurs enfants.
    Certains d’entre vous peuvent avoir un sentiment d’échec et être envahis par la culpabilité devant leurs enfants qui ne pratiquent plus, n’élèvent pas leurs propres enfants religieusement. " Est-ce de notre faute " ? se demandent-ils. Il n’est pas facile de constater que la foi ne se transmet pas, de ne pas voir la récolte de ce que l’on a semé. Mais le Coran nous dit de semer, sans nous assurer une maîtrise sur les résultats. N’est-ce pas la garantie de notre liberté? La culpabilité n’est pas le meilleur point de départ pour transmettre la foi ; elle risque bien d’être pesante pour vos enfants et petits-enfants. Ce qui importe en ce domaine, c’est de partir de ce qui vous habite. Quels ont été vos expériences de vie profonde, vos propres bouleversements de foi, les moments-clés de votre découverte, de votre relation à Dieu? Qu’est-ce qui, encore aujourd’hui, vous fait vivre et grandir ? C’est là que se trouve votre trésor. C’est cela que vous pouvez partager avec vos enfants. Racontez-leur votre histoire, ce qui compte pour vous et comment vous l’avez découvert et continuez à le découvrir. L’enfant pourra approcher de la foi en Dieu qui vous habite et y puiser de quoi prendre racine.
    Témoigner de votre foi.Répondre à une question d’enfant, c’est faire profession de sa foi devant l’enfant, c’est lui rendre compte de ses propres convictions et de sa recherche, et non lui donner une explication scientifique. Si nous rendons compte à l’enfant de notre foi et de notre expérience, nous pourrons, sans être dépassé, répondre aux nouvelles questions que risquent de déclencher nos réponses, parce que nous aurons une expérience sur laquelle nous appuyer. Nous pourrons aussi arrêter l’enfant dans ses spéculations imaginaires, en le renvoyant à un réel : celui de notre expérience.
    On ne transmet pas la foi à ses enfants comme un objet que l’on donne. En ce domaine, il n’y a pas de solution miracle, pas de recette automatique. Faut-il laisser faire, ne rien dire et s’en remettre à la liberté future des enfants ? " Ils choisiront plus tard. " Mais ce laisser-faire, en réalité, est une démission qui ne mène nulle part. Faut-il, au contraire, que les parents pressent les choses pour que " la foi passe " chez leurs enfants ? Mais c’est alors que les problèmes se posent et que l’on voit ces mêmes enfants, au moment de l’adolescence, rejeter les pratiques religieuses avec d’autant plus de force qu’ils ont le sentiment d’y avoir été contraints.Quelle est donc la meilleure attitude à prendre à l’égard des enfants qui échappe aussi bien à la contrainte qu’à la démission ou au laisser-faire?
    Ce que les parents peuvent faire, c’est établir les meilleures conditionspour que la foi de leurs enfants soit rendue possible, pour qu’elle puisse être accueillie, interrogée, comprise et vécue. Les parents sont responsables de ces conditions. C’est là leur rôle et il est fondamental. Mais l’adhésion de foi elle-même de leurs enfants sera toujours le fruit de la grâce et de la liberté.
    On peut préparer le terreau, y planter une graine et arroser la plante pour qu’elle grandisse, mais il est inutile d’inonder la pousse ou de tirer sur les feuilles pour hâter la croissance. La croissance elle-même n’est pas en notre pouvoir ; elle n’est pas le produit de nos efforts. C’est ce que nous dit le Coran (28/56) : "Tu ne guides pas, toi, ceux que tu aimes." Telle est la voie coranique pour la transmission de la foi aux enfants : ni démission, ni contrainte, mais souci des conditions de possibilité de la croissance.

    Dernière modification par Halim ; 13/07/2018 à 15h41.

  3. #3
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    Parler de Dieu aux jeunes

    Samir Zaki

    Il n’est guère aujourd’hui de réunion d’adultes musulmans sans qu’à un moment ou à un autre surgisse l’observation suivante : " On ne voit pas beaucoup de jeunes dans notre mosquée ". Et puis l’inévitable question : " Que pourrions-nous faire, que devons-nous faire ? "
    Bien des parents s’inquiètent dès que leur enfant commence à devenir adolescent : " Il (ou elle) nous accompagne encore à la mosquée, mais avec de plus en plus de réticences ".
    Les animateurs de groupes d’adolescents remarquent aussi le petit nombre de ceux qui s’intéressent aux choses de la foi. Par contre, ils disent volontiers combien les rencontres avec des jeunes peuvent être intéressantes. Ils sont témoins de merveilles. Un regard neuf sur toute chose permet aux adolescents de voir ce que d’autres ne voient plus. Ils sont capables d’une générosité étonnante.

    Mais qui sont ces jeunes adolescents ?

    Un âge très sensible
    C’est un lieu commun d’affirmer que les adolescents traversent une période cruciale de leur vie pendant laquelle toute l’organisation psychique est soumise à des mutations profondes tant sur le plan structural qu’énergétique, tant sur le plan cognitif que spirituel. Il n’est pas trop fort d’attribuer à cette révolution les traits d’une nouvelle naissance. Il s’agit de quitter progressivement le cercle familial, avec toute la protection qu’il génère, comme on a quitté un jour le placenta protecteur.

    Vivre l’immédiateté
    Les jeunes d’aujourd’hui veulent tout et tout de suite. Ainsi il n y a plus d’objectif à long terme – Il n’y a plus d’idéal. Ils vivent le moment présent – ils profitent des plaisir qui s’offrent à eux sans réfléchir aux conséquences.
    L’enjeu capital de la jeunesse consiste, à mes yeux, dans l’échafaudage d’une vision du monde ou dans l’intégration d’un ensemble de valeurs qui interpelle, inspire l’agir, l’interroge et donne sens à la vie.
    Privés d’une telle vision signifiante du monde et de la vie, les jeunes sont carrément livrés aux engouements provisoires, au ludique et à tous les matérialismes plafonnants. Leur imaginaire se rétrécit et leur intériorité risque d’être dévorée par les sollicitations de l’instant.
    L’observation a été faite souvent : nos sociétés occidentales post-industrielles ont abandonné à elle-même une jeunesse qui demande pourtant à participer aux défis de sa culture et de l’histoire. En revanche, dans le modèle dominant du capitalisme libéral, la jeunesse consommatrice revêt une fonction économique non négligeable : à défaut de l’intégrer aux processus de son renouvellement, la culture lui fait donc consommer les vedettes du showbiz ou des grandes entreprises sportives et la noie dans la bière du vendredi soir au lundi matin, pendant que la mode vestimentaire, qui n’a de libérant que l’apparence, lui impose ses contraintes saisonnières.

    Crise du sens et recherche spirituelle
    Les adultes côtoient des jeunes en recherche de modèles d’action, assoiffés de cohérence et remplis du désir de toucher à quelque valeur qui transcende l’immédiateté. En revanche, les adolescents, de par la nouveauté de leur regard sur le monde, l’ardeur de leurs énergies explosives et leur sens de l’absolu, détiennent une puissance révolutionnaire dont nulle institution ne saurait se passer pour peu qu’elle veuille rester vivante.
    La jeunesse cherche des raisons d’espérer dans cet univers marqué par la violence. Elle est en recherche de valeurs qui combleraient autre chose que les tendances narcissiques individuelles et la recherche du succès personnel. Elle aspire à des lieux d’expérimentation qui lui permettraient de développer la responsabilité, d’endosser des rôles efficaces et de contribuer à l’humanisation du monde.
    Les jeunes accepteront de moins en moins de recevoir et d’assimiler ; ils veulent s’engager eux-mêmes dans une recherche, faire la découverte, formuler progressivement une réponse, saisir le sens de leur démarche. Il faut les accompagner dans leur recherche et leur proposer des lieux où ils pourront dialoguer franchement entre jeunes et avec des adultes.
    Dans la société où vivent les jeunes, dans leur crise normale d’identité, dans leur confrontation aux courants de pensée multiples et au pluralisme des comportements, dans le néo­conformisme de la défiance face aux religions établies, leurs besoins se situent d’abord au niveau de la quête de sens d’une redécouverte personnelle de Dieu.

    Comment parler de Dieu aux jeunes ?

    Beaucoup de parents et d’éducateurs musulmans sont culpabilisés lorsqu’ils voient les adolescents prendre leurs distances vis à vis d’eux et de la foi musulmane. " Qu’aurions-nous dû faire ? ", se demandent-ils ? Vaine interrogation, qui risque surtout d’aggraver le malaise des jeunes concernés. Car ceux-ci sentent bien le malaise de ceux qu’ils aiment et ils le vivent mal. Une seule question importe sans doute: Comment transmettre la foi aux jeunes ?

    Des parents engagés
    La transmission de la foi aux jeunes générations suppose d’abord que les parents fassent eux-mêmes l’effort de vouloir grandir sur ce chemin-là. C’est une des grandes joies de l’éducation islamique des enfants que de voir de jeunes parents se mettre en route avec leurs enfants, redécouvrir un chemin d’intelligence de la foi, le sens d’une pratique religieuse, l’appartenance à une communauté. C’est dans la mesure où les enfants vont découvrir l’engagement de leurs parents qu’ils vont eux-mêmes pouvoir s’impliquer et se dire qu’il y a là quelque chose d’important pour leur vie.

    Votre exemple donne force à votre parole
    Le premier service à rendre aux adolescents est de rester soi­même en face d’eux ; en l’occurrence, d’être soi-même un musulman convaincu, crédible et estimable avec ses limites, enviable parce que réellement et visiblement heureux dans sa foi. On parle souvent de témoignage. C’est bien une voie adaptée à notre temps.

    Accompagner le jeune dans sa recherche
    C’est à travers des questionnements, des doutes, des remises en cause, des rejets parfois, que puisse se vivre une maturation et que le jeune ne s’enferme pas dans des clichés tout faits qui lui évitent de se poser les questions fondamentales. Il est facile de constater que beaucoup d’adultes ont " lâché " une pratique religieuse, un attachement à Dieu dans la prière, un engagement dans un travail associatif au moment de la jeunesse. Pourquoi ?
    Sans doute parce qu’ils n’ont pas connu ou pu connaître cette période de maturation dans la foi. Ils en sont restés aux images de leur enfance (l’enseignement religieux, c’était plutôt sympathique, mais c’est une belle histoire pour les enfants). Si l’on veut parler d’éducation de la foi ou de transmission de la foi, il est indispensable de permettre au jeune de ne pas en rester à cette dimension enfantine. Lorsque l’on n’est plus un enfant, on ne peut alors que la rejeter au nom d’une maturité personnelle plus grande. Je suis toujours frappé du décalage qu’il peut y avoir entre le niveau culturel, de connaissance technique ou d’ouverture d’esprit chez beaucoup d’adultes et le côté parfois enfantin de leurs connaissances en matière religieuse.
    Ceux qui accompagnent des jeunes dans les associations islamiques, savent qu’il n’est pas rare qu’il y ait des périodes de creux, d’absences, de disparitions, pas nécessairement définitives. Il est alors important de pouvoir accompagner, de ne pas perdre le fil, de savoir garder le contact et de pouvoir reprendre, à l’occasion, le dialogue à un autre niveau.
    Il faut peut-être accepter, dans une humilité certaine, que le travail d’appropriation de la foi, de maturation en vue d’aboutir à une démarche personnelle puisse passer aussi par cet­te remise en cause.
    Il convient donc de laisser au jeune le temps de chercher, de vivre ses débats intérieurs, d’interpréter, de discuter, de confronter, de vérifier et de choisir. Il a aussi besoin d’unifier ses croyances et ses pratiques dans cette foi fondamentale qui aura du sens pour lui.
    L’éducateur veillera à respecter ce processus de croissance, à le stimuler sans le forcer. Il peut dire aux jeunes : " dans ce monde, il vous est demandé de vivre autrement, non pas à la superficie de vous-même, mais en faisant usage de votre liberté dans la vérité. La foi musulmane est une offre de changement dans la compréhension de soi-même ".

  4. #4
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    Aider nos enfants à grandir

    Safa Ibrahim

    En éducation comme dans la vie familiale en général, il n’existe pas de recette. Lorsqu’on veut démonter un moteur ou cuisiner des lasagnes, il suffit de respecter scrupuleusement la marche à suivre et, pour peu que l’on ne soit pas trop brouillé avec les clefs anglaises ou les casseroles, on arrive grosso modo au résultat escompté. Il en va tout autrement lorsqu’il s’agit d’aider un enfant à grandir : il n’existe pas de méthode infaillible ni de réponse préfabriquée. Ce sont les parents qui, au fil des jours, comme à tâtons, doivent trouver ce qui va permettre à chaque enfant de devenir un adulte solide et heureux.
    Cette rubrique ne prétend donc pas leur indiquer la marche à suivre. Mais elle offre des repères, des éléments de réflexion et des conseils concrets, en abordant de manière simple un grand nombre de questions qui se posent aux familles musulmanes.
    Voici quelques pistes susceptibles d’aider les parents à trouver leur propre chemin.

    De perpétuels apprentis

    Vous n’êtes pas obligés d’être des parents parfaits et de tout connaître du premier coup. Considérez-vous comme de perpétuels apprentis en éducation. Reconnaissez votre droit de faire des erreurs et, dès lors, de vous reprendre. Donnez-vous le temps d’apprendre votre métier de parents.
    Nous savons tous que nous ne sommes pas des parents parfaits : du moins sommes-nous perfectibles, à condition de nous considérer comme de perpétuels apprentis, avides d’apprendre et de progresser. Mais où et comment apprendre le métier de parents ?
    Nos premiers maîtres en éducation sont les enfants eux-mêmes, car ils nous obligent constamment à confronter nos principes à la réalité concrète. En effet, l’important n’est pas de savoir éduquer les enfants en général, mais chacun de nos enfants en particulier. Les parents de familles nombreuses le savent bien : à chaque nouvel enfant, c’est une nouvelle aventure qui commence : le fait de s’être déjà " fait la main " sur les aînés ne leur a guère appris à éduquer le nouveau venu qui, de toute façon, sera différent de ses frères et sœurs.

    Multiplier l’amour

    Une mère de famille nombreuse à qui on demandait comment elle avait pu diviser l’amour entre ses cinq enfants, répondit: " Je n’ai rien divisé, j’ai multiplié l’amour. "
    L’amour paternel et maternel n’est pas un capital fixe, qui se diviserait en autant de parts qu’il y a d’enfants, la taille de ces parts étant inversement proportionnelle à leur nombre. C’est pourtant une crainte que l’on rencontre, non seulement chez les aînés qui voient arriver leurs cadets avec la sourde peur d’être moins aimés qu’avant, mais aussi chez certains parents : " J’hésite à avoir un second enfant, avoue Sonia, car je ne peux pas imaginer que je l’aimerai autant que le premier. " En fait, si un deuxième enfant arrive, cette jeune mère découvrira en elle des capacités d’amour qu’elle ne soupçonnait pas.
    Dieu est la source de tout amour. À travers les enfants qu’Il nous donne, c’est Lui qui nous rend capables de multiplier l’amour. Encore faut-il que nous Le laissions faire. Et pour cela, que nous cherchions en tout et partout sa volonté. Ce qui épuise, c’est de vouloir aimer comme je veux, moi ; ce qui libère, c’est d’aimer comme Il me le demande, Lui.

    Encourager sans flatter

    Dès les premiers mois de sa vie, le tout-petit a besoin de sentir la confiance de ses parents. La joie et la fierté avec laquelle ceux-ci accueillent le moindre de ses progrès qu’il s’agisse de tenir sa cuiller ou de risquer ses premiers pas sont de puissants stimulants, qui le sécurisent en profondeur et l’invitent à aller toujours plus loin. C’est ainsi qu’il va pouvoir grandir. Sans cesse, il cherchera dans le regard de ses parents la confiance qui encourage à persévérer dans l’effort, qui donne envie de devenir adulte et permet, le moment venu, de prendre son envol.

    Donner l’exemple

    On ne peut pas enseigner directement le sens des valeurs. Celles-ci sont assimilées, engrangées par l’enfant dans la mesure où il s’identifie à ses parents qu’il aime et dont il se sent aimé. C’est une transmission en direct, une contagion. Sa conduite est inspirée par ce qu’il voit et entend chez ses parents. Progressivement, il s’approprie l’être de ses parents : regardez les réactions de votre enfant de cinq ans en voiture, vous vous verrez conduire. Les parents sont pour lui des modèles. Sami, 11 ans, dit : " Les parents, il faut qu’ils nous montrent ... et tout le temps. "
    Dès les premiers mois de sa vie, l’enfant observe l’adulte et l’imite. En grandissant, l’enfant désire leur ressembler. L’enfant va emprunter ce qui va former son être moral et le choix de ses propres valeurs, d’abord à ses parents, puis aux adultes qu’il côtoie en grandissant. L’enfant a donc besoin de la cohérence entre le dire et le faire des adultes. Il a également besoin de continuité.

    Des limites qui sécurisent

    C’est dès la toute petite enfance que nous aidons nos enfants à naître à une conscience morale par les limites que nous leur imposons dans le souci de leur " bien ­être ". Pour être éducatives, ces limites ont besoin d’être accompagnées d’explications ajustées à la maturité de l’enfant. Le tout­ petit ne sait pas ce qui est bien pour lui ou ce qui lui est nuisible. Il ne peut distinguer le bien et le mal de l’agréable et du désagréable, le halal du harâm. C’est face à la réaction de ses parents ou d’adultes responsables de lui qu’il a le sentiment de mal agir quand il leur déplaît. L’enfant d’un an mord tout ce qu’il trouve ; c’est ainsi qu’il fait connaissance avec ce qui l’entoure. Les justifications sont inutiles : Tu peux mordre ton hochet, mais tu ne peux pas mordre ta sœur, ça ne se fait pas ! Dire à l’enfant ce qu’il peut faire lui donnera envie de poursuivre ses découvertes ; lui dire ce qu’il ne peut pas faire lui apportera la sécurité et la limite nécessaire pour lui et les autres.

    Découvrir l’autre

    Si nous cherchons la soumission de l’enfant à des principes, à un permis et un défendu, il ne peut accéder à la responsabilité de ses actes vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis des autres.
    Au contraire, expliquer les raisons d’une demande ou d’un interdit donne un repère à l’enfant pour évaluer l’enjeu réel de sa conduite. L’enfant prend ainsi conscience qu’il fait partie de la communauté humaine où il a une responsabilité. Il découvre que le rôle des exigences imposées, c’est de l’aider à être heureux avec les autres. Quand, dans la cour de récréation, le maître intervient auprès des plus grands qui font régner leur loi, il introduit la reconnaissance des plus jeunes et le respect qui leur est dû. De ce fait, grands et petits s’enrichissent les uns au contact des autres, et découvrent l’entraide et l’amitié. Grâce aux limites imposées, ils apprennent tout un art de vivre ensemble, source d’épanouissement.
    Interdire, fixer des règles en les expliquant, c’est en effet transmettre un message d’amour : le sens de l’autre passe par son respect. Message qui se communique par la parole et par l’exemple. L’enfant respectera plus facilement les autres si lui-même ressent ce respect chez ceux qui l’aident à grandir. Il importe de ne pas enfermer l’enfant dans ses erreurs ou ses échecs, mais de lui manifester qu’il est quelqu’un de bien, même s’il s’est trompé. Pour estimer les autres, l’enfant a besoin d’être estimé par ceux qu’il aime. En mettant en valeur ses qualités nous pouvons aider notre enfant à grandir.

    Fin des extraits du dossier du magazine Colombus n°4.
    Source: http://www.editionsjsf.com/editionsj...ticles_n_4.htm

    Dernière modification par Halim ; 13/07/2018 à 15h47.

  5. #5
    Avatar de maki
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    Salam Halim,
    Ton dossier est fort intéressant.
    On pourrait faire un copier-coller en remplaçant musulman par catholique. Visiblement, nous avons tous les mêmes problèmes !

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