اَعُوذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيطَنِ الرَّجِيمِ

بِسمِ اللهِ الرَّحمَنِ الرَّحِيم

Wa Sallalahu 'ala sayiddina Muhammad wa 'ala alihi wa sahbihi wa sallam taslima





Asalam 'alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh





5 août 2014, sur le site de Ynet


-->> Source originale en anglais : https://www.ynetnews.com/articles/0,...554583,00.html



Traduction française : Menahem Macina




Combattre un Etat ennemi, d’une main, en fournissant nourriture et énergie à ses habitants, de l’autre, est absurde.




Quelle que soit la manière dont « Bordure de protection » se termine, il se dégage de cette opération une leçon claire, qui ne se limite pas au problème des tunnels, mais qui a trait à une question plus stratégique. Israël est maintes fois tombé dans le piège de l'asymétrie.

La situation dont nous parlons à propos de ce conflit est la même que celle que nous avons affrontée au Liban, en 2006. Dans le cas présent, nous combattons une organisation terroriste, et uniquement une organisation terroriste, alors que la population du sein de laquelle elle opère n’est pas l’ennemi. Qui plus est, au cours des combats, nous nous sentons obligés de fournir nourriture, carburant et électricité aux habitants de Gaza.


En quoi est-ce erroné ? Parce qu’un Etat ne peut venir à bout d’une organisation de guérilla efficace quand ces conditions sont présentes : quand nous et eux sommes des deux côtés d’une frontière, quand cette organisation jouit de la pleine protection d’un Etat mais que cet Etat ou ses citoyens sont déchargés de toute responsabilité.


Quiconque est incapable de comprendre cela entreprend une guerre impossible à gagner. Nous voyons actuellement que malgré l’impressionnant combat de Tsahal, malgré notre suprématie militaire absolue, nous sommes pris dans une espèce de « couple stratégique ».

Quelle aurait dû être la bonne chose à faire ? Nous aurions dû déclarer la guerre à l’Etat de Gaza (plutôt qu’à l’organisation du Hamas), et laisser la guerre suivre son cours. Dès l’instant où elle commence, la chose essentielle à faire est de fermer les points de passage, d’empêcher l’entrée de toute marchandise, y compris la nourriture, et d’empêcher complètement la fourniture de carburant et d’électricité.


Dans une guerre entre Etats, chaque camp a le droit d’utiliser ses capacités de pression sur l’autre camp. Le fait que nous combattions un Etat ennemi, d’une main, en fournissant nourriture et énergie à ses habitants, de l’autre, est absurde. Cette générosité renforce et étend la capacité qu’a l’Etat ennemi de Gaza de nous combattre.

A ce stade vous poserez probablement deux questions.


  • Premièrement, pourquoi les habitants de Gaza souffrent-ils ? Eh bien, ils sont coupables de cette situation tout comme les habitants de l’Allemagne furent coupables d’avoir choisi Hitler comme leur dirigeant et ont payé un prix très lourd pour cela, ce qui n’était que justice. Le Hamas n’est pas une organisation terroriste venue de loin pour occuper Gaza par la force. C’est l’authentique représentant de la population de cet endroit. Il a accédé au pouvoir à la suite d’élections démocratiques et a développé une capacité militaire impressionnante avec le soutien de sa population. La base de son pouvoir est restée stable malgré la souffrance.

  • La seconde question a trait à la légitimité internationale. La réponse est simple : Israël voulait et veut toujours un réel cessez-le-feu, à tout moment. La souffrance des habitants de Gaza n’est pas le résultat de la pression israélienne, mais celui de leur soutien à une lutte armée par le biais de leur gouvernement élu. Cette souffrance pourrait cesser immédiatement s’ils acceptaient un cessez-le-feu.

Mais comme nous voulons faire preuve de compassion à l’égard de ce peuple cruel, nous sommes voués à agir cruellement à l’égard du peuple réellement compatissant : les habitants de l’Etat d’Israël.

Ceci ne vaut pas seulement pour les leçons à tirer de ce conflit, mais également pour ce à quoi il faut s’attendre par la suite. Il est raisonnable de supposer qu’aussitôt que les combats auront cessé, nous subirons une lourde pression pour nous obliger à ouvrir les points de passage, rétablir l’électricité dans Gaza, et aider à reconstruire les bâtiments et les infrastructures. Israël peut et devrait donner son accord, mais seulement si le camp adverse accepte de démilitariser la Bande de Gaza de son armement lourd.

Pour garantir nos intérêts face aux exigences de la partie adverse, nous devons nous débarrasser de la distinction artificielle, erronée et dangereuse, entre les gens du Hamas qui seraient les « sales types », et les habitants de Gaza, supposés être les « braves gens ». Nous avons affaire à un Etat ennemi, non à une organisation terroriste censée agir du milieu d’une population civile innocente.

Ce n’est qu’en mettant les choses au niveau [d’un conflit] entre Etats ou entre peuples, que nous serons en mesure de créer une réelle dissuasion ou de vaincre l’ennemi quand éclatera le prochain conflit.



Giora Eiland *


* Le major-général (retraité) Giora Eiland, est l’ancien directeur du Conseil National de Sécurité d’Israël.