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Discussion: Le Non-Suivi d'une école de Fiqh - al-Imam Muhammad Saïd Ramadhan al-Bouti

  1. #1
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    Par défaut Le Non-Suivi d'une école de Fiqh - al-Imam Muhammad Saïd Ramadhan al-Bouti

    اَلحَمدُلِلهِ رَبِ العَلَمِينَ ؕ وَالصَّلَوةُ وَ السَّلَامُ عَلَى سَيِـّـدِ المُرسَلِين
    اَمَّا بَعدُ فَاَعُوذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيطَنِ الرَّجِيمِ

    بِسمِ اللهِ الرَّحمَنِ الرَّحِيم


    السلام عليكم ورحمة الله تعالى وبركاته

    Asalamu 3alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh






    *








    Le Non-Suivi d'une école de Fiqh




    al-Imam Muhammad Saïd Ramadhan al-Bouti

    رحمه الله




    *






    *


    Dernière modification par talib abdALLAH ; 18/09/2018 à 14h44.

  2. #2
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    Par défaut


    « La Non-Conformité aux quatre écoles juridiques, l’Innovation la plus dangereuse ». ( Editions
    Sagesse d’Orient, Paris, 2014, 181 pages ).


    Cheikh al Bouti.


    Traduction en français par Mahmoud al- Dabbagh.


    Fiche de lecture réalisée par David FRAPET.










    Ne nous le cachons pas, l’ouvrage du Cheikh al Bouti intitulé «La Non-Conformité aux quatre écoles
    juridiques, l’innovation la plus dangereuse », est un livre complexe qui nécessite de solides
    connaissances en Sciences Islamiques. Même dans sa version française, l’ouvrage est truffé de
    vocabulaire arabe emprunté au fiqh, beaucoup de termes de droit islamique étant très souvent
    difficilement traduisibles dans une langue étrangère. De plus, les raisonnements et démonstrations
    de l’auteur s’appuient sur de nombreux ouvrages de Savants de l’Islam que le Cheikh al Bouti estime
    connus de son lectorat. Le sujet, enfin, est lui-même plutôt pointu, même s’il touche un problème de
    fond en Islam : Il s’agit de démontrer que le non-rattachement, par principe, à une des quatre écoles
    juridiques ( madhâhib) de l’Islam constitue un très grand danger pour le musulman n’ayant pas
    encore atteint le stade de l’Ijtihâd, c'est-à-dire n’étant pas capable de déduire par sa propre réflexion
    et érudition, les arguments légaux contenus dans le Coran et les hadîths. Livré à lui-même dans sa
    pratique et dans son approche des textes, l’ ‘’ homme du commun’’ qu’évoque le Cheikh al Bouti,
    risque de commettre de graves erreurs dans l’interprétation ( notamment juridique) des textes,
    préjudiciables d’abord à lui-même et par voie de conséquence à toute la Communauté des Croyants
    (Oummah). Cet ouvrage a donc été écrit face « à la détresse que ressentent beaucoup de musulmans
    constamment sollicités par ceux qui veulent les inciter à rompre avec les enseignements rituels des
    quatre imams et des théologiens ( al-‘ulama’) de l’Islam, dont l’honnêteté et le savoir sont immenses.
    [ Ceci est d’autant plus grave] que la plupart des musulmans qui sont sujets à une telle manipulation,
    sont illettrés ou presque [ et qu’ils] ne possèdent pas les outils scientifiques nécessaires qui leur
    permettraient de détecter l’inadéquation et le danger que dissimulent de telles idées. »( quatrième
    de couverture). Le Cheikh al Bouti a choisi de présenter sa thèse, non pas de manière docte et
    académique, mais plutôt sous la forme d’un débat qui l’oppose aux tenants de la Non-Conformité
    aux quatre écoles juridiques. Tout au long de son ouvrage, le Cheikh al Bouti va réfuter, point par
    point, les thèses de Cheikh Nazîr al Albanî, de Cheikh al Khajandî ( autrement connu sous le nom de
    al- Ma’ Sûmi) et plus généralement de leurs partisans. Le sujet du livre est donc fondamental,
    puisqu’il vise à réintégrer un certain nombre d’égarés, aussi bien chez les Savants que chez les
    hommes du commun, dans le chemin traditionnel de l’Islam, qui est celui de la Conformité aux
    quatre écoles juridiques. Quiconque veut affermir ses connaissances, doit donc lire attentivement ce
    livre, sans avoir peur de son apparente complexité. En effet, le Cheikh al Bouti écrit dans un style très
    agréable et la traduction en français fournie par Mahmoud al- Dabbagh, est fluide.




    On est tout de suite saisi par la puissance de ce livre, au point qu’il est difficile d’en interrompre la
    lecture une fois celle-ci entamée ; la virulence de la polémique tient le lecteur en éveil, et Cheikh al
    Bouti utilise en grand théologien qu'il est, des propos parfois très fermes destinés à terrasser ses
    adversaires à qui il lance par ailleurs de nombreux défis intellectuels. Les détracteurs de Cheikh al
    Bouti ont utilisé tous les moyens possibles pour nuire aux partisans de la Conformité aux quatre
    écoles juridiques, allant jusqu'à affirmer que le père de Cheikh al Bouti, Cheikh Moulla al Bouti, les
    soutenait. Cheikh Moulla al Bouti a donc publié ( p. 28) un démenti en des termes choisis : « Je
    déclare étant le père de Saeed Ramadan, que celui qui proclame que j'ai soutenu le discours de
    monsieur Nâzîr, ignore tout de la recherche et des règles du débat scientifique ».




    Afin de profiter pleinement des enseignements dispensé par Cheikh al Bouti, ainsi que de la richesse
    du débat qui oppose les partisans de la Non-Conformité aux quatre écoles à ceux de la Conformité à
    ces mêmes Madhâhib de l'Islam, il convient au préalable, d’assimiler un certain nombre de concepts
    de base, omniprésents dans l’ouvrage :




    -Ijtihâd : Ce mot arabe, intraduisible en français, désigne l’effort de réflexion que seuls les Savants
    Mujtahîd et Mujtahîd Muttlaq ( donc les muftîs) peuvent fournir pour extraire les dispositions légales
    ( ou normatives) – al-ahkâm achar’iyya- à partir des deux sources scripturaires de l’Islam, que sont le
    Coran et la Sunnah du Prophète (saws). Notons qu’au niveau de la langue française, le terme d’ijtihâd
    se traduit comme celui de Jihâd, par ‘’ effort’’.L'Ijtihâd est légitimé par le Prophète ( saws) lui-même :
    Ainsi, Cheikh al Bouti à la page 51 de son ouvrage, fait état du hadîth suivant, d'après d' Abû Dâwûd
    et at-Tirmidhî : « Shu'ba – que Dieu soit satisfait de lui-, a dit que le Prophète (saws) demanda à
    Mu'âdh après l'avoir chargé de se rendre au Yémen : '' Que ferez-vous si l'on vous demande de
    trancher à propos de telle ou telle affaire ? ''. Il répondit : ''Je donnerai mon jugement conformément
    au Livre de Dieu (swt) ''. Le Prophète (saws) dit : '' Et si ce n'est pas possible de prendre le Livre de
    Dieu comme référence pour juger cette affaire particulière ? '' Mu'âdh répondit : '' Je la soumettrai à
    la tradition ( Sunnah) de son Messager (saws)''. Le Prophète (saws) dit : '' Et si, après tout cela, il ne
    vous est toujours pas possible de trancher ?''. Mu'âdh répondit : '' J'aurai recours à mon ijtihâd sans
    hésitation''. Le Prophète (saws) donna [ alors] une petite tape [ de félicitations ] sur la poitrine de
    Mu'âdh en disant : '' Loué soit Dieu (swt) qui a guidé le messager du Messager de Dieu vers cette
    décision qui ne peut que satisfaire le messager de Dieu ( swt) '' ». Cheikh al Bouti considère que ce
    hadîth est sûr ( se reporter à cet égard au long renvoi de bas de la page 52).




    -Mujtahîd et al- Mujtahîd al- Muttlaq : Un renvoi de bas de page ( p. 42), précise ces notions :
    « Celui qui acquiert une aptitude lui permettant de faire de l’Ijtihâd dans tous les domaines de la
    Jurisprudence islamique est appelé le Mujtahîd absolu ( al-Mujtahîd al-Mutlaq), alors qu’on appelle
    communément celui qui se montre capable d’étudier un problème précis à partir d’ [ arguments
    légaux et fondamentaux] et de lui trouver les solutions qui s’imposent en menant une argumentation
    scientifique, le al- Mujtahîd fî al-maddhab ( le Mujtahîd en matière de Doctrine ).




    -Muqallid : Imitateur ( ce mot n’ayant aucune connotation péjorative). L’Imitation ne doit en aucun
    cas toucher aux prescriptions-Mères de la Loi. Elle ne peut concerner que les innombrables
    subdivisions de Celle-ci ( al-furû’bi-n-nisbati ilâ al-usûl). A la différence du Mujtahîd qui est capable
    de déduire à partir d’arguments extraits des Ecritures la prescription légale qui s’impose dans tel ou
    tel cas précis, le muquallîd ( l’imitateur), lui, ignore les arguments légaux ( ad-dalîl) et se trouve de ce
    fait dans l’impossibilité de déduire une quelconque prescription légale à partir des textes sacrés. En
    revanche, le Muqallid peut ( et doit) être un très grand connaisseur des enseignements des quatre
    imâms fondateurs d'écoles juridiques.




    -At-taqlîd : Le fait d’imiter, c'est-à-dire de mettre en application le dire de quelqu’un sans savoir si
    l’argument légal sur lequel se fonde son dire est valable ou non ( du point de vue de la Loi Divine –
    p.87-)




    -Muttabî et al-ittiba: C’est surtout Cheikh al Albanî qui fait une différence entre le fait d’imiter ( attaqlîd)
    et celui de suivre ( al-ittibâ) un enseignement religieux. Le concept de al-Muttabî, qui signifie ‘’
    suiveur’’ se situerait chez Al Albanî entre le Mujtahîd et le Muqallid. Il faut savoir qu’en français, il y a
    homonymie entre les termes ‘’suivre’’ et ‘’ imiter’’, alors qu’en arabe, ‘’ imiter’’ se dit ‘’at taqlîd’’ et ‘’
    suivre’’, se dit ‘’ al-ittibâ ‘’. Cheikh al Bouti ne voit aucun intérêt dans cette différenciation entre les
    concepts de ‘’suiveur’’ et d’ ‘’ imitateur ‘’. Sauf à reconnaître que Cheikh al-Albanî descend ici au plus
    profond des subtilités de la langue arabe…




    - Al- afdal : ‘’Le meilleur dans ce qu’on doit imiter’’ ; Al-fâdîl : ‘’ L’Excellent dans ce qu’on a à imiter ‘’ ;




    -Al-Mafdûl : ‘’ Ce qui est simplement acceptable dans ce qu’on a à imiter ‘’.




    -Muballigh : Transmetteur des enseignements du Prophète (saws).




    -al ‘ ulamâ’: Les Savants en Islam.




    -al-‘a’ wâm: Les gens du commun, c’est à dire la masse des croyants, ceux qui ne sont pas
    particulièrement savants. Cheikh al Bouti écrit ( p. 97 de son ouvrage) que le premier devoir de
    l'Homme du commun, réside dans l'imitation du Mujtahîd.




    -Maddhab ( Madhâhib) : Une maddhab est une école juridique en Islam. En fait il existe, dans l’Islam
    sunnite, quatre madhâhib, et même une cinquière beaucoup plus confidentielle qui est l’école
    ja’afarite ( reconnue par Mahmoud Chaltout, Recteur de la mosquée Al Azhâr en 1959), école que le
    Cheikh al Bouti ignore dans son ouvrage. Les quatre écoles ( Madhâhib) classiques de l’Islam sunnite,
    sont l’école malikite ( du nom de son fondateur Malik ibn Anas, né en 93 de l’Hégire), l’école hanafite
    ( du nom de son fondateur Abou Hanifa, né en 90 de l’Hégire), l’école shafiite ( du nom de son
    fondateur Ash Shafii, né en 150 de l’Hégire) et l’école hanbalite ( du nom de son fondateur ibn
    Hanbal, né en 164 de l’Hégire). Le sunnisme représente environ 85 % des musulmans. Les quatre
    fondateurs des quatre écoles de l’Islam, sont appelés ‘’les quatre imams’’. Cheikh Hassan Amdouni a
    donné dans son encyclopédie du droit musulman, une définition limpide de ce qu’est une maddhab :
    « C’est une méthode ou un système juridique adopté par un érudit pour aborder les textes de la Loi [
    que sont] le Coran et la Sunnah, dans le but de déduire de nouvelles règles en se basant sur le
    Consensus ( al ijma), le raisonnement analogique ( al Qiyâs), ainsi que d’autres sources, telles que le
    principe de l’intérêt relâché ( al maslaha al moursala), l’appréciation de l’érudit ( al istihsân), la
    présomption de continuité de la règle ( al-istishâb)… »




    -al Madhhabiyya : Un renvoi de bas de page ( p. 10), précise qu’il convient de traduire ce terme
    islamique en français, par ‘’ la Conformité aux quatre écoles ‘’. C’est un terme arabe dérivé du
    substantif maddhab (= doctrine, école de pensée). Pour plus de précisions, se reporter au renvoi du
    bas de la page 10 de l’ouvrage.




    -al Fiqh : Terme dérivé du verbe ‘’faqiha’’ qui signifie ‘’ Comprendre les choses en profondeur’’. Le
    terme al-fiqh désigne donc – fort logiquement- ‘’ la connaissance des normes canoniques pratiques
    extraites de leurs sources [ que sont le Coran et la Sunnah du Prophète –saws-…’’]. Le mot fiqh,
    pourrait se traduire encore plus simplement par : ‘’ Droit islamique’’.




    -ad dalîl : Argument légal. Aucune question de fiqh ne peut se résoudre sans faire appel à une ‘’
    preuve légale’’ (ad-dalîl). Al fiqh , en quelque sorte est l’expression matérialisée d’al Ijtihâd.


    Fatwâ :
    « Le mot ‘’ Fatwâ touche autant à la vie privée du croyant qu’à sa vie publique, et signifie

    tout à la fois : Avis juridique, conseil juridique, règle juridique, opinion légale ou/et juridique,
    interprétation légale, décision de droit canon en matière de foi et de discipline… » ( p. 16). Cheikh al
    Bouti et son traducteur veulent se démarquer de ceux qui ne voient dans le terme de fatwâ, qu’un
    aspect répressif, un synonyme de ‘’ sentence de mort’’. Ainsi, pour éviter la confusion qui existe avec
    la langue française qui féminise le mot de ‘’ fatwâ’’ ( ‘’ une fatwâ''), le traducteur, tout au long de
    l’ouvrage ici étudié, va masculiniser le terme ( ‘’ un fatwâ’’, ‘’ produire du fatwâ’’, etc…), pour
    rapprocher ce mot de termes français comme ‘’ conseil, avis ‘’ qui sont masculins.




    -Muftî : « Celui qui est en droit d’émettre une décision de droit canon [ et qui est le Muftî ] doit
    absolument être versé en la Science sacrée, car c’est à partir de celle-ci qu’il a pour devoir religieux
    de tâcher de délivrer une consultation juridique ; c’est l’office du muftî ( iftâ). Le verbe aftâ veut dire
    littéralement : ‘’ Eclairer quelqu’un sur quelque chose ‘’ » ( p. 17).




    al- ijmâ : Unanimité/Consensus . C’est une source très importante du droit islamique. Selon les
    écoles, on parle du ‘’ consensus des Compagnons’’ ou du ‘’ consensus des Savants ‘’.




    -at tarjîh : Règles de déduction et de sélection ( à partir des textes sacrés).




    -Muttafaqûn ‘alayh : Tradition attestée ( p. 170).


    *De même, dans son livre, Cheikh al Bouti se réfère très souvent à des œuvres majeures, ainsi qu’à
    des Savants. En voici les principaux :




    -Al Muwattâ : Le Muwattâ est l’œuvre de l’Imâm Malik ibn Anas. Il s’agit d’un recueil de hadîths, de
    coutumes, de lois contemporaines du Prophète (saws), de rites… dont la finalité est de mettre en
    forme la Loi islamique dans une perspective d’interdisciplinarité. L’Imâm ash Shafii a dit à propos de
    al Muwattâ : « Nul livre n’existe sur la terre qui soit proche du Coran plus que le Muwatta de Malik ».
    Cette Somme est le fruit de quarante années de travail.




    -Sahîh Bukhârî : En français, il faudrait traduire : ‘’ l’Authentique de l’imâm al- Bukhari ‘’. Al Bukhari (
    810-870 +), était ouzbéke. Tout au long de sa vie, il composa un recueil de plus de 2600 hadîths du
    Prophète ( saws). Probablement le troisième livre le plus important après le Coran et al Muwattâ (
    quoi que le sahîh de Muslim occupe également une place de choix dans l’Islam).




    -Sahîh Muslim : Muslim ( 821-875 +) est né à Nichapur en Iran. Contemporain d’Al Bukhâri, il a aussi
    composé un recueil de plusieurs milliers de hadîths authentiques ( sahîh) du Prophète (saws).




    -Sunan Abî Dâwûd : Né également en Iran ( 817-888), Abî Dâwûd a composé ( notamment) un recueil
    de près de 5000 hadîths considérés soit comme authentiques, soit en tous les cas comme
    exploitables compte tenu de leurs chaînes de transmission-.




    -Muhammad Id’ Abbâsi ( et son ouvrage Al-Madhhabiyya al muta’ assiba hiya al-bid’a – ce qui
    signifie en langue française : « C'est la Conformité fanatique aux quatre doctrines qui est elle-même
    une pure hérésie » ) : Cet ouvrage est abondamment commenté par le Cheikh al Bouti, de la p. 142 à
    176. En effet, ce livre d’id’ Abbâsi n’a eu que pour objet de réfuter les arguments des tenants de la
    Conformité aux quatre écoles juridiques. Le Cheikh al Bouti écrit notamment à la page 142 : « …Sans
    parler des nombreuses insultes et injures qui sillonnent les recherches de l’ouvrage en question [
    celui d’Id’ Abbâsi] et des jugements de valeur qui n’ont évidemment aucune valeur scientifique (
    lesquels caractérisent de façon choquante la méthodologie de l’auteur), en dépit de cela et bien que
    l’ouvrage en question soit presque complètement méconnu du public, nous nous permettrons de
    prier le lecteur pour qu’il le cherche et le lise afin de se rendre compte de quel genre de gens il s’agit,
    ce qui nous permettra de ne pas nous attarder longtemps sur ce qu’ils écrivent en mettant en garde
    le lecteur contre ce genre d’auteurs. Comment pourrions-nous avoir l’envie de nous défendre contre
    leurs insultes alors qu’ils n’ont pas hésité à accabler d’injures nos pieux anciens [ que Dieu soit
    satisfait d’eux] et à rabaisser leurs ouvrages ? Al-Ghazâlî [ que Dieu soit satisfait de lui] était selon eux
    [ les auteurs de ce livre attribué à ’Id’ Abbâsi] un renégat ; leurs propos et leurs jugements décrètent
    que l’imâm al-Bajûri était un sot, et Abû Hanifâ un ignorant qui ne connaissait que quelques hadîths.
    En sus de cela, ils affirment que le Cheikh Muhammad al-Hâmid [ que Dieu lui fasse miséricorde] ‘’
    partageait les idées des zoroastriens….’’ et [ que] Dieu lui donnera ce qu’il mérite…et [ qu’] il n’a
    formé qu’un groupe de gens inconscients et idiots… ». Cet extrait indique l’intensité de la polémique
    qui va faire rage entre le Cheikh al Bouti et les adversaires des quatre Madhâhib. Mais le Cheikh al
    Bouti va ajouter ( p. 144) que ce livre, en réalité, n’est pas d’Id’-Abbâsî, ( lequel n’aurait été qu’un
    prête-nom), mais plutôt de Cheikh Nâsir al Albanî, Mahmûd Mahdî al Istanbulî et Khayr ad-Dîn Wânlî.
    Le Cheikh al Bouti affirme avoir des preuves de cette falsification, puisque le hâjj ‘Adnân Tîba, un ami
    de Cheikh al Bouti a vu al Istanbûli en train de préparer les étapes finales de l’ouvrage attribué à Id’
    Abbasî. Tout au long de sa démonstration en faveur de la nécessité de la Conformité aux quatre
    écoles, Cheikh al Bouti va s'adresser à Cheikh al Albanî et va très peu faire référence aux deux autres
    Cheikh al Istanbulî et Wânli dont la contribution semble de moindre importance.




  3. #3
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    -Al Kamâl ibn al Humâm ( et son ouvrage at Tahrîr, qui traite d’usul-al-fiqh ) : Savant hanafite
    égyptien né à Alexandrie en 1457 + . Il est considéré comme un spécialiste de al Gazzalî.




    -Ibn Khaldûn ( et son ouvrage Al- Muqaddima) Pour Ibn Khaldûn ( 1332 Tunis- 1406 Le Caire +),
    l’historiographie est une des branches les plus importantes de la Science. Ibn Khaldûn est considéré
    comme un des pères de la sociologie moderne. Al Muqaddima est son œuvre majeure.




    -Ibn al-Qayyim al Jawziyya ( et son ouvrage A’lâm al Muwaqqi’în) : Né en 1292, mort en 1350 +.
    C’est un théologien hanbalite. Il fut le disciple d’Ibn Taymiyya.




    -Ibn Taymiyya : ( 1263 en Turquie-1328 Damas + ). Les enseignements de cet éminent théologien
    sont, de nos jours, revendiqués à la fois par les salafistes et les mystiques. Force est de reconnaître
    qu’il ne condamna jamais le soufisme, et en fit même l’éloge, pour autant que ce courant de pensée
    ne contredise pas la Chari’a. Dans le monde islamique, il est reconnu comme un très grand Savant. Il
    est d’ailleurs appelé le Cheikh al-islam.




    -Imâm An – Nawâwî ( Abû Zakariyâ Yahiâ – 631-676 H/ 1233-1277 +-). Ce savant est né à Nawa au
    sud de Damas. Après avoir commencé d'écrire des ouvrages dès l'âge de 20 ans, An-Nawâwî est
    nommé Recteur à l'Achrafiyah à l'âge de 34 ans, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort. C'est là qu'il
    écrira notamment le Minhâj At- Talibîne et surtout son célèbre Riyâdh As-Sâlihîn ( le Jardin des
    Vertueux), qui regroupe des versets du Coran ainsi que de nombreux hadiths classés par thèmes. A
    37 ans, il rédige '' les Quarante Hadiths''. Le Cheikh et mystique maghrébin Yassine Ibn Abd Allah Al
    Maghribi exerça sur lui une très forte influence.




    -Sultan Al- Ma’ sûmi ( al Khajandî) : (né en 1880 à Khajnadah en Mésopotamie et mort en 1960). Ce
    Cheikh condamna ce qu’il appelait ‘’ l’adhésion aveugle aux Madhâhib’’, ce qui le poussa à finir par
    condamner l’appartenance à une des quatre grandes écoles. Al Khajandi a écrit : « Sache que les
    prêches des Savants et leurs raisonnements par analogie, ont la valeur d'at-tayammum auquel on
    recourt lorsque l'eau fait défaut, mais lorsqu'on dispose d'un texte de substitution extrait du Livre, de
    la tradition ( Sunnah) ou des discours des Compagnons- que Dieu (swt) soit satisfait d'eux tous-, on
    est dans l'obligation de s'y conformer au détriment des prêches des Savants » ( cité par Cheikh al
    Bouti, p. 36). Al- Ma’ sûmi a été emprisonné à de nombreuses reprises sous le gouvernement
    bolchévique. Il se réfugia en Chine, avant de rejoindre la Mecque en l’an 1354 de l’Hégire où il devint
    professeur en Science du Hadith. Dans l’ouvrage ici étudié, le Cheikh al Bouti s’oppose souvent à alMa’sûmi
    , qu’il associe à Al-Albanî dans leurs tentatives communes de discréditer les quatre écoles
    et d’égarer les musulmans.




    -Ash Shâh walî Allâh ad Dahlâwî ( et son ouvrage Al Insâf et Hujat Allâh al Balighâ) : Ce Savant
    hanafîte, né en Inde en 1703, étudia le tasawwuf et sut parfaitement concilier le soufisme avec le
    fiqh. Sa grande connaissance du hadîth, lui permit d’étudier, puis d’enseigner le fiqh, les fondements
    de la jurisprudence, la science du hadîth. Ad Dahlâwi publia plus de cinquante ouvrages dans lesquels
    il appelle souvent à un renouveau de l’ijtihâd. Il demeure un des savants du hadîth les plus prisés en
    Inde.




    -Al –Izz ibn ‘ Abd as Salâm ( et son ouvrage Qawâ’ id al Ahkâm- ) C'est un savant shâfi'îte.





    -Ibn Hazm :
    ( 994 à Cordoue – 1064 + Niebla en Espagne). Poète converti à l’Islam qui fut un savant
    zahirite – c'est-à-dire très attaché au respect intégral de la littéralité des textes-. Il étudia toutes les
    sciences ( fiqh, histoire,…) et fut à l’origine d’une œuvre de plus de 400 titres.




    -At-Tirmidhî : Né à Termez en Ouzbékistan en 824 + et mort dans la même ville en 892. Il fut un
    grand rapporteur de Hadîths.




    -Ash-Shâtibî : Savant et imâm andalou, mort à Grenade en 790 H/ 1388 +. Il fut un grand théologien
    ash'arite malikite, spécialisé dans les fondements de la Jurisprudence islamique.










  4. #4
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    *Le cheikh al Albanî est né en 1914 à Shkodër en Albanie. Après avoir suivi sa famille en Syrie, Cheikh
    al Albanî ( qui fut également horloger) se dirigea vers la Science du hadîth dès l’âge de 20 ans. Il
    s’opposa à l’école hanafite ( Madh-hab Hanafi), puis ensuite à toutes les autres écoles. De très dures
    discussions eurent lieu entre lui, les partisans des madhâhib et les soufis, ce qui contribua à le faire
    taxer de wahhabisme. Devant ces accusations, il semble que Cheikh al Albanî resta de marbre,
    fermement campé sur ses positions. Un de ses élèves déclarera d’ailleurs à son sujet : « Il est comme
    la pluie qui ne regarde pas sur quelle terre elle va tomber ». Il fut emprisonné (très brièvement) par
    les autorités syriennes, suite à des plaintes d’autres Cheikh qui lui reprochaient son opposition
    forcenée à l’affiliation à une des quatre Ecoles Juridiques. Puis le Cheikh al Albanî devint professeur
    du hadîth à l’Université de Médine ( Arabie Saoudite) pendant 3 ans, entre 1381 et 1383 de l’Hégire.
    Il retourna ensuite à Damas pour parfaire ses études et il abandonna définitivement ses activités
    d’horlogerie…Notons qu’en 1955, la faculté des études religieuses de Damas le choisit pour préciser
    les chaînes de transmission de hadîths dans le domaine des actes de commerce. Le Ministre de
    l’éducation saoudien le nomma Superviseur de l’Université des Hautes Etudes Islamiques de la
    Mecque en 1388 H .Il collabora activement avec la Direction des recherches scientifiques, de l’ iftâ et
    du prêche de Ryad et prêcha dans le monde entier. A sa mort en 1999, Cheikh al Albanî laissa
    presque 200 œuvres ( livres, articles et études diverses). Le Cheikh al Albanî fut donc très lié à
    l’Arabie Saoudite, et sa grande proximité avec l’école dominante dans ce pays, explique
    probablement en grande partie ses positionnements radicaux contre les quatre Ecoles Juridiques (
    Madhâhib) et son succès d’estime dans la mouvance salafiste. Notons à destination du lecteur
    occidental que selon un procédé propre à la langue arabe, les noms des Cheikhs sont parfois réduits
    à leurs prénoms ( par exemple, on parlera de ''Cheikh Nâzîr'' au lieu de dire Cheikh Nâzîr al-Albanî).




    Ainsi, tout au long de son livre : '' La Non- Conformité aux quatre Ecoles Juridiques, l'Innovation la
    plus dangereuse '', Cheikh al Bouti présente longuement et réfute très précisément les arguments
    développés par les Cheikh Nâsir al- Albanî, Mahmûd Mahdî al Istanbûlî, Khayr ad-Dîn Wânlî et
    Muhammad Id’ Abbâsi, incitant les musulmans à ne pas reconnaître l’autorité des quatre Madhâhib.
    Les arguments présentés par ces Cheikh – mais rappelons encore que c'est Cheikh al Albanî qui
    dirige les débats-, sont développés des pages 31 à 40, puis 47 à 124, enfin 142 à 176.




    Tous les Savants de l'Islam, y compris les adversaires de la ''Conformité aux quatre écoles juridiques'',
    admettent que pour faire légalement de l’Ijtihâd, il faut se conformer aux ‘’ huit sciences’’ : 1) Celles
    du Livre et de la Sunnah, 2) du Consensus , 3) du raisonnement par analogie, 4) des principes de base
    de la jurisprudence, 5) de la langue, 6) de la grammaire, 7) de l’abolissant et de l’aboli, enfin 8) de la
    terminologie du hadîth. Ces huit conditions sont en fait celles annoncées par al- Ghazâlî dans AlMustafa,
    ce même al-Ghazâlî que les adversaires de Cheikh al Bouti accusent d’être un ''renégat''.












    *Cheikh al Bouti souligne le ridicule qu’il y a dans le fait d’injurier un Savant, tout en s’appuyant sur
    ses enseignements. Cependant, le but de la manoeuvre de ces auteurs est- toujours selon Cheikh al
    Bouti- d’appuyer les dires d’al- Ma’ sûmî, un autre adversaire irréductible des quatre écoles
    juridiques ( p. 145). Car le but du livre de ces auteurs, dont le Cheikh Nâzir est en quelque sorte le
    porte-étendard, est d'éloigner les musulmans des enseignements des quatre écoles juridiques. Les
    enseignements des quatre madhâhib seraient – selon eux- '' rouillés'' ( propos rapporté par Cheikh al
    Bouti à la page 115 ) et d'origines politiques. Ils s'appuient sur al- Ma'sûmî ( al- Khajandî) – lequel au
    demeurant se base à son tour sur des propos partiels et sur-interprétés d'Ad-Dahlâwî dans son alInsâf-,
    pour affirmer que « Quiconque met en en application tous les propos de Abî Hanîfa, de Mâlik,
    de Shâfi'î, de Ahmad et bien d'autres et ne se fonde pas sur Le Livre [ le Coran] et la Tradition (
    Sunnah), aura contredit par ce fait même l'unanimité de la Communauté et déraillé du chemin des
    croyants » ( p. 166). De plus, le Cheikh Nâzir prétend en se basant sur l'ouvrage intitulé Hujat Allâh alBâligha
    d'Ad Dahlâwî, que le grand Savant Ibn Hazm aurait déclaré que « l'imitation est illicite, et
    qu'il n'est [ donc] licite à personne de suivre la parole de quelqu'un d'autre que [ celle] de l'Envoyé de
    Dieu (saws) » ( p. 167). Toujours selon Cheikh Nâzîr et ses partisans, non seulement les quatre écoles
    juridiques fondées par les quatre imams formeraient des écoles de pensée qui s'écarteraient du
    Livre de Dieu (swt) et de la Sunnah, mais encore elles voudraient rivaliser avec l'école ( madhhab) du
    Prophète (saws) lui-même. Cette prétention des quatre écoles serait particulièrement indigne, car les
    quatre imâms ne seraient pas infaillibles, quand la madhhab du Prophète (saws) le serait par
    essence. En se conformant aux écoles des quatre imâms, le musulman se détournerait donc de ce qui
    est infaillible ( p. 55 de l'ouvrage).




    *Cheikh al Bouti répond : « Vérifions ce qu' a dit ad-Dahlâwî en citant Ibn Hazm dans Hujat Allâh al
    Bâligha : Il a débuté sa recherche en disant : '' Sache que la Communauté ou ses représentants ont
    été jusqu'à ce jour unanimes à considérer comme conforme à la lettre et à l'Esprit de la religion, de
    se conformer au quatre Doctrines [ celle des quatre imâms] ainsi recensées et attestées ; l'intérêt
    d'une telle décision n'étant secret pour personne, d'autant plus que ces jours-ci, les zèles sont arrivés
    à bout de souffle, les âmes sont tombées sous l'emprise de la passion et chacun s'est limité à se
    satisfaire de ses propres opinions » ( p. 167). Puis, Cheikh al Bouti précise que ad-Dahlâwî a conclu
    que : « Ce à quoi est parvenu ibn Hazm concernant le fait de dire que l'imitation est illicite et [ qu] ' il
    n'est licite à personne de suivre la parole de quelqu'un d'autre que [ celle] de l'Envoyé de Dieu (saws)
    sans preuve, [ ne] s'applique uniquement [ qu'] à celui qui est apte à faire de l'Ijtihâd, ne serait-ce
    que dans une seule question ». Cheikh al Bouti en conclut : « Donc qu'ont fait les auteurs de la
    falsification ? Ils ont décortiqué la suite logique du texte d'ad-Dahlâwî en en retirant une seule phrase
    incomplète sémantiquement, après l'avoir décontextualisée, afin de donner au lecteur l'impression
    que ad-Dahlâwî plaidait contre l'imitation en citant Ibn Hazm comme appui... » ( pp. 167-168). Cheikh
    al Bouti fait aussi œuvre d'historien, puisqu'il rappelle qu'il n'existe aucune différence entre les
    écoles des quatre imâms et celles, beaucoup plus anciennes de Zayd ibn Thâbit, de Mu'âdh ibn Jabal
    et d'Abd Allâh ibn ' Abbâs « au niveau de la compréhension de certaines prescriptions islamiques » (
    p. 58) ; Cheikh al Bouti demande quelle est la différence entre les Maîtres des quatre écoles et ceux
    de l'école de l'opinion et du raisonnement par analogie (Qiyâs) en Irak ( madhhab ar-ra'yi), [ mais
    également] de ceux de l'école du hadîth ( madhhab al- hadîth) au Hijâz dans l'actuelle Arabie,
    « sachant que les Maîtres de ces deux écoles sont représentés par les Compagnons les plus proches
    du Prophète (saws) et par la génération qui lui a succédé ( les tâbi'î), le recours à l'imitation dans le
    domaine religieux étant dans les deux cas, plus que monnaie courante ». ( p. 58). Pour Cheikh al
    Bouti, « les ijtihâd de la génération des Compagnons et de celle qui lui a succédé ou encore ceux [ les
    ijtihâd] des autres imâms Mujtahîd n'ont fait que servir et expliquer les propos du Prophète (saws),
    propos inspirés par Dieu (swt) le Très-Haut. Cependant, leurs ijtihâd et leurs efforts interprétatifs des
    propos du Messager de Dieu (saws) ont légèrement divergé sur certaines questions juridiques, pour
    former spontanément des Ecoles de pensée, donc des écoles (Madhâhib) [ juridiques]. Elles ne
    représentent chacune qu'une certaine vision interprétative des propos du Prophète (saws) et non
    des écoles qui ont pour vocation de rivaliser avec celle du Prophète (saws) en s'y opposant.
    Comment peut-on imaginer un seul instant qu'ils aient voulu l'égaler, voire le surpasser, alors que
    chacun d'eux n'arrêtait pas de le citer, de méditer son dire en s'efforçant, pleins d'espoir, de le
    comprendre autant que faire se peut ?! » ( p. 59). Cheikh al Bouti va encore préciser sa pensée à la
    page 96 en écrivant : « La part du renouveau qui les [ les quatre imâms] caractérise par rapport à
    leurs prédécesseurs, réside uniquement dans le fait qu'ils ont d'un côté exposé dans leurs œuvres les
    traditions prophétiques et la jurisprudence, et élaboré d'un autre côté une méthodologie scientifique
    de déduction et de recherche ( ces 7 derniers mots étant soulignés dans l'ouvrage du Cheikh). Ceci a
    permis d'atténuer le désaccord intellectuel qui dissociait l'école du hadîth de celle du raisonnement
    par analogie , ce qui les a conduites [ les quatre Madhâhib et les écoles du Hijâz et de l'Irak] par la
    suite à se réconcilier en se conformant toutes les deux à l'arbitrage de ces nouveaux critères
    scientifiques qui se fondent, eux-aussi, sur les arguments extraits du Coran, de la tradition et du
    consensus. Tout cela a contribué au renforcement des bases de ces quatre écoles... ». Le lecteur
    prendra également connaissance avec un très grand intérêt, du développement consacré à l'Histoire
    de la législation islamique ( et de la constitution de sa jurisprudence), pp. 92-93 et pp. 156-157.




    Ces auteurs partisans de l'abandon des quatre écoles, affirment aussi que tout un chacun est capable
    de faire de l’Ijtihâd et que l’imitation ( al-taqlîd) est interdite à la masse ignorante ( p. 146). Selon
    eux, les seules références utiles au musulman, sont le Livre et la tradition ( Sunnah).




    *Cheikh al Bouti répond laconiquement que cette théorie est extrêmement dangereuse, car elle
    permet à n’importe qui de faire de l’Ijtihâd, y compris aux ignorants. Or, seuls les Mujtahîd peuvent
    prétendre faire de l'Ijtihâd. Il ajoute qu'il est étonnant pour des gens qui contestent l'autorité des
    quatre imâms en matière de Sciences islamiques, de voir ses derniers recommander aux musulmans
    la lecture de Al Muwatta de l'imâm Malîk...




    Cheikh Nâzir et ses partisans dénoncent ce qu'ils nomment '' l'attachement fanatique aux quatre
    écoles ''. Ils s'en prennent également à ceux qui se rattachent à une seule école, de même qu'à ceux
    qui naviguent d'écoles en écoles.




    * Cheikh al Bouti leur répond qu'il convient bien évidemment de condamner un attachement
    fanatique à ces quatre écoles ou simplement à l'une d'entre-elles, surtout lorsque ce rattachement à
    une maddhab conduit le musulman à privilégier un enseignement de tel ou tel imâm par rapport à
    une disposition claire du Coran et/ou de la Sunnah du Prophète (saws). Mais l'accord avec Cheikh
    Nâzîr va s'arrêter là, car Cheikh al Bouti cite l'imâm an-Nawawî qui a écrit en s'appuyant sur al-Hâfiz
    Ibn ' Asâkir dans l' introduction de al-Majmû' sous le titre '' De l'interdiction, sous peine d'encourir le
    châtiment divin, de dégrader ou de porter préjudice à l'image des imâms et des docteurs de la Loi
    Divine [ et] de veiller à respecter et à protéger leurs mérites '' : « Sache, mon coréligionnaire ...
    qu'attaquer l'honneur des Savants ( al 'ulamâ') est comme si l'on ingurgitait du poison, et il est connu
    que Dieu (swt) révèle au grand jour les défauts et les vices de ceux qui le font... »( p. 165). Ensuite,
    Cheikh al Bouti expose une argumentation de toute première importance : Tout croyant qui n'est
    pas Mujtahîd – et c'est le cas de la quasi totalité des musulmans-, n'est pas en capacité de juger le
    savoir et les réflexions des quatre imams fondateurs d'écoles, dont le Savoir fut immense. Même si
    un imitateur ( muqallîd) venait à rencontrer un hadîth authentique supposé contredire la doctrine
    d'Ash-Shâfi'î ( par exemple), il est loin d'être certain que cet imitateur soit en mesure d'identifier
    parfaitement la chaîne de transmission de ce hadîth, d'en saisir parfaitement le sens, surtout s'il s'en
    tient au seul sens manifeste, puis d'assurer la liaison entre ce hadîth et le sujet traité par l'imâm AshSh
    âfi'î. Il n'est même pas certain que ce musulman dispose d'une parfaite connaissance de l'arabe
    classique. Toutes ces raisons poussent Cheikh al Bouti à insister tout particulièrement sur le fait
    qu'une telle personne « étant elle-même un non-Mujtahîd, n'est pas en mesure de juger un
    Mujtahîd comme Ash-Sh âfi'î ». Il ajoute enfin : « [ Bien entendu], toutes ces conditions et
    contraintes ne touchent pas le Mujtahîd qui, lui, est sur un pied d'égalité avec [ les quatre imâms
    fondateurs d'écoles] et tout Mujtahîd à le droit de retenir tel ou tel argument plutôt que tel autre » (
    p. 162). Mais combien y a t-il de Mujtahîd dans le monde ? A propos de l'appartenance à une seule
    école ou du passage de telle école vers telle autre école, Cheikh al Bouti est très clair : «...Il n'y a pas
    de meilleur Mujtahîd parmi ceux de nos pieux anciens que les quatre imâms – les Maîtres
    authentiques- comme l'ont unanimement affirmé tous les Savants ( ' ulamâ') des quatre écoles
    correspondantes. Cela est dû à un effort gigantesque, de vérification et de rédaction rigoureuse, ainsi
    qu'à la grande scientificité qui caractérisent ces écoles en matière d'attribution des hadîths au niveau
    de la fiabilité des rapporteurs et de la chaîne de leurs transmissions. Cet énorme appareil
    épistémologique et méthodologique, incontestable et incontesté a permis à ces quatre écoles de se
    construire, de se structurer dans des conditions idéales qui n' ont été à la portée d'aucune autre
    école religieuse. Le musulman n'a donc qu'à se laisser guider par n'importe laquelle de ces quatre
    écoles, soit par le biais de ses Savants et de ses Docteurs de la Loi ( fuqahâ'), soit en étudiant et
    analysant ces multiples références s'il en a la capacité et l'aptitude, bien entendu. Il [ le musulman] a
    le droit de se conformer à l'une d'entre ces écoles afin de trouver des réponses aux différentes
    questions religieuses qu'il se pose dans la vie de tous les jours, comme il a la possibilité de passer de
    l'une à l'autre selon les conditions expliquées par les Savants et sur lesquelles nous avons parlé » ( p.
    77). Cheikh al Bouti se réfère sur ce point à Ibn al-Qayyim. Il ne manque pas non-plus de rappeler que
    le Coran fait un devoir à tout musulman de s'adresser à des Savants en tant que de besoins :
    « Demandez donc conseil aux gens du Rappel ( Ahl al- 'ilm), si vous ne savez pas » ( Coran 16- 43 ).
    Cheikh al Bouti s'appuie enfin sur Ad- Dahlâwî, ce dernier ayant clairement dit qu'il n'est pas interdit
    de choisir un seul imâm des quatre écoles et de se conformer de façon restrictive à ses
    Enseignements ( p. 60).




    En fidèle adepte de la Voie Médiane -la wassatiyah– qui est la Voie Royale en Islam , Cheikh al Bouti
    n'appelle ni à se fixer obstinément dans une seule école, ni non-plus à en changer tout le temps au
    gré de ses humeurs ou de ses fantaisies. Par ailleurs, il précise bien qu'il est illicite d'imiter deux ou
    plusieurs Mujtahîd à propos d'un même acte d'adoration, car le danger en la matière serait grand
    que l'imitateur n'ait changé d'école que sous l'emprise de l'âme passionnelle, uniquement dans le
    but de rechercher des arguments à sa convenance lui permettant d'alléger des obligations
    religieuses. Une telle démarche, qui relèverait en quelque sorte de l'imposture intellectuelle,
    conduirait à « une hybridation de deux ijtihâd à propos d'un seul acte d'adoration » ( p. 100),
    autrement dit à la '' décontextualisation'' de ces ijtihâds, c'est à dire enfin à la confusion ( volontaire)
    des devoirs vis à vis de Dieu (swt). On le voit particulièrement ici, pour être un adepte de la
    Conformité aux quatre écoles juridiques, Cheikh al Bouti n'en n'est pas moins pour autant quelqu'un
    qui est capable de fixer des limites à ses propres théories.




    Toutes ces considérations conduisent Cheikh al Bouti, à développer des éléments de doctrine à
    propos de la production de fatwas. Le terme de muftî est intimement lié à celui de Mujtahîd, car non
    seulement le mufti est un Mujtahîd, mais encore il est le « Maître de tous les autres Mujtahîd » ( p.
    17) dans leurs pays respectifs ». Il est en effet censé être le plus compétent en la science sacrée et en
    toutes les autres sciences annexes ; en cela, il est le Conseiller suprême dans le domaine des
    questions religieuses. Il doit faire preuve d'intelligence, de discernement, de tolérance, d'impartialité,
    d'équité, etc...C'est donc le Muftî qui rend les fatwâ ( c'est à dire les '' Conseils''). Ceci s'est toujours
    fait en Islam, que ce soit avec 'Abd Allâh Ibn Mas'ûd ( ainsi que ses disciples) en Irak, ou avec 'Abd
    Allâh ibn 'Umar ( et ses disciples) dans le Hijâz ; et dans les deux cas précités, personne à cette
    époque très proche de celle du Prophète (saws) n'a remis l'autorité de ces savants en cause. Cheikh
    al Bouti ajoute : « … En plus, ' Ata' ibn abî Rabâh et Mujâhid ont pendant longtemps assumé à la
    Mecque, à eux-seuls, les responsabilités d'al- fatwâ. [ D'ailleurs, à cette époque], le porte-parole du
    Calife ( Khalîfa), était notamment chargé d'informer les gens que cette tâche relevait uniquement de
    leur ressort, et personne, parmi les Savants de l'Islam, ne s'est [ alors] dressé contre cette décision du
    Calife ou contre les gens qui lui étaient fidèles ». ( p. 19). Cheikh a Bouti conclut : « Après tous ces
    exemples, dire aux gens qu'il est illicite ( harâm) de rester fidèle aux enseignements de tel ou tel
    imâm, de suivre son école et ses fatwâ, ne représente-t-il pas en soi une pure hérésie qui n'a rien à
    voir avec ce que Dieu (swt) nous a ordonné de faire ? La non-conformité aux quatre écoles est-elle
    autre chose qu'une pure innovation hétérodoxe ? » ( p. 19). Cheikh al Bouti précise que le Muftî qui
    appartient à une école précise, a le droit de faire un fatwâ en se fondant sur une autre école, au cas
    où il trouverait dans celle- ci un argument plus fondé que celui qui se trouve dans son école de
    rattachement. ( pp. 72-73). Le fatwâ du Mujtahîd oblige les gens du commun, « comme l'argument
    légal extrait du Livre et de la tradition oblige le Mujtahîd lui-même. Car de même que le Coran a
    imposé au Savant ( al-'alim) de s'attacher à ses enseignements, ses arguments et à ses preuves, de
    même il a imposé à l'ignorant de s'en tenir aux fatwâ de ce Savant et à ses ijtihâd ». ( p. 94).




    Cheikh al Albanî et ses partisans reprochent au Cheikh al Bouti d’avoir réparti les gens en seulement
    deux catégories : 1) Celui apte à faire de l’Ijtihâd ( Mujtahîd) et 2) celui qui n’a qu’à se contenter
    d’imiter les quatre imâms ( al- Muqallid), alors qu’eux prônent l’existence d’un niveau intermédiaire
    qu’ils nomment ‘’ le Suiveur ‘’ ( al- Muttabi’). Toujours selon eux, le Muttabi’ serait bien sûr inférieur
    au Mujtahîd, mais il est tout de même capable de « déceler l’indice réglementaire ( dalîl) et d’en
    situer le contexte, de telle sorte que sa compréhension lui permet de faire pencher la balance
    lorsqu’il s’agit de probabilités observées lors de la vérification de la cause et ce qui lui est similaire » (
    p. 147). Les auteurs appuient leur argumentation sur l'ouvrage intitulé Al-I' tisâm d'Ash-Shâtibi (qu'ils
    ne citent d'ailleurs qu'en partie – la référence de cet ouvrage est donnée par Cheikh al Bouti, p. 148-
    ). Enfin, Cheikh Nâsir estime que lorsqu'il est question d'imitation, il est inutile de procéder à une
    distinction entre les domaines de la Aqîda (Les piliers indiscutables du Dogme) et de la Sharî'a (Loi
    islamique).




    *Cheikh al Bouti estime que la création de cette troisième catégorie [ celle du muttabi'] est inutile,
    car elle introduit une confusion avec le terme de muqallid, qui désigne celui qui n'est pas capable de
    faire de l'ijtihâd; pire, elle est même négative, puisque Dieu (swt) dans le Coran considère les ‘’
    Suiveurs’’ comme des égarés : « Quand les suivis désavoueront les suiveurs et qu'ils verront le
    châtiment et leurs liens bien brisés, et diront [ les suiveurs] : '' Ah ! S'il était pour nous un retour !''.
    Alors, nous les désavouerions comme ils nous ont désavoués... » ( Coran 2-166 / 167). Cheikh al Bouti
    précise que dans le cas de ce verset, le mot ''Suivre'' ( al-ittibâ) signifie dans ce contexte coranique,
    l'imitation aveugle ( at-taqlîd al- a'mâ) ( p. 88). Dans le même temps, Cheikh al Bouti condamne avec
    la plus grande fermeté l'idée selon laquelle « le dogme sûr, [ comme] les dispositions légales
    rattachées de l'Ijtihâd peuvent tous les deux se fonder sur des arguments de présomption... » ( p.
    149), car revendiquer un tel postulat, revient à dire que la Aqîda se situe au simple niveau de la
    présomption, « alors que Dieu (swt) a exigé de nous de considérer le Dogme comme une Vérité
    Absolue » ( p. 150). Il ne peut donc point être question d'imitation ou d'ijtihâd dans le domaine de la
    Aqîda. Cheikh al Bouti qui dissèque les propos de ses contradicteurs, ne cesse de les mettre en face
    de leurs contradictions. Par exemple, pourquoi Cheikh Nâzir qui tonitrue contre l'existence des
    quatre écoles juridiques, en prône-t-il alors l'unification ? Et puis de quelle unification peut-il s'agir ?
    A cet égard, Cheikh al Bouti lance un défi à Cheikh Nâzir : « Que le Cheikh Nâzir lise [ au sein des
    quatre écoles] le chapitre qui traite de l'usure, pour qu'ensuite il nous révèle ses impressions et ses
    conclusions pour nous dire comment il lui serait loisible d'unifier les quatre écoles [ et] qu'il nous le
    prouve uniquement sur ce thème ! » ( p. 154).


    **********************


    Parvenu au terme de ce brillant ouvrage, le lecteur disposera de tous les éléments théologiques
    permettant de comprendre les enjeux de cette question de la Conformité ou de la Non-Conformité
    aux quatre écoles ( madhâhib) juridiques. Il pourra donc se positionner en connaissance de cause. En
    réfutant un à un les arguments des tenants de la Non-Conformité, Cheikh al Bouti met en garde les
    musulmans contre la funeste tentation de se séparer des écoles juridiques des quatre imâms, sous le
    prétexte de se recentrer sur les deux fondements de l'Islam sunnite que sont le Coran et la Sunnah
    du Prophète ( saws) ( sources qu'au demeurant Cheikh al Bouti ne remet nullement en cause, bien
    entendu !). Car au final, Cheikh al Bouti pose une question très simple : Que se passerait-il si tout le
    monde abandonnait les écoles, en se proclamant Mujtahîd et producteur d'Ijtihâd ? : « Ce qui se
    passerait sans aucun doute – dit le Cheikh-, [ serait] la chose suivante : L'anarchie régnerait et
    détruirait tous les édifices de la civilisation et de l'humanité...L'effort personnel de réflexion et de
    décision ( l'Ijtihâd), doit se conformer, dans tous [ les] domaines, à des conditions éthiques, logiques,
    juridiques...qui ne sont jamais arbitraires... Le terme utilisé pour désigner cet effort personnel de
    réflexion et de décision ( ijtihâd) est lui aussi, contraint à des conditions dictées par la Science qui le
    contient...Nous disposons aujourd'hui d'une philologie, d'une théologie et d'une jurisprudence
    islamiques qui se complètent et s'éclaircissent les unes les autres. Cette science complexe ( al-Fiqh)
    touchant à tous les domaines de la vie privée et collective, a été rigoureusement élaborée et
    structurée par les imâms Mujtahîd, leurs compagnons et leurs disciples. Si l'on essayait aujourd'hui
    d'exposer cette richesse scientifique à un ijtihâd arbitraire et incompétent que pourrait formuler le
    commun des gens, cette science vivante agoniserait et finirait par mourir suite à cette force négative
    et destructrice... » ( pp. 114-115). Certes, Cheikh al Bouti veut bien concéder aux tenants de la NonConformité,
    la possibilité de faire de l'ijtihâd dans des domaines comme l'assurance sur la vie et sur
    les biens, les statuts divers et variés des sociétés commerciales, les baux commerciaux et locatifs, ou
    bien encore dans le secteur du droit des contrats, autant de thématiques qui n'existaient pas du
    temps des quatre imâms et qui donc, par essence, n'ont jamais pu faire l'objet de leur ijtihâd. Mais
    Cheikh al Bouti, non sans un certain humour, feint de s'étonner qu'il n'en soit point ainsi : « Oui, par
    Dieu, nous n'avons jamais vu un seul de ces adeptes de la Non-Conformité aux quatre écoles
    travailler une fois sur l'une de ces questions récentes à propos desquelles les gens du commun
    n'arrêtent pas de s'interroger afin de connaître les prescriptions de Dieu ( swt) les concernant...
    Montrez- nous [ donc] ce dont vous êtes capables en prenant l'initiative de faire de l'ijtihâd dans le
    domaine de ces questions survenues aujourd'hui, celles qui n'ont pas été traitées par ces [ quatre]
    imâms, et à propos desquelles l'ensemble des musulmans ignore les décrets de Dieu ( swt) » ( pp.
    123-124). A la page 121 de l'ouvrage, Cheikh al Bouti dit qu'un mauvais ijtihâd peut devenir un
    poignard dans les mains des ennemis de l'Islam. Notons un développement fort intéressant de
    Cheikh al Bouti à propos des forces d'occupation anglaises, qui il y a de cela quelques décennies,
    avaient nommé des imâms fantoches – jusqu'au plus sommet de l'Université Al- Azhar -, pour
    produire -selon lui- un ijtihâd visant à saper les fondements doctrinaux de l'Islam afin de le rendre
    plus perméable à l'influence occidentale ( p. 121-122). Aujourd'hui le même danger existe vis à vis
    d'autres Etats ou écoles, qui pourraient profiter du chaos théologique pour s'emparer à leur profit
    exclusif de la doctrine islamique.




    S'il ne fallait donc retenir qu'une seule idée du livre de Cheikh al Bouti, ce serait que nier le bien
    fondé de la Conformité aux quatre écoles revient de facto à remettre en cause tout l'édifice
    théologico-social musulman ; c'est pour cette raison que l'imitation d'une de ces quatre écoles par le
    musulman, constitue « une obligation religieuse » ( p. 177), au moins tant que l'individu n' a pas
    encore atteint le stade de l'ijthâd, c'est à dire la capacité à extraire des arguments légaux à partir des
    deux Sources scripturaires que sont le Coran et la Sunnah. Certes, la porte de l'ijtihâd est encore
    ouverte – et personne n'a le droit de la fermer-, mais les conditions et les contraintes qui régissaient
    cet ijtihâd autrefois, subsistent dans leur intégralité et personne aujourd'hui n'a le droit de les
    manipuler. Il serait enfin malhonnête de minimiser ce débat entre les tenants de la Non-Conformité
    et ceux de la Conformité, en affirmant qu'il s'agit là d'une simple querelle de théologiens sans
    importance pour le commun des gens, car si le fait de professer que la jurisprudence des quatre
    imâms ne fait pas partie de la Loi Divine et constitue une question religieuse secondaire, alors, nous
    prévient Cheikh al Bouti, ce sera toute la religion qui va devenir secondaire ( p. 177).







    *

    wa Asalamu 3alaykoum wa rahmatullahi wa barakatuh





    Subhanak Allahumma wa bi hamdik. Ashhadu al-la ilaha illa ant. Astaghfiruka wa atubu ilayk


    اللهمَّ صَلِّ عَلى سَيِّدِنا مُحَمَّدٍ و عَلى آلِهِ و صَحبِهِ و سَلِّم
    Allâhumma salli 'alâ Sayyidinâ Muhammadin wa 'alâ âlihi wa sahbihi wa sallim.



    وسُبْحَانَ رَبِّكَ رَبِّ الْعِزَّةِ عَمَّا يَصِفُونَ وَ سَلامٌ عَلَى الْمُرْسَلِينَ وَالْحَمْدُ لِللهِ رَبِّ الْعَلَمِينَ
    wa subḥāna rabbika rabbi l-ʿizzati ʿammā yaṣifūn wa-salāmun ʿalā l-mursalīn wa-l-ḥamdu li-llāhi rabbi l-ʿālamīn



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