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Discussion: Vendetta et statut de la femme en matière de talion - ( Différence entre Vendetta et Talion + Généralités sur la loi ) - FATWA Dar al-Ifta Egypte - Al Azhar

  1. #1
    Modérateur Sermenté Avatar de talib abdALLAH
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    Par défaut Vendetta et statut de la femme en matière de talion - ( Différence entre Vendetta et Talion + Généralités sur la loi ) - FATWA Dar al-Ifta Egypte - Al Azhar

    اَلحَمدُلِلهِ رَبِ العَلَمِينَ ؕ وَالصَّلَوةُ وَ السَّلَامُ عَلَى سَيِـّـدِ المُرسَلِين
    اَمَّا بَعدُ فَاَعُوذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيطَنِ الرَّجِيمِ

    بِسمِ اللهِ الرَّحمَنِ الرَّحِيم

    السلام عليكم ورحمة الله تعالى وبركاته


    Asalamu 3alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh





    *



    Vendetta et statut de la femme en matière de talion

    ( Différence entre Vendetta et Talion )



    FATWA Dar al-Ifta Egypte

    - Al Azhar -



    *





    Lors d’une bagarre entre la famille Ghazala et la famille Mekkawi, un membre de cette dernière a tiré sur une femme de la famille Ghazala. Quelques jours plus tard, la blessée est décédée à l'hôpital. Poussé par la vengeance, l'un de ses enfants a tué le meurtrier mettant ainsi fin à cette histoire sanglante en 1986.

    La question qui se pose alors : la femme, en tant qu'âme humaine, est-elle égale à l'homme en matière de talion ? Que dit la religion si le fils de l'homme tué décide de se venger de la famille Ghazala, lui est-il permis de le faire ?

    Enfin, que dit la religion à propos de l’échange du linceul en guise de réconciliation entre les deux familles en conflit sanglant ?







    Réponse : S.E.M. Dr. ‘Alî Gomaa Muhammad




    Allah, le Très-Haut, a établi le talion (Qisãs) pour intimider quiconque ose menacer la vie des gens, porter atteinte à leurs droits et biens et propager le chaos et la corruption sur terre.

    En effet, laisser le criminel sans lui appliquer le talion entraîne forcément la dégradation des mœurs, l’instabilité de la structure sociale, la méfiance en le pouvoir de la Législation divine de procurer aux gens la paix et la sécurité sur la terre qu’ils sont ordonnés de peupler et dans laquelle ils doivent appliquer les lois divines. A ce propos, Allah dit :

    « La loi de talion constitue pour vous une préservation de la vie, ô gens doués d'intelligence. Peut-être finirez-vous ainsi par craindre Allah1. »

    Cette vie naissante de l’application du talion émane du fait que la vie serait préservée si l’homicide cesse d’être commis. Si le malfaiteur constate qu’il risque de payer de sa vie le meurtre commis par ses propres mains, il doit, avant de s’y lancer, se reprendre et réfléchir aux conséquences de son acte.


    D'autre part, la préservation de la vie assurée par cette loi est exprimée également par l'apaisement du cœur de la famille de la victime lorsqu’elle voit le coupable recevoir son châtiment juste, ce qui mettrait fin à la tendance vindicative poussée parfois à l’extrême. Chez les tribus arabes, cette tendance maléfique a enfoncé les hommes dans des guerres qui duraient longtemps, peut-être quarante ans, comme c’est le cas pour la guerre célèbre d’al-Bassous. Même, de nos jours, on assiste à des massacres atroces entre familles attisés par le feu de la vengeance que les gens transmettent de génération en génération.


    L’expression «la loi de talion constitue pour vous une préservation de la vie» dans son sens global indique que l'atteinte à la vie d'un individu représente, en fait, une atteinte à la vie de tous les humains. En contrepartie, l’expression même précise que si cette loi empêche le malfaiteur de tuer une âme, elle, par là, l’a empêché de porter atteinte à toute la vie humaine. En effet, dans cette abstention de commettre le meurtre s’illustre non seulement la préservation d’un individu, d’une famille ou d’un groupe mais aussi la préservation de toute la race humaine.


    Pourtant, la loi de talion ne s’applique pas à chaque crime de meurtre ; elle est restreinte à l’homicide volontaire remplissant les conditions requises par les jurisconsultes.


    Premièrement, la peine capitale doit être infligée à l'homme qui a tué une femme selon l'avis de la majorité des jurisconsultes, avis basé sur ces versets :


    « Nous leur avons prescrit dans la Thora : vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Quant aux blessures, elles tombent sous la loi du talion. Quiconque renonce par charité à ce droit obtiendra la rémission de ses péchés. Ceux qui ne jugent pas d'après ce qu’Allah a révélé, ceux-là sont les injustes2 . »

    « La loi de talion constitue pour vous une préservation de la vie, ô gens doués d'intelligence. Peut-être finirez-vous ainsi par craindre Allah3 . »


    Telle est la règle générale à moins qu'il n'y ait une exception prouvée.


    Ils se sont appuyés également sur ce qu'a rapporté Abou Bakr Ibn Mohammed Ibn Amr Ibn Hazm, d'après son père, d'après son grand-père que le Messager d'Allah avait envoyé une lettre au peuple yéménite disant :

    « L'homme est mis à mort pour le meurtre qu'il a commis sur une femme4 . »


    Deuxièmement, en cas d’accusation mensongère d’adultère, la peine légale sera appliquée à l’accusateur ou à l’accusateur. Par analogie, la loi de talion s’applique aussi bien au délinquant qu’à la délinquante sans aucune discrimination ; car, la femme est un être humain au même titre que l'homme.


    En outre, il n'est pas religieusement permis à quiconque de se venger de l'assassin ; mais il doit plutôt avoir recours à la justice, autorité chargée d’appliquer cette loi d’après un examen scrupuleux des circonstances du crime.


    Quant au fait que la famille du meurtrier porte à la main un linceul pour l’offrir à la famille de la victime, il s'agit, en fait, d'une coutume qui ne figure, ni dans le Coran, ni dans la Sunna, ni dans la pratique de nos pieux prédécesseurs. Pourtant, cette coutume vise à mettre fin aux conflits familiaux, ce qui n'est pas interdit par la Chari'a.


    La loi de talion n’est pas appliquée si :



    • Les tuteurs de la victime accordent le pardon au meurtrier ou l'un d'eux le fait à condition qu'il soit en pleine maturité et adulte.
    • L'assassin meurt avant l’exécution.

    Néanmoins, la Diyyah (le prix du sang) sera obligatoire, sauf si un parent consanguin de la victime accorde son pardon au tueur ; dans ce cas, elle ne sera pas, elle aussi, exigée.






    ----------------------------------------------


    1- Coran, al-Baqara, 179.
    2- Coran, al-Ma’ida, 45.
    3- Coran, al-Baqara, 179.
    4- Cité par Adel Razzaq ad-Daraqatni et autres.




    *




    wa Asalamu 3alaykoum wa rahmatullahi wa barakatuh



    Subhanak Allahumma wa bi hamdik. Ashhadu al-la ilaha illa ant. Astaghfiruka wa atubu ilayk


    اللهمَّ صَلِّ عَلى سَيِّدِنا مُحَمَّدٍ و عَلى آلِهِ و صَحبِهِ و سَلِّم

    Allâhumma salli 'alâ Sayyidinâ Muhammadin wa 'alâ âlihi wa sahbihi wa sallim.
    Ô Allâh prie et salue notre seigneur Muhammad, ainsi que sa famille et ses Compagnons.



    وسُبْحَانَ رَبِّكَ رَبِّ الْعِزَّةِ عَمَّا يَصِفُونَ وَ سَلامٌ عَلَى الْمُرْسَلِينَ وَالْحَمْدُ لِللهِ رَبِّ الْعَلَمِينَ
    wa subḥāna rabbika rabbi l-ʿizzati ʿammā yaṣifūn wa-salāmun ʿalā l-mursalīn wa-l-ḥamdu li-llāhi rabbi l-ʿālamīn



  2. #2
    Avatar de maki
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    Salam,

    Je suis heureuse d'apprendre que l'on doit punir le meurtre d'une femme de la même façon que le meurtre de l'homme.

    Mais le reste me semble moins probant

    " Cette vie naissante de l’application du talion émane du fait que la vie serait préservée si l’homicide cesse d’être commis. Si le malfaiteur constate qu’il risque de payer de sa vie le meurtre commis par ses propres mains, il doit, avant de s’y lancer, se reprendre et réfléchir aux conséquences de son acte."

    Il n'est nullement prouvé que la peur de la mort ait jamais fait réfléchir le moindre meurtrier.
    - Un meurtrier réfléchi prépare soigneusement son acte (et ses arrières) : il fait tout le nécessaire pour ne pas se faire prendre et donc échapper à la mort.
    - Un non réfléchi est tellement empli de puissance de mort qu'il ne songe aucunement aux conséquences de ses actes.

    L'exécution du meurtrier est donc uniquement destiné à apaiser la souffrance des proches de la victime et les désordres engendrés dans la société, ce qui est dit avant
    "En effet, laisser le criminel sans lui appliquer le talion entraîne forcément la dégradation des mœurs, l’instabilité de la structure sociale, la méfiance en le pouvoir de la Législation divine de procurer aux gens la paix et la sécurité sur la terre qu’ils sont ordonnés de peupler et dans laquelle ils doivent appliquer les lois divines. A ce propos, Allah dit :
    « La loi de talion constitue pour vous une préservation de la vie, ô gens doués d'intelligence. Peut-être finirez-vous ainsi par craindre Allah1. »"

    Mais il existe d'autres moyens pour rendre justice aux proches et maintenir la stabilité de la société : par exemple la peine de prison, que la loi du Talion ignore totalement.
    D'autre part, l'exécution du meurtrier enlève à l'homme toute possibilité de rachat. Elle nie la capacité de l'homme à se reprendre, à repartir, à reconnaître ses fautes. Elle nie aussi la capacité de Dieu à se pencher sur le pécheur pour le relever. En cela, elle n'est pas compatible, aujourd'hui, avec la religion chrétienne.

    Sans parler des risques d'erreur de condamnation. Parlez-en aux noirs dans les prisons américaines... (on connaît le problème américain, mais il y en a sûrement ailleurs !)

  3. #3
    Modérateur Sermenté Avatar de talib abdALLAH
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    Citation Envoyé par maki Voir le message
    Salam,

    Je suis heureuse d'apprendre que l'on doit punir le meurtre d'une femme de la même façon que le meurtre de l'homme.

    Mais le reste me semble moins probant

    " Cette vie naissante de l’application du talion émane du fait que la vie serait préservée si l’homicide cesse d’être commis. Si le malfaiteur constate qu’il risque de payer de sa vie le meurtre commis par ses propres mains, il doit, avant de s’y lancer, se reprendre et réfléchir aux conséquences de son acte."

    Il n'est nullement prouvé que la peur de la mort ait jamais fait réfléchir le moindre meurtrier.
    - Un meurtrier réfléchi prépare soigneusement son acte (et ses arrières) : il fait tout le nécessaire pour ne pas se faire prendre et donc échapper à la mort.
    - Un non réfléchi est tellement empli de puissance de mort qu'il ne songe aucunement aux conséquences de ses actes.

    L'exécution du meurtrier est donc uniquement destiné à apaiser la souffrance des proches de la victime et les désordres engendrés dans la société, ce qui est dit avant
    "En effet, laisser le criminel sans lui appliquer le talion entraîne forcément la dégradation des mœurs, l’instabilité de la structure sociale, la méfiance en le pouvoir de la Législation divine de procurer aux gens la paix et la sécurité sur la terre qu’ils sont ordonnés de peupler et dans laquelle ils doivent appliquer les lois divines. A ce propos, Allah dit :
    « La loi de talion constitue pour vous une préservation de la vie, ô gens doués d'intelligence. Peut-être finirez-vous ainsi par craindre Allah1. »"

    Mais il existe d'autres moyens pour rendre justice aux proches et maintenir la stabilité de la société : par exemple la peine de prison, que la loi du Talion ignore totalement.
    D'autre part, l'exécution du meurtrier enlève à l'homme toute possibilité de rachat. Elle nie la capacité de l'homme à se reprendre, à repartir, à reconnaître ses fautes. Elle nie aussi la capacité de Dieu à se pencher sur le pécheur pour le relever. En cela, elle n'est pas compatible, aujourd'hui, avec la religion chrétienne.

    Sans parler des risques d'erreur de condamnation. Parlez-en aux noirs dans les prisons américaines... (on connaît le problème américain, mais il y en a sûrement ailleurs !)
    Salam Maki,

    Il faut distinguer la règle décrite par le mufti, de la procédure judiciaire du juge.

    Le juge musulman procède à l'instruction de chaque cas avec methode, et dans l'exemple que vous citez, de l'homme qui souhaite se racheter sincèrement, de celui qui regrette son geste, le juge peut s'entretenir avec la famille de la victime par exemple et tenter de discuter avec celle-ci du bien-fondé du pardon dans ce cas ou du prix du sang (Diyah).

  4. #4
    Modérateur Sermenté Avatar de talib abdALLAH
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    Sans parler des risques d'erreur de condamnation. Parlez-en aux noirs dans les prisons américaines... (on connaît le problème américain, mais il y en a sûrement ailleurs !)
    Le principe est de ne pas condamner quand il y a incertitude de la culpabilité d'une personne, c'est un règle que l'on trouve dans les ouvrages de jurisprudence islamique

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