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Discussion: La parole « Si le hadith est authentique, il s’agit de mon Madhhab » - Cheikh G.F. Haddad

  1. #1
    Modérateur Sermenté Avatar de talib abdALLAH
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    Par défaut La parole « Si le hadith est authentique, il s’agit de mon Madhhab » - Cheikh G.F. Haddad

    اَلحَمدُلِلهِ رَبِ العَلَمِينَ ؕ وَالصَّلَوةُ وَ السَّلَامُ عَلَى سَيِـّـدِ المُرسَلِين
    اَمَّا بَعدُ فَاَعُوذُ بِاللهِ مِنَ الشَّيطَنِ الرَّجِيمِ
    بِسمِ اللهِ الرَّحمَنِ الرَّحِيم

    السلام عليكم ورحمة الله تعالى وبركاته

    Asalamu 3alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh





    *



    La parole

    « Si le hadith est authentique, il s’agit de mon Madhhab »




    Cheikh G.F. Haddad




    *




    L’une des paroles les moins bien comprises de l’imâm al-Shafi’î est sa célèbre phrase : « Lorsque l’authenticité d’un hadith est établie, c’est mon madhhab » Les Savants de l’Ecole ont expliqué, contrairement à l’approche des « salafis », que ce principe s’adresse aux juristes capables de distinguer les hadiths abrogeants et authentiques des hadiths abrogés et faibles ainsi que de dériver les règles en rassemblant les preuves d’après les principes de la Loi et ceux de la langue Arabe. [1] Al-Nawawî a dit :


    Ce qu’a dit l’imâm al-Shafi’î ne signifie pas que quiconque voit un hadith sahih doive dire « C’est le madhhab d’al-Shafi’î ! » , en appliquant simplement le sens littéral ou la signification apparente de cette parole. Ce qu’il a dit s’applique très certainement uniquement aux personnes qui ont le rang de l’ijtihâd dans le madhhab. Et ceci à condition que la personne soit fermement convaincue que l’imâm al-Shafi’î n’avait pas connaissance soit de l’existence du hadith, soit de son authenticité. Et cela n’est possible qu’après avoir recherché dans tous les livres d’al-Shafi’î et d’autres ouvrages similaires de ses compagnons, ceux qui ont pris de lui leur science et les autres personnes semblables. C’est bien sûr une condition difficile à remplir. Peu sont ceux en qui nous retrouvons ses compétences à notre époque. [2]

    Ce que nous avons expliqué comportait des conditions car l’Imâm al Shafi’î a cessé d’agir selon le sens apparent de nombreux hadiths, qu’il considérait [authentiques] et connaissait. Cependant, il a établi des règles pour critiquer les hadiths ou leur abrogation ou leur circonstance spécifique ou leur interprétation et ainsi de suite. Shaykh Abu ‘Amr [Ibn al Salâh] a dit : « Il n’est pas évident d’agir selon le sens apparent de la parole d’al-Shafi’î. Car il n’est pas permis à tout juriste (faqih) – et encore moi à l’homme du commun (‘âmmi) – d’agir indépendamment selon ce qu’il prend comme preuve provenant d’un hadîth… Ainsi, quiconque parmi les Shafi’ites trouve un hadith qui contredit son Ecole doit examiner s’il est absolument accompli [en terme de compétence] dans toutes les disciplines de l’ijtihâd, ou sur ce sujet en particulier, ou des questions spécifiques. [Si c’est le cas] alors il est en droit de l’appliquer de façon indépendante. Dans le cas contraire, s’il trouve qu’aller à l’encontre du hadîth lui pèse – après avoir recherché et n’avoir trouvé aucune justification pour le faire – alors il devrait l’appliquer si un autre Imâm indépendant (mujtahid) qu’al-Shafi’î l’a appliqué. C’est une bonne raison pour lui de quitter l’avis (madhhab) de son Imâm dans un tel cas. [3]



    [1] Voir, en particulier, Ma‘nâ Qawl al-Imâm al-Muttalibî Idhâ Sahha al-Hadîthu Fahuwa Madhhabî par le Shaykh al-Islâm Taqî al-Dîn al-Subkî; Adab al-Muftî wa al-Mustaftî de Ibn al-Salâh; et le premier volume d’ al-Majmu‘ d’al-Nawawî.

    [2] I.e. à l’époque d’al-Nawawî, a fortiori de nos jours. Parmi ceux qui ont vécu au siècle d’al-Nawawî’s figuraient al-Fakhr al-Râzî, Ibn al-Salâh, al-Mundhirî, Ibn ‘Abd al-Salâm, al-Qurtubî, Ibn al-Munayyir, Ibn al-Qattân, al- Diyâ’ al-Maqdisî, Ibn Qudâma, et Ibn Daqîq al-‘îd !

    [3] Al-Nawawî, al-Majmu‘ Sharh al-Muhadhdhab (1:64), citant Ibn al-Salâh’s Fatâwâ wa Masâ’il (1:54, 1:58-59). Cf. al-Tahânawî, I‘lâ’ al-Sunan (2:290-291).


    traduit par Aly Sall





    *



    wa Asalamu 3alaykoum wa rahmatullahi wa barakatuh





    Subhanak Allahumma wa bi hamdik. Ashhadu al-la ilaha illa ant. Astaghfiruka wa atubu ilayk


    اللهمَّ صَلِّ عَلى سَيِّدِنا مُحَمَّدٍ و عَلى آلِهِ و صَحبِهِ و سَلِّم
    Allâhumma salli 'alâ Sayyidinâ Muhammadin wa 'alâ âlihi wa sahbihi wa sallim.



    وسُبْحَانَ رَبِّكَ رَبِّ الْعِزَّةِ عَمَّا يَصِفُونَ وَ سَلامٌ عَلَى الْمُرْسَلِينَ وَالْحَمْدُ لِللهِ رَبِّ الْعَلَمِينَ

    wa subḥāna rabbika rabbi l-ʿizzati ʿammā yaṣifūn wa-salāmun ʿalā l-mursalīn wa-l-ḥamdu li-llāhi rabbi l-ʿālamīn




  2. #2
    Modérateur Sermenté Avatar de talib abdALLAH
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    NOTE :


    Suivre une école de jurisprudence, c'est ce que font la majorité des musulmans par exemple en Asie (Inde, Pakistan, Ouzbékistan, Chine Orientale...), ils ont adopté l'école hanafite depuis des siècles.

    Suivre une école juridique ne veut pas dire que l'on suit une voie avec une vision figé, les savants de telle ou telle école de jurisprudence se réunissent ensemble pour apporter des réponses à des questions contemporaines.

    Et les écoles de jurisprudence sont vivantes :




    • Ce qu'il faut savoir c'est que l'imam est le fondateur de l'école, il fonde les bases juridiques qui lui permettent de tirer les commandements du livre saint et de la sunna.




    • Mais il se trouve que dans toutes les écoles, il y a beaucoup d'avis qui ne vont pas dans le même sens que celui de l'imam pour différentes raisons :




    - soit, les disciples trouvent une argumentation qui a échappé à l'imam fondateur.


    - soit, tout simplement, les disciples (qu'ils soient directs ou indirects) ne partagent pas le fait que l'imam fondateur favorise tel ou tel dalil.

    - les disciples aptes à l'ijtihad usent de la methodologie d'une école de jurisprudence
    Dernière modification par talib abdALLAH ; 22/09/2019 à 19h31.

  3. #3

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    On peut ajouter, de plus, que lorsque l'imâm ach-Châfi'î dit cela, c'est pour se distinguer des autres savants. Cela veut dire : le hadith sahîh ahad est chez moi l'argument privilégié, et, contrairement à mon professeur Mâlik par exemple, je ne le délaisse pas quand il contredit la pratique des tâbi'ûn de Médine, ou le qiyâs basé sur un texte mieux attesté.

  4. #4

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    Citation Envoyé par talib abdALLAH Voir le message

    Suivre une école juridique ne veut pas dire que l'on suit une voie avec une vision figé, les savants de telle ou telle école de jurisprudence se réunissent ensemble pour apporter des réponses à des questions contemporaines.



    Ce que vous dites est correct, bien entendu, mais il faut quand même savoir que beaucoup des questions que l'on s'imagine être purement contemporaines ont déjà été traitées depuis des siècles. En particulier sur les questions financières, les chapitres sur les buyû‘ dans les livres de fiqh sont extrêmement détaillés et couvrent pour ainsi dire tous les cas pouvant survenir.


    Quant à celles qui n'ont pas été traitées, l'école malékite fait une distinction entre l'ijtihâd et le qiyâs. Même en l'absence de mujtahid, tout muftî peut pratiquer le qiyâs à partir des avis déjà existants dans l'école pour répondre aux questions non traitées. Cela est mentionné dans les commentaires de Marâqî as-Su'ûd.


    J'ignore quelle est la terminologie employée par les autres écoles et les conditions qu'elles mettent à une telle chose. En tout cas dans l'école malékite les choses sont claires : la condition pour être habilité au qiyâs, bien moins exigeante que ce qu'il faut pour l'ijtihâd, c'est simplement d'être muftî.
    Dernière modification par Labbayk373 ; 24/09/2019 à 18h48.

  5. #5
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    Citation Envoyé par Labbayk373 Voir le message


    On peut ajouter, de plus, que lorsque l'imâm ach-Châfi'î dit cela, c'est pour se distinguer des autres savants. Cela veut dire : le hadith sahîh ahad est chez moi l'argument privilégié, et, contrairement à mon professeur Mâlik par exemple, je ne le délaisse pas quand il contredit la pratique des tâbi'ûn de Médine, ou le qiyâs basé sur un texte mieux attesté.
    Wa `alaykum as-salam wa rahmatullahi wa barakatuh

    Oui, les savants restent sur la methodologie, les fondements de leurs écoles respectives, en matière d'usul-al-fiqh.

  6. #6
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    Citation Envoyé par Labbayk373 Voir le message


    Ce que vous dites est correct, bien entendu, mais il faut quand même savoir que beaucoup des questions que l'on s'imagine être purement contemporaines ont déjà été traitées depuis des siècles. En particulier sur les questions financières, les chapitres sur les buyû‘ dans les livres de fiqh sont extrêmement détaillés et couvrent pour ainsi dire tous les cas pouvant survenir.
    Tout à fait, certains musulmans ou d'autres, ayant une approche "orientaliste", universitaire (pas tous), coupés des instituts islamiques millénaires, de leurs savants, et du patrimoine juridique sont tout à fait ignorant de ces choses que vous avez cités, où l'on croit qu'il y a un retard chez les musulmans concernants certaines questions qui ont été déja traités.


    Quant à celles qui n'ont pas été traitées, l'école malékite fait une distinction entre l'ijtihâd et le qiyâs. Même en l'absence de mujtahid, tout muftî peut pratiquer le qiyâs à partir des avis déjà existants dans l'école pour répondre aux questions non traitées. Cela est mentionné dans les commentaires de Marâqî as-Su'ûd.


    J'ignore quelle est la terminologie employée par les autres écoles et les conditions qu'elles mettent à une telle chose. En tout cas dans l'école malékite les choses sont claires : la condition pour être habilité au qiyâs, bien moins exigeante que ce qu'il faut pour l'ijtihâd, c'est simplement d'être muftî.
    BarakAllahu fik chèr frère pour ces enseignements, il faut distinguer entre ijtihad et qiyas chez les malikites.


    Pour compléter ce post :

    - Conférence : Évolution scientifique contemporaine du droit musulman - Dr. Mohyedine Hajjar


    Aussi une citation d'un article du Cheikh Abû Zakariyya al-Hussaynî (Qu'Allah le préserve) sur les différents niveaux des mujtahidun :


    Niveaux scientifiques des savants




    L’ijtihād est défini comme étant : « Épuiser l’effort d’un juriste pour déduire un statut légal à partir du texte ». L’accès à l’ijtihâd dépend des sciences techniques le permettant au savant en question comme la langue arabe, la science de hadith, les sciences du Coran …


    Les niveaux d’ijtihâd sont hiérarchisés comme suit en les appliquant sur l’école shafiite :




    1- Mujtahid Mustaqill : Celui qui atteint le degré d’ijtihâd dans toutes les disciplines juridiques et a établi Ses Propres fondements juridiques (usul) et déduit les ahkâm (statuts légaux) à partir des textes légaux (Coran et Sunna).




    2- Mujtahid Mutlaq ou Muntasib : Celui qui atteint le degré d’ijtihâd dans toutes les disciplines juridiques mais s’affilie aux fondements établis par un Mujtahid Mustaqill. Ce Mujtahid ajoute et complète les fondements de son imam. Il se peut qu’il contredit l’imam dans ses avis juridiques comme résultat de son propre ijtihâd et ce dernier type d’avis est nommé (ikhtiyârâte/ikhtiyâr). Leurs avis dans les sujes non tranchés par l’imam sont considérés des Wujûh dans l’école. Exemple : al-Muzanî ; al-Qaffâl ash-Shâshî ; Taqiyy ad-Dîn as-Subqî (qui est le dernier dans l’école shafiite).




    3- Mujtahid Muqayyad ou Mujtahid de Takhrīj : Celui qui imite l’imam dans ses avis juridiques et applique l’ijtihâd dans les sujets non étudié par l’imam. Son rôle se caractérise par l’établissement des preuves pour les avis juridiques non étudiés par l’imam selon les fondements de l’imam. Ils sont nommés ashâb al-Wujûh car ils sont la majorité des mujtahidîn dans l’école qui ont élaboré la structuration juridique de l’école et les statuts légaux non tranchés par l’imam. Exemple : Abû Ishâq ash–Shîrâzî, al-Marûdhî.




    4- Mujtahid de Tarjīḥ ou Mujtahid de fatwā : Celui qui évalue entre les avis des mujtahidîn de son école sans appliqué un ijtihâd direct dans le Coran et la Sunna. Certains comprennent ce rang de manière erronée en pensant qu’il s’agit d’un tarjîh entre les avis des écoles juridiques tandis qu’il s’agit d’un tarjîh entre les avis juridiques au sein d’une seule école. Exemple : Ar-Râfi’î et An-Nawawî.




    5- Mémorisateur des avis juridiques : Celui qui mémorise les fondements de l’imam et les avis des ashâb al-Wujûh dans son école avec leurs arguments sans qu’il jouit de la capacité d’appliquer l’ijtihâd tout seul. Exemple : As-Suyûtî ; Ibn Hajar al-Haytamî.




    De nos jours, les savants spécialistes des écoles sont du cinquième niveau scientifique et ils se peut dans les cas de besoin appliqué des ijtihâd selon les fondements de l’école (ta’sîl des nouveaux sujets juridiques) ou des ijtihâd de fatwâ (sélection des avis non adoptés mais qui sont plus adéquats aux faits juridiques).




    Quant à ceux qui réclament l’ijtihâd absolu, ils sont en général dépourvue de méthodologie juridique pertinente et des fondements juridiques. Ils emploient le fondement une fois et le délaissent d’autres fois. Parmi ces prétendants, on trouve Sayyid Sâbiq qui – dans son ouvrage » Fiqh as-Sunna » (dont le nom témoigne une intention d’ijtihâd indépendant) – a confirmé de manière abondante que l’avis des compagnons n’est pas une preuve juridique mais il l’a utilisé en tant que tel dans vingt deux sujets juridiques. J’en passe de l’ensemble des réformistes dont l’internet regorge de leurs fatâwâ remplie de contradiction interne au niveau de leurs fondements.




    Wallah a’lam




    Dernière modification par talib abdALLAH ; 25/09/2019 à 16h18.

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