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Discussion: Attentat raté de l'Eglise Notre-Dame : Procès de femmes partisantes de DAESH, réseaux sociaux et parcours personnels - 23/10/2019

  1. #1
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    Par défaut Attentat raté de l'Eglise Notre-Dame : Procès de femmes partisantes de DAESH, réseaux sociaux et parcours personnels - 23/10/2019

    As-salam `alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh

    Le 23/09/2019 débutait le procès de femmes musulmanes partisanes de DAESH concernant l'attentat ratée près de l'Eglise de Notre Dâme :





    Dernière modification par talib abdALLAH ; 09/10/2019 à 17h18.

  2. #2
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    Attentat raté de Notre-Dame : l'une des affaires les plus atypiques de l'antiterrorisme français






  3. #3
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    Soure : Le Parisien


    Au procès de l’attentat raté de Notre-Dame : Sarah, la promise des djihadistes


    Sarah Hervouët avait poignardé un fonctionnaire de police lors de l’interpellation du «commando des bonbonnes». Elle était entendue ce jeudi par la cour d’assises spéciale de Paris.


    Sarah Hervouet a poignardé un policier à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), 4 jours après l’attentat raté aux bonbonnes. DR


    Par Louise ColcombetLe 3 octobre 2019 à 22h00

    « Sur mon front il y a écrit bonbonnes de gaz, mais moi, je n'ai rien à voir avec ça! » Vêtue d'une grande chemise blanche, cheveux relevés et nattés, Sarah Hervouët a longuement été entendue ce jeudi par la cour d'assises spéciale de Paris, qui juge depuis le 23 septembre un commando de femmes terroristes pour deux attentats ratés en septembre 2016.

    La jeune femme de 26 ans est suspectée d'avoir rejoint deux autres accusées, Inès Madani et Amel Sakaou, pour un second projet après l'échec de l'attaque à la voiture piégée remplie de bonbonnes de gaz retrouvée le 4 septembre au matin près de Notre-Dame de Paris. Des faits dans lesquels elle n'est pas impliquée, a-t-elle rappelé.

    Elle a en revanche poignardé un policier à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), quatre jours plus tard – des faits qu'elle « assume » tout en insistant sur sa volonté initiale de mourir en martyr. Des lettres d'adieux à ses proches et d'allégeance à l'Etat islamique (EI) avaient notamment été retrouvées chez elle.




    «J'avais besoin d'un socle, d'une bonne hygiène de vie»


    Avec aisance, d'une voix douce et d'une spontanéité parfois quasi enfantine, la jeune femme est revenue sur son douloureux parcours de vie qui l'a conduite à se convertir à l'islam. « J'avais besoin d'un socle, d'une bonne hygiène de vie. À travers la religion, je me suis bien retrouvée », raconte-t-elle.

    Mais aux conseils de ses amies de la mosquée, elle préfère vite ceux de ses contacts sur les réseaux sociaux, beaucoup plus radicaux. Sensible à la détresse des populations civiles en Syrie, elle tente une première fois d'y émigrer, mais se fait arrêter in extremis, sa mère ayant donné l'alerte. « Je voulais aider, avec mes moyens, bien sûr, je ne suis qu'une femme… et puis émigrer dans un pays musulman. La hijra, c'est obligatoire ». « Si c'était si obligatoire, il n'y aurait plus beaucoup de musulmans en France », lui fait remarquer le président de la cour d'assises. « Oui, c'est vrai ! » reconnaît-elle, d'un petit rire gracieux.

    À l'époque, elle a le projet d'épouser sur place un combattant qui l'a séduite via Internet. On est alors en mars 2015, deux mois après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hypercacher. « Ce n'est pas une période innocente… » souligne le président. « Ça peut vous sembler ridicule, mais j'étais amoureuse de lui, je voulais juste le rejoindre, fonder une famille. Il m'avait promis beaucoup de choses », dit-elle, sincère.




    Les policiers de Magnanville, le père Hamel...


    Un autre projet de mariage échouera avec un homme vivant à Nice (Alpes-Maritimes), puis avec Larossi Abballa, juste avant que celui-ci n'assassine un couple de policiers à Magnanville (Yvelines), en juin 2016. Il sera aussi question qu'elle devienne la seconde épouse d'Adel Kermiche, mais assure avoir coupé court. « On était jeunes, ses projets n'étaient pas concrets… » explique-t-elle.


    Quelques semaines plus tard, cet homme sera abattu après avoir égorgé un prêtre, le père Hamel, à Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet 2016. Au moment de son arrestation, elle était enfin fiancée à Mohamed Aberouz, également mis en examen dans l'affaire de Magnanville… « J'aimerais dire que ce n'est pas de chance, mais ce serait trop simple, convient-elle. On avait des points communs. Après, je n'ai jamais su qu'ils allaient faire des attentats. »




    Marie-Antoinette comme pseudo sur les réseaux


    C'est tout début septembre, quelques jours à peine avant les faits, qu'elle affirme avoir discuté pour la première fois avec Rachid Kassim par messagerie cryptée. Inspirateur des attentats de Magnanville et Saint-Etienne-du-Rouvray – des attentats qui l'ont « choquée », assure-t-elle – c'est aussi lui qui, depuis la Syrie, aurait téléguidé et mis en contact les femmes du commando.


    Présumé mort, il est tout de même jugé en son absence dans ce procès. « Je lui ai demandé ce que je pouvais faire pour aider la communauté. Il m'a parlé de djihad, je lui ai dit que les femmes n'avaient pas le droit de combattre. Mais il m'a envoyé des textes et m'a persuadée du contraire… Je l'ai prévenu que les égorgements, c'était pas mon truc », poursuit celle qui conversait alors sous le pseudonyme de Marie-Antoinette. « Ça ne s'invente pas… » souffle le président.

    « Je lui ai demandé, reprend Hervouët, ce qui était le plus simple pour mourir en martyr. Il m'a fait des propositions. » Parmi elles, prendre en otage le maire de Cogolin (Var), commune où elle réside, créer un mouvement de panique et se faire tirer dessus par la police.



    «Je n'étais pas là pour cueillir des pâquerettes»


    C'est pour « faire un repérage », et non armée, insiste-t-elle, qu'elle se rend le 5 septembre en mairie et y croise l'élu. « Je suis rentrée chez moi et j'ai vomi. J'étais incapable de faire ça. » Elle s'en ouvre à Kassim, qui lui enjoint de poursuivre dans cette voie, et l'oriente vers Boussy-Saint-Antoine où elle retrouve Madani et Sakaou le 8 septembre. Méfiantes, celles-ci la malmènent et brisent son téléphone.

    Dans l'appartement, elle les entend parler de « synagogue », les voit préparer des cocktails Molotov, sans savoir, dit-elle, dans quoi elle s'embarque. « J'ai quand même fait 1000 km pour rejoindre des gens que je ne connaissais pas. Je n'étais pas là pour cueillir des pâquerettes, poursuit-elle, toujours aussi nature. J'étais consciente qu'il allait se passer quelque chose mais il n'y avait pas de projet concret. »

    En fin d'après-midi, prévenu par la fille d'Amel Sakaou que de nombreux policiers se trouvent sur la commune, le trio quitte l'appartement en catastrophe et s'égaye sur le parking, armé de couteaux. Elles avisent un homme dans une camionnette blanche. « Amel m'a tendu un couteau, elles m'ont dit, vas-y tu t'occupes de lui ». Elle l'ignore encore, mais il s'agit d'un policier en « planque ». Sarah Hervouët, qui assure avoir voulu voler le véhicule, le poignarde dans l'épaule. Le fonctionnaire, partie civile, a expliqué mardi à la cour que seul un mouvement de recul de sa part avait évité que la lame n'atteigne son cou.

    « Pourquoi lui porter un coup de couteau ? » interroge le président, sceptique. « C'est vrai que j'aurais pu juste lui faire peur. J'ai pas de formation en vol de voiture », sourit-elle, désarmante. « Moi non plus », rétorque le président. « J'avais passé une journée hard-core… à ce moment-là, mon cerveau était sur off » « Mais si vous vouliez mourir en martyr, vous en aviez l'occasion puisqu'il a sorti son arme… Pourquoi prendre la fuite ? » « Un moment de lucidité, l'instinct de survie, j'imagine », suggère l'accusée, sans convaincre l'Avocate générale.




    Fiancée en prison... avec un ancien combattant de l'EI


    « Vous connaissez beaucoup de morts en martyr revendiquées par l'Etat islamique qui n'ont pas causé d'autre décès que celle de son auteur ? » Silence. La magistrate enchaîne, rappelant que la jeune femme, décrite par tous ses proches comme « très influençable », s'est à nouveau fiancée en prison… avec un ancien combattant sympathisant de l'EI, lui-même condamné à huit ans de prison.

    « C'est lui qui m'a écrit, il m'a dit qu'il serait là pour me soutenir. Le fait que quelqu'un s'intéresse à moi, ça m'a fait vraiment beaucoup de bien », justifie Hervouët. « Qu'est-ce qui garantit que vous êtes dans une démarche de changement ? Est-ce que fréquenter cet homme ne pourrait pas à nouveau vous faire replonger dans cette idéologie ? » « Non, non, on n'a pas cet état d'esprit lui et moi, pas du tout, lâche encore l'accusée, qui encourt la perpétuité, d'un sourire rêveur. A la sortie, j'aimerais avoir une vie normale, des enfants, une maison… ». Le verdict est attendu le 15 octobre.





  4. #4
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    Source : Le Parisien


    Attentat raté de Notre-Dame : l’enfance perturbée des «sœurs» du djihad


    La Cour s’est penchée sur l’enfance des jeunes femmes radicalisées qui avaient voulu faire exploser une voiture piégée près de la cathédrale en 2016.




    Inès Madani, Ornella Gilligmann et Sarah Hervouët ont comparu devant la cour d’assises spéciale de Paris ce lundi. AFP/Benoît

    Peyrucq



    Par Louise ColcombetLe 23 septembre 2019 à 22h36

    Elles ont un air de poupées sages et d'élèves appliquées un jour de rentrée scolaire. Alignées dans le box de la cour d'assises spéciale de Paris, toute leur attention est tournée vers les magistrats qui les jugent depuis lundi pour avoir voulu faire exploser une voiture piégée près de Notre-Dame, puis avoir projeté une attaque au couteau en septembre 2016. Un procès atypique, le premier d'un commando de femmes terroristes, que les circonstances et la volonté d'un homme, Rachid Kassim, propagandiste de l'Etat islamique (EI) et marionnettiste en chef dans ce dossier, avaient réunies dans l'action violente.


    C'est pourtant loin d'être le seul fil tendu entre Inès Madani, 22 ans aujourd'hui, Ornella Gilligmann, 32 ans, et Sarah Hervouët, 26 ans, ces « sœurs » du djihad qui ne s'étaient jamais rencontrées mais dont les parcours font écho les uns aux autres. Seule Amel Sakaou, par son refus de coopérer avec la justice et de comparaître au procès, a choisi de garder sa part d'ombre et de mystère.




    Ballottée de foyers en foyers


    Parcours scolaires contrariés, questionnements identitaires, rapport problématique au corps, violences sexuelles… Toutes partagent également cette conversion subite et solitaire à l'islam radical, que rien dans leur milieu d'origine ne laissait augurer. Inès Madani n'a-t-elle pas été élevée dans un islam « du commun des mortels, limité aux fêtes religieuses », rapporte l'enquêteur de personnalité ? Sarah Hervouët, née à Lisieux (Calvados) dans une famille catholique non-pratiquante trouvera dans cette conversion une « stabilité sur tous les points », un propos qui apparaît également chez Ornella Gilligmann.

    Ballottée de foyers en foyers après la séparation de ses parents, la jeune femme voit défiler les beaux-pères, la plupart alcooliques. Elle les trouve pourtant « gentils », en comparaison, imagine-t-on, d'une mère qui la met plusieurs fois à la porte alors qu'elle est mineure, se montre caractérielle et « à l'ouest », selon les professeurs d'Ornella.


    Enfant, son attitude hypersexualisée les laisse d'ailleurs perplexes, un mal-être qui se traduira ensuite par un surpoids et l'entrée dans la petite délinquance. Comme Ornella, que sa mère expédie faire une cure d'amaigrissement à l'âge de 14 ans, Inès Madani est brocardée par la sienne sur son poids. Elle la tire régulièrement de son lit pour lui l'envoyer faire du sport et maigrir. « À cette époque Inès vit mal son orientation scolaire subie, mais ce que sa mère lui dit, en substance c'est : "Tais-toi et cours"», analyse l'enquêteur de personnalité.




    Des pères absents


    Mais c'est l'absence du père et la quête identitaire qui apparaissent comme les tourments majeurs de deux des accusées. Auprès de l'enquêteur de personnalité, Sarah Hervouët ne s'appesantira ni sur le viol imposé par son petit ami à l'âge de 15 ans, ni sur l'anorexie dont elle a longtemps souffert. Son vrai chagrin, c'est celui de ce double abandon : celui de son père biologique qu'elle n'a découvert qu'à 17 ans et qui coupera les ponts après lui avoir présenté toute sa famille - une « descente aux enfers », racontent ses proches.

    C'est aussi celui de ce père installé en Afrique, qui l'a reconnue à la naissance et qui lui aussi finira par se séparer de sa mère… Ornella Gilligmann, elle, n'a même jamais rien su de son géniteur, sa mère s'étant toujours opposée à lui en révéler quoi que ce soit. Un silence qui a nourri toute sa vie un profond ressentiment envers sa mère, a-t-elle compris devant l'enquêtrice de personnalité, le formulant ainsi : « Le père, c'est le truc, au fond ».

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