Affichage des résultats 1 à 7 sur 7

Discussion: Catholicisme : distinction, mais non séparation, du spirituel et du temporel

  1. #1

    Date d'inscription
    septembre 2019
    Localisation
    France
    Messages
    93

    Par défaut Catholicisme : distinction, mais non séparation, du spirituel et du temporel



    Le catholicisme traditionnel, contrairement à ce d'aucuns voudraient nous faire croire, condamne toute séparation du spirituel et du temporel. S'il est indéniable qu'à la différence de ce qui existe dans le judaïsme ou l'islam, les deux dimensions sont distinguées, il n'en demeure pas moins que les tenants du pouvoir civil sont subordonnés à l'autorité religieuse et doivent œuvrer dans le sens du salut des âmes.

    Il est vrai qu'en tant que musulmans, la préservation de la doctrine catholique, qui était déjà viciée depuis des siècles, nous importe peu. Mais après son dévoiement initial, elle était restée grosso modo la même pendant plus d'un millénaire. Qu'elle ait opéré un virage à 180 degrés en quelques années à peine doit à tout le moins nous faire réfléchir, car les mêmes forces pernicieuses qui l'ont dénaturée sont désormais à l'œuvre pour nous faire subir le même sort.

    Il est également certain qu'en tant que musulmans, côtoyer des catholiques œcuménisés et dépolitisés est au quotidien chose plus facile que les « doux » dingues qui, lors de la prise de Jérusalem, s'amusaient, comme le rapporte l'Encyclopedia Britannica, à saisir les bébés musulmans par les pieds pour les balancer contre les murs.

    Mais il ne faut pas s'y tromper. L'ennemi aujourd'hui a changé, il est plus sournois, et si ses agissements sont moins frontaux, leurs effets sont bien plus délétères : destruction de la famille, affaissement de la morale, promotion du laid et du vice, et, in fine, déshumanisation de l'être humain.

    Rien de tout cela n'aurait pu arriver si le catholicisme n'avait pas été désarmé par une série d'événements commençant par la Renaissance et la Réforme, et dont le point culminant a été le Concile de Vatican 2, lequel n'aurait jamais été possible s'il n'avait été précédé de la chute des monarchies française et autrichienne. Ce n'est pas une simple vue de l'esprit : en 1903, bien avant les sinistres Jean XXIII et Paul VI, le cardinal franc-maçon Mariano Rampolla aurait été élu pape si l'empereur d'Autriche François-Joseph n'avait usé de son droit d'exclusive pour l'exclure des candidats.

    Les infiltrations au sein de l'Église sont bien documentées et ont fait l'objet de nombreuses publications chez les catholiques traditionalistes et sédévacantistes. Il est jusque sur ce forum de prétendus catholiques qui se réjouissent de la façon dont leur religion a été transformée en un magma informe et en un gloubi-boulga insipide pour le plus grand bénéfice de ses ennemis.

    Mais que leurs idées ont été l'une après l'autre condamnées par les papes d'antan est la conclusion inévitable de toute recherche objective.

    Les textes que je posterai sur ce thread s'inscrivent donc dans quelque chose de beaucoup plus large que le seul sujet dont ils traitent. Ils appelleraient à être complétés par d'autres mettant en lumière tout ce qu'a changé cette révolution en tiare ayant sévi au sein même de l'Église.

  2. #2

    Date d'inscription
    septembre 2019
    Localisation
    France
    Messages
    93

    Par défaut

    Premier texte :

    Condamnation de la séparation de l’Eglise et de l’Etat

    Je précise d’abord que les papes ont condamné la séparation de l’Eglise et de l’Etat seulement en tant que doctrine et dans son application aux nations à majorité catholique. Evidemment on ne condamne pas la tolérance éventuelle d’autres cultes dans une cité par ailleurs catholique, ni à plus forte raison le fait de la pluralité des cultes qui existe en de nombreux pays étrangers à ce qu’on appelait naguère la chrétienté.
    Ceci étant précisé, j’affirme avec les papes que c’est une impiété et une erreur proche de l’hérésie, que de prétendre que l’Etat doit être séparé de l’Eglise, et l’Eglise de l’Etat. L’esprit de foi d’un saint Pie X, sa théologie profonde, son zèle pastoral, s’élèvent avec force contre l’entreprise laïcisante de la séparation de l’Eglise et de l’État en France. Voici ce qu’il déclare dans son encyclique Vehementer nos, du 11 février 1906, que je vous invite à méditer :

    "Qu’il faille séparer l’État de l’Église, c’est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur.
    Basée en effet sur ce principe que l’État ne doit reconnaître aucun culte religieux, elle est tout d’abord très gravement injurieuse pour Dieu ; car le Créateur de l’homme est aussi le Fondateur des sociétés humaines, et il les conserve dans l’existence comme il nous y soutient. Nous lui devons donc non seulement un culte privé, mais un culte public et social pour l’honorer.
    En outre, cette thèse est la négation très claire de l’ordre surnaturel. Elle limite en effet l’action de l’État à la seule poursuite de la prospérité publique durant cette vie, qui n’est que la raison prochaine des sociétés publiques ; et elle ne s’occupe en aucune façon, comme lui étant étrangère, de leur raison dernière, qui est la béatitude éternelle proposée à l’homme quand cette vie si courte aura pris fin. Et pourtant l’ordre présent des choses, qui se déroule dans le temps, se trouvant subordonné à la conquête de ce bien suprême et absolu, non seulement le pouvoir civil ne doit pas faire obstacle à cette conquête, mais il doit encore nous y aider.
    Cette thèse bouleverse également l’ordre très sagement établi par Dieu dans le monde, ordre qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés. Ces deux sociétés, la société religieuse et la société civile, ont en effet les mêmes sujets, quoique chacune d’elle exerce dans sa sphère propre son autorité sur eux. Il en résulte forcément qu’il y aura bien des matières dont la connaissance et le jugement sera du ressort de l’une et l’autre. Or, qu’entre l’Etat et l’Eglise l’accord vienne à disparaître, et de ces matières communes pulluleront facilement les germes de différends, qui deviendront très aigus des deux côtés ; la notion du vrai en sera troublée et les âmes remplies d’une grande anxiété.
    Enfin, cette thèse inflige de graves dommages à la société civile elle-même, car elle ne peut pas prospérer ni durer longtemps lorsqu’on n’y fait point sa place à la religion, qui est pour l’homme une règle suprême et souveraine maîtresse pour protéger inviolablement ses droits et ses devoirs" .

    Continuité remarquable de cette doctrine

    Et le saint pape s’appuie ensuite sur l’enseignement de son prédécesseur Léon XIII dont il cite le passage suivant, montrant par la continuité de la doctrine l’autorité qu’elle revêt :

    "Aussi, les Pontifes romains n’ont-ils pas cessé, suivant les circonstances et selon les temps, de réfuter et de condamner la doctrine de la séparation de l’Église et de l’État. Notre illustre Prédécesseur Léon XIII, notamment, a plusieurs fois et magnifiquement exposé ce que devraient être, suivant la doctrine catholique, les rapports entre les deux sociétés" .

    Suit le passage d’Immortale Dei que je vous ai cité au chapitre précédent, et encore cette citation :

    " Les sociétés humaines ne peuvent pas, sans devenir criminelles, se conduire comme si Dieu n’existait pas ou refuser de se préoccuper de la religion comme si elle leur était chose étrangère ou qui ne leur pût servir en rien… Quant à l’Eglise, qui a Dieu lui-même pour auteur, l’exclure de la vie active de la nation, des lois, de l’éducation de la jeunesse, de la société domestique, c’est commettre une grande et pernicieuse erreur"(1).

    Il n’y a qu’à relire encore ce passage d’Immortale Dei pour constater que Léon XIII à son tour affirme qu’il ne fait que reprendre la doctrine de ses prédécesseurs :

    " Ces doctrines, que la raison humaine réprouve et qui ont une influence si considérable sur la marche des choses publiques, les Pontifes romains, Nos prédécesseurs, dans la pleine conscience de ce que réclamait d’eux la Charge Apostolique, n’ont jamais souffert qu’elles fussent impunément émises. Ainsi que, dans sa Lettre encyclique Mirari vos, du 15 août 1832, Grégoire XVI, (…) au sujet de la séparation de l’Église et de l’État, s’exprime en ces termes " Nous ne pouvons pas attendre pour l’Église et l’État des résultats meilleurs des tendances de ceux qui prétendent séparer l’Église de l’État et rompre la concorde mutuelle entre le sacerdoce et l’empire. C’est qu’en effet les fauteurs d’une liberté effrénée redoutent cette concorde, qui a toujours été si favorable et salutaire aux intérêts religieux et civils
    De la même manière Pie IX, chaque fois que l’occasion s’en présenta, a condamné les fausses opinions les plus en vogue, et ensuite il en fit faire un recueil(2), afin que dans un tel déluge d’erreurs, les catholiques eussent une direction sûre"(3).

    Je conclus qu’une telle doctrine qui enseigne l’union qui doit exister entre l’Église et l’État et condamne l’erreur opposée de la séparation, revêt, par sa continuité parfaite chez quatre papes successifs de 1832 à 1906, et par la déclaration solennelle qu’en fait saint Pie X au consistoire du 21 février 1906(4), une autorité maximum, et sans doute même la garantie de l’infaillibilité.
    Comment donc un nonce Marchioni ou un cardinal Colombo en arrivent-ils à nier cette doctrine qui découle de la foi et est probablement infaillible ? Comment un concile œcuménique en est-il arrivé à la mettre de côté, au musée des curiosités archaïques, c’est ce que je vous expliquerai bientôt en vous parlant de la pénétration du libéralisme dans l’Église grâce à un mouvement de pensée délétère, le catholicisme libéral.


    1. Léon XIII, Immortale Dei, cf. PIN. 149.
    2. Le Syllabus, dont la proposition condamnée n. 55 s’énonce ainsi : “ Il faut séparer l’Église de l’État et l’État de l’Église ”.
    3. Immortale Dei, PIN, 151.
    4. PIN. 404-405

    http://laportelatine.org/bibliothequ.../decour_jc.php

  3. #3

    Date d'inscription
    septembre 2019
    Localisation
    France
    Messages
    93

    Par défaut

    Deuxième texte :

    La royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ n’est donc pas une doctrine nouvelle et elle repose sur les paroles mêmes de Notre Seigneur : dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus témoigne à Pilate : « je suis Roi ». Mais il existe une autre parole très importante de Notre Seigneur, qu’il a dite à ses apôtres avant de les envoyer prêcher et baptiser : « toute puissance m’a été donnée dans le Ciel et sur la terre ». Cette affirmation, c’est l’affirmation de sa domination sur toute chose : Notre Seigneur est Roi et sa Royauté est universelle.

    En fait nous devons préciser : la Royauté de Notre Seigneur est double, elle s’exerce de deux façons différentes, toujours par l’intermédiaire de l’Eglise, mais de façon différente. Cette distinction repose aussi sur une parole de Notre Seigneur : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Cette parole n’est aucunement une abdication de la domination de Notre Seigneur sur les choses temporelles. Le pape Benoît XVI avait écrit dans son encyclique Deus Caritas est (25 décembre 2005) :

    « la distinction entre ce qui est à César et ce qui est à Dieu, à savoir la distinction entre État et Église ou, comme le dit le Concile Vatican II, l’autonomie des réalités terrestres, appartient à la structure fondamentale du christianisme. »

    Or cela est faux, bien chers fidèles. Il n’y a pas autonomie des réalités terrestres et cela n’appartient aucunement à la structure fondamentale du christianisme. Au contraire, toute puissance a été donnée à Notre Seigneur au Ciel et sur la terre ; mais il est vrai que cette puissance Notre Seigneur l’exerce différemment.

    C’est la doctrine des deux glaives, si bien exprimée par le pape Boniface VIII, dans la Bulle Unam Sanctam du 18 novembre 1302 :

    « les paroles de l’Evangile nous l’enseignent ; dans l’Eglise et en son pouvoir, il y a deux glaives, le spirituel et le temporel. Les deux sont au pouvoir de l’Eglise, le glaive spirituel et le glaive temporel. Cependant, l’un doit être manié pour l’Eglise, l’autre par l’Eglise. L’autre par la main du prêtre, l’un par la main du roi et du soldat, mais au consentement et au gré du prêtre. Il convient que l’autorité temporelle soit soumise au pouvoir spirituel ».

    Cela fut rappelé dans le Syllabus de Pie IX (8 décembre 1864).

    Cette doctrine est donc irréprochable mais l’homme a de tout temps voulu s’en libérer, aussi bien de la royauté spirituelle ou intérieure, que de la royauté temporelle ou sociale.

    https://laportelatine.org/bibliotheq...and_151025.php

  4. #4
    Avatar de maki
    Date d'inscription
    novembre 2017
    Localisation
    Eure - France
    Messages
    1 560

    Par défaut

    Salam Labbayk

    Vous devriez vous (re)convertir au christianisme et aller vous affilier à une communauté Saint Pie X, Lefebvrienne, ou autre intégriste.
    Mais je vous préviens, elles sont quasiment toutes schismatiques.
    Si vous voulez, je peux vous passer des adresses, parce que j'ai des amis partout, moi
    Dernière modification par maki ; 29/10/2019 à 22h02.

  5. #5
    Avatar de maki
    Date d'inscription
    novembre 2017
    Localisation
    Eure - France
    Messages
    1 560

    Par défaut

    Au fait, chers lecteurs de ce forum, qu'est-ce que vous diriez si j'allais copier-coller ici des textes wahhabites en disant que ça c'est le vrai islam et que ceux qui ne sont pas d'accord avec sont des musulmans dégénérés ?
    Dernière modification par maki ; 29/10/2019 à 22h10.

  6. #6
    Administrateur Avatar de Ilyes
    Date d'inscription
    septembre 2010
    Localisation
    France
    Messages
    10 042

    Par défaut

    As-salam 'alaykum wa rahmatullah wa barakatuh,

    Citation Envoyé par maki Voir le message
    Au fait, chers lecteurs de ce forum, qu'est-ce que vous diriez si j'allais copier-coller ici des textes wahhabites en disant que ça c'est le vrai islam et que ceux qui ne sont pas d'accord avec sont des musulmans dégénérés ?
    Vu la position de Forumislam effectivement c'est sûr qu'on va s'énerver

    Pour l'instant nous n'avons jamais pensé à avoir un contrôle des idéologies utilisées lorsqu'elles ne concernent pas l'islam, tout bêtement parce que Forumislam est un forum musulman. Maintenant, il est tout à fait possible d'établir un contrôle vis-à-vis des autres religions (dans notre cas le christianisme) en citant à chaque fois le courant précis auquel la source appartient. Il ne s'agira pas de censure (sauf en cas de propagande) mais d'information, d'annotation permettant de garantir une certaine transparence sur ce qui se dit sur le forum.

    Le problème est que, autant pour l'islam il nous est assez facile de reconnaitre une source qui s'écarte des 4 écoles de jurisprudence, autant pour le christianisme nous ne sommes pas du tout experts vis-à-vis des différents courants.
    " Celui qui aime pour Allah, déteste pour Allah, donne par amour pour Allah, et se retient pour Allah, aura complété sa Foi " - Ja'far as-Sâdiq ('alayhi as-salam)

  7. #7
    Avatar de maki
    Date d'inscription
    novembre 2017
    Localisation
    Eure - France
    Messages
    1 560

    Par défaut

    Salam Ilyes,

    Et bien maintenant, grâce à Labbayk, les lecteurs savent ce que n'est pas le catholicisme romain orthodoxe (= conforme à la doctrine) :-)

Liens sociaux

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •