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Discussion: L'ex ministre de l'interieur autrichien dénonce la manipulation covid19 devant le gouvernement

  1. #1
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    Par défaut L'ex ministre de l'interieur autrichien dénonce la manipulation covid19 devant le gouvernement



    Le 22 Avril 2020 devant le gouvernement Autrichien, l'ancien ministre de l'intérieur Herbert Kickl dénonce ouvertement la manipulation par la peur construite sur des prévisions catastrophiques et à l'aide des médias pour instaurer un confinement strict, présenté comme la seule possibilité pour éviter une hécatombe due au Coronavirus. Pourtant la Suède, jugée irresponsable pour ne pas avoir appliqué de confinement n'a eu ni hécatombe, ni destruction de son économie, ni restriction des libertés de ses citoyens. Malgré cela, le discours de la peur se maintient et on ne parle pas de ces alternatives, pourquoi ?



    Ô les croyants! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur[...]

  2. #2
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    As-salam `alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh


    Une des raisons données avec celle du confinement nécéssaire pour empêcher que les hôpitaux arrivent à saturation de leur fonctionnement, est que le Sars-Cov-2 qui est tout nouveau n'est pas encore complètement "compris", il y a alors anticipation de mesures de protection (si on accorde une bonne intention à ceux qui enjoignent celà) par principe de précaution.


    Ci-dessous un article sur le cas Suédois :


    Source: CheckNews.fr, service de journalisme à la demande de Libération


    L’épidémiologiste responsable de la stratégie de non-confinement en Suède estime que la région de Stockholm pourrait atteindre l’immunité collective, qui peut mettre fin à la propagation du virus, dès ce mois de mai.




    Cette question, posée à CheckNews, le service de “journalisme à la demande” de Libération, fait référence à une déclaration du 26 avril de l’ambassadrice de Suède aux Etats-Unis, Karin Ulrika Olofsdotter, qui a indiqué à la radio américaine NPR: «Environ 30% des gens à Stockholm ont atteint un niveau d’immunité. Nous pourrions atteindre l’immunité collective dans la capitale dès le mois prochain.» Alors que l’immunité collective (qui pourrait être atteinte quand deux tiers de la population aura été en contact avec le virus) est souvent présentée comme un des moyens de mettre un terme à l’épidémie, ce résultat est mis en avant par des commentateurs comme un signe que la stratégie suédoise, en rupture avec les mesures de confinement prises par la majorité des pays, pourrait être la bonne.

    L’immunité collective prévue pour fin mai à Stockholm ?

    L’ambassadrice suédoise n’est pas la seule à avoir annoncé cette bonne nouvelle. Au plus haut niveau en Suède, l’épidémiologiste d’Etat Anders Tegnell, qui décide de la stratégie d’exception du royaume, suivie par le gouvernement, a assuré le 28 avril au média américain USA Today: «Nous pourrions parvenir à une immunité collective à Stockholm en quelques semaines.» «Nous pensons que jusqu’à 25 % des habitants de Stockholm ont été exposés au coronavirus et sont peut-être immunisés. Une enquête récente menée dans un de nos hôpitaux à Stockholm a révélé que 27 % du personnel y est immunisé, assure l’épidémiologiste en chef de l’Agence suédoise de santé publique. Nous pensons que la plupart d’entre eux sont immunisés grâce à la transmission dans la société, et non pas sur le lieu de travail.» Des données issues d’une modélisation calculée l’Agence suédoise de santé publique, qui note dans un rapport remis le 21 avril que «26% de la population du comté de Stockholm aura été infectée par le covid-19 d’ici le 1er mai 2020» et d’une étude de dépistage d’anticorps du Covid-19 qui est actuellement menée à l’hôpital Danderyd, situé dans le nord du Grand Stockholm et dont la presse a présenté les premiers résultats à partir du 27 avril.

    Parmi un échantillon de 527 employés de l’hôpital, environ un cinquième présente des anticorps contre le Covid-19.



    La prévision d’une immunité collective atteinte dès le mois de mai est également soutenue par Johan Giesecke, ancien épidémiologiste d’Etat de Suède de 1995 à 2005, qui dans un live en anglais, diffusé le 29 avril par le think tank londonien Chatham House, estime : «Nous pensons que nous devrions atteindre ce niveau d’ici la fin du mois de mai» pour la région de Stockholm, «le reste du pays a un peu de retard». Tom Britton, professeur de mathématiques à l’Université de Stockholm et spécialiste en modélisation des maladies infectieuses, est aussi arrivé dès la mi-avril à la même prédiction d’une immunité collective à Stockholm à la fin du mois. Il estime que dans les pays voisins, qui ont appliqué des mesures de confinement, la part de la population infectée ne sera alors que d’environ 20 %. En France, une étude de l’Institut Pasteur est parvenue récemment à un résultat largement inférieur, estimant qu’à la date du 11 mai, moins de 6 % de la population française aura été en contact avec le virus, ce taux variant fortement selon les régions.



    Refus du confinement strict


    Contrairement à la majorité des pays touchés par le coronavirus, le gouvernement suédois, en conformité avec la tradition de respect des libertés individuelles du pays, n’a pas fait le choix du confinement, mais a opté pour une stratégie qui consiste principalement à faire confiance à ses habitants pour qu’ils respectent des recommandations de distanciation sociale (rester à la maison, se laver les mains, faire du télétravail) et à imposer quelques restrictions (interdictions des événements de plus de 50 personnes et des visites dans les maisons de retraite et fermeture des lycées et des universités). Résultat : dans ce pays de 10 millions d’habitants où les restaurants et les bars sont toujours ouverts, l’épidémie a fait 2 769 morts, dont 1 463 dans le comté de Stockholm, la principale région touchée par le coronavirus.



    C’est beaucoup plus que chez ses voisins nordiques qui ont opté pour le confinement (et où le nombre de morts confirmés du Covid-19 se compte en centaines : 493 décès au Danemark, 240 en Finlande et 214 en Norvège) mais c’est moins que dans de nombreux pays européens. Si l’on se fie à la base de données Euromomo, que CheckNews avait présentée, et qui permet de comparer les surmortalités en Europe, la Suède fait partie des huit pays en Europe (sur la vingtaine de pays étudiés) ayant affiché une forte surmortalité sur les dernières semaines et mars et les premières d’avril (même si le pays était à des niveaux inférieurs à ceux observés en France, Belgique, Italie, Pays-Bas, Espagne ou encore Royaume-Uni). Le pays reconnaît une mortalité supérieure à celle de ses voisins, et l’impute pour partie à des échecs dans les centres de soin pour personnes âgées, où le virus a pu se déployer en dépit des recommandations de ne pas faire de visites. «Le taux de mortalité élevé que nous pouvons constater en Suède est très étroitement lié à nos maisons de retraite en Suède. C’est beaucoup moins le cas en Norvège et en Finlande», a expliqué Anders Tegnell au journal The Australian.



    Mais pour son prédécesseur, Johan Giesecke, la comparaison des mortalités à ce stade du développement de l’épidémie n’est pas pertinente, et n’est pas à même de valider (ou d’invalider) la stratégie de lutte contre l’épidémie. Ce qu’il a expliqué dans l’émission Good Morning Britain : «Je pense que nous devrions attendre un an pour comparer les décès dans les différents pays, car les cas qui sont morts en Suède seront semblables à ceux que vous allez avoir lorsque vous lèverez le confinement. Vous aurez alors plus de décès, et au final je pense qu’ils seront à peu près les mêmes dans chaque pays. […] Vous remettez à plus tard ce qui va se passer. […]. Dans un pays occidental démocratique, on ne peut pas faire enfermer les gens pendant dix-huit mois.»



    Si cette stratégie alternative au confinement continue d’être critiquée par certains experts, l’annonce de l’immunité collective qui pourrait être atteinte dès le mois de mai en Suède (alors que de nombreux pays entament leur déconfinement) apparaît, elle, comme une bonne nouvelle. L’immunité collective a souvent été présentée comme le moyen de mettre fin à une épidémie, en l’absence (ou en l’attente) de vaccin. On considère, étant donné les caractéristiques connues du Sars-Cov2, qu’elle serait atteinte lorsque les deux tiers d’une population seraient infectés. En théorie, les habitants qui survivent à la maladie développent des anticorps et sont donc immunisés. N’ayant plus grand monde à contaminer, le virus peine à se propager et disparaît. La Suède aurait donc fait un bout de chemin vers ce stade.

    Une immunité dont on ignore encore la durée

    Si l’immunité collective n’est pas affichée officiellement comme un objectif en Suède, les hypothèses avancées ont été annoncées avec enthousiasme par les autorités de santé. Ces dernières reconnaissent toutefois qu’on manque encore de certitudes sur le sujet. Ainsi l’épidémiologiste d’Etat adjoint, Anders Wallensten, a déclaré début avril que «jusqu’à présent, nous n’avons pas vu de preuve concluante de la durée exacte de l’immunité». Le 24 avril, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ajoutait qu’à ce stade, «aucune étude n’a évalué si les anticorps au Sars-Cov-2 confèrent une immunité contre une nouvelle infection de ce virus chez l’homme», précisant par la suite qu’elle «s’attend à ce que la plupart des personnes infectées par le Covid-19 développent une réponse anticorps qui leur assurera un certain niveau de protection».


    Un avis partagé par Gunilla Karlsson Hedestam, professeure d’immunologie à l’Institut Karolinska de Stockholm, qui pense «qu’il est assez certain qu’on forme des anticorps, mais si vous avez eu une infection légère, les niveaux seront plus faibles, et nous le savons déjà. Si vous avez eu une infection grave qui dure plus longtemps, vous aurez une concentration plus élevée d’anticorps dans notre sang».


    CheckNews a conclu que beaucoup de choses étaient encore à démontrer.


    Source: CheckNews.fr, service de journalisme à la demande de Libération.

  3. #3
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    Le coronavirus fait des ravages dans la communauté immigrée de Suède



    9 mai 2020






    STOCKHOLM –

    Le vol en provenance de l’Italie a été l’une des dernières arrivées ce jour-là à l’aéroport de Stockholm. Un couple suédois d’une cinquantaine d’années s’est approché et a chargé ses skis dans le taxi de Razzak Khalaf.
    C’était début mars et les inquiétudes concernant le coronavirus étaient déjà présentes, mais le couple, tous deux toussant pendant tout le voyage de 45 minutes, a assuré à Khalaf qu’ils étaient en bonne santé et souffraient juste d’un changement de temps. Quatre jours plus tard, l’immigrant irakien est tombé gravement malade avec COVID-19.


    Toujours incapable de retourner au travail, Khalaf fait partie des preuves de plus en plus nombreuses que les membres des communautés immigrées des pays nordiques sont plus durement touchés par la pandémie que la population en général.


    La Suède a adopté une approche relativement douce pour lutter contre le coronavirus, une approche qui a attiré l’attention internationale. Les grands rassemblements ont été interdits mais les restaurants et les écoles pour les jeunes enfants sont restés ouverts. Le gouvernement a encouragé la distanciation sociale et les Suédois se sont largement conformés.


    Le pays a payé un lourd tribut, avec 3 175 décès dus à COVID-19. Cela représente plus de 31 décès pour 100 000 habitants, contre environ 8 pour 100 000 au Danemark voisin, qui a imposé très tôt une interdiction stricte qui n’est que lentement levée.


    Au sein des communautés d’immigrants suédois, des preuves anecdotiques sont apparues au début de l’épidémie, suggérant que certains – en particulier ceux de Somalie et d’Irak – ont été plus durement touchés que d’autres. Le mois dernier, les données de l’Agence suédoise de santé publique ont confirmé que les Suédois somaliens représentaient près de 5% des cas de COVID-19 du pays, mais représentaient moins de 1% de ses 10 millions d’habitants.


    Beaucoup de ces communautés sont plus susceptibles de vivre dans des ménages surpeuplés et multigénérationnels et sont incapables de travailler à distance.


    « Personne ne se soucie des chauffeurs de taxi en Suède », a déclaré Khalaf, qui a été testé positif et admis à l’hôpital lorsque son état s’est détérioré. Malgré des difficultés à respirer, l’homme de 49 ans dit qu’il a été renvoyé chez lui après six heures et a dit que son corps était suffisamment fort pour « se battre ».


    En Finlande, les autorités d’Helsinki ont mis en garde contre une surreprésentation similaire parmi les immigrants somaliens dans la capitale – quelque 200 cas, soit environ 14%, de toutes les infections confirmées. En Norvège, où les immigrants représentent près de 15% de la population générale, ils représentent environ 25% des cas confirmés de coronavirus.

    « Je pense qu’une pandémie comme celle-ci, ou n’importe quelle crise frappera le plus les personnes les plus vulnérables de la société partout dans le monde, et nous le constatons dans de nombreux pays », a déclaré Isabella Lovin, vice-Premier ministre suédoise, dans une interview accordée à The Associated Press.


    Notant que le virus se propageait plus rapidement dans certaines banlieues surpeuplées de Stockholm, Lovin a déclaré que la ville fournissait un logement à court terme à certaines personnes dont les proches étaient vulnérables.


    La Suède, la Norvège et la Finlande ont reconnu les premiers échecs de la sensibilisation communautaire dans les langues minoritaires et cherchent à y remédier. La ville de Jarfalla, à l’extérieur de Stockholm, a demandé à des lycéens de distribuer des brochures en somali, persan, français et autres langues, exhortant les gens à se laver les mains et à rester à la maison en cas de maladie.


    Compte tenu de l’approche relativement discrète de la Suède pour lutter contre le virus, qui repose principalement sur l’éloignement social volontaire, certains craignent que le message n’atteigne pas tout le monde dans les quartiers d’immigrants.


    « Il est important que tous ceux qui vivent ici et qui ont une langue maternelle différente obtiennent les bonnes informations », a déclaré Warda Addallah, une Suédoise somalienne de 17 ans.


    Anders Wallensten, l’épidémiologiste d’État adjoint de la Suède, a déclaré que les responsables ont travaillé plus dur pour communiquer avec ces groupes « pour s’assurer qu’ils ont les connaissances nécessaires pour se protéger et éviter de propager la maladie à d’autres ».


    Mais l’enseignant et activiste communautaire Rashid Musa dit que le problème est bien plus profond.


    « Je souhaite que ce soit aussi simple – que vous deviez simplement traduire quelques articles », a-t-il déclaré. « Nous devons examiner la question la plus fondamentale, qui est la classe, qui est le racisme, qui est le statut social, qui est le revenu. »


    « Les riches ont la possibilité de se mettre en quarantaine, ils peuvent se rendre dans leurs maisons d’été », a expliqué Musa.


    Une recommandation clé du gouvernement pour que les individus travaillent à domicile si possible est plus difficile dans les zones marginalisées où beaucoup ont des emplois dans le secteur des services.


    « Comment un chauffeur de bus ou un chauffeur de taxi peut-il travailler à domicile? » Demanda Musa.


    Des preuves de cette disparité peuvent être trouvées dans les données anonymes agrégées par l’opérateur de téléphonie mobile Telia, qui a fourni à l’autorité suédoise de la santé des informations sur la mobilité de la population. En comparant le nombre de personnes dans une zone tôt le matin avec celles qui se sont rendues dans une autre zone pendant au moins une heure plus tard dans la journée, Telia estime combien vont au travail et combien restent à la maison.


    « Nous voyons certains domaines qui sont peut-être plus riches avec un plus grand nombre de personnes travaillant à domicile », a déclaré Kristofer Agren, responsable de l’analyse des données pour Telia. Les données montrent une différence de 12 points de pourcentage entre Danderyd, l’une des banlieues les plus riches de Stockholm, et Botkryka, l’une avec le pourcentage le plus élevé d’immigrants de première et de deuxième génération.


    « Beaucoup de nos membres ont contracté le coronavirus », a déclaré Akil Zahiri, qui aide à administrer la mosquée à la périphérie de Stockholm. « Mais vous faites de votre mieux. »

    Zahiri a parlé à l’AP alors qu’il était assis seul dans la plus grande mosquée chiite de Suède, coordonnant un appel vidéo avec la congrégation pour prier pour un membre décédé de COVID-19. Le son de la prière crépitait à travers l’ordinateur, brisant le silence dans la salle vide.


    Pendant le Ramadan, le mois où les musulmans jeûnent pendant la journée, la mosquée a annulé tous les événements publics. Zahiri a rappelé à la congrégation de prendre part à la distanciation sociale, les exhortant à rester à la maison pour l’Iftar, la rupture quotidienne du jeûne après le coucher du soleil, et à éviter de partager la nourriture avec des amis.


    ——


    Les rédacteurs de l’Associated Press Jari Tanner à Helsinki, en Finlande, et Mark Lewis à Stavanger, en Norvège, ont contribué.

  4. #4
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    Source : ici.radio-canada.ca

    COVID-19 : confortée par l'OMS, la Suède maintient le cap





    Les Suédois n'ont pas dérogé à leurs habitudes en ce début de printemps, comme on peut le voir ici sur une terrasse de Stockholm.

    Photo : Associated Press / Anders Wiklund









    Ahmed Kouaou
    Publié le 5 mai 2020






    Imperturbables, les autorités suédoises, qui font face à une hausse des cas de coronavirus et du taux de mortalité, maintiennent leur politique de prévention peu contraignante. Leur stratégie, critiquée au pays, vient d’avoir l'appui de l’OMS.



    À contre-courant de ses voisins et de bien d’autres pays du monde, la Suède a gardé ouverts la plupart des écoles, des bars, des restaurants et des entreprises. À l’exception de l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes et de la visite dans les maisons de retraite, le pays a opté principalement pour des mesures volontaires de lutte contre le coronavirus.


    Les Suédois peuvent ainsi vaquer à leurs occupations habituelles, avec cette recommandation des autorités de respecter les règles de distanciation et d’hygiène. Les personnes âgées sont priées de rester chez elles et les travailleurs, encouragés à travailler de chez eux, quand cela est possible.


    En somme, une politique basée principalement sur la responsabilisation citoyenne et qui détonne dans une Europe enfiévrée et confinée, où des mesures strictes, parfois coercitives, ont été prises pour tenter d’aplatir la fameuse courbe.




    Des Suédois ne résistent pas à l'appel du printemps et des cerisiers en fleurs, comme ici au parc Kungstradgarden, à Stockholm.

    Photo : Reuters / TT News Agency





    En date du 4 mai, la Suède, avec ses 10 millions d’habitants, comptait 22 721 cas, dont 2769 décès. Le bilan des pertes humaines est beaucoup plus lourd que celui des pays voisins, comme le Danemark (493), la Norvège (214) et la Finlande (240), qui comptent beaucoup moins d'habitants, mais qui ont tous observé des mesures de prévention strictes.



    Ce bilan est toutefois inférieur à celui de l’Italie (29 079 décès), de la France (24 864) et de l'Espagne (25 264), qui abritent des populations plus importantes et où le confinement a été suivi.


    Vue d’un autre angle, la mortalité est autrement plus importante en Suède que chez ses voisins. Toujours en date du 4 mai, le pays affiche en effet 26 décès par 100 000 habitants, loin de la Norvège (3,9), de la Finlande (4) et du Danemark (8), et plus que les États-Unis (20).


    En Suède comme ailleurs, les statistiques ne font pas toujours l’unanimité, parce qu’elles sont souvent communiquées avec un certain décalage et sont soupçonnées de renfermer des biais. Ce qui, de l’avis de certains spécialistes, fausse le portrait dressé quotidiennement par les autorités.


    S’exprimant dans le journal belge L’Écho, l’épidémiologiste flamande Nele Brusselaers, également enseignante au Karolinska Institut à Stockholm, affirme que le nombre de décès par jour en Suède est d’environ 50 % plus élevé que les chiffres officiels.


    Si on compare avec la Belgique, les chiffres pour l’ensemble du pays ne sont pas trop mauvais. Mais il serait plus honnête de les comparer avec ceux d’un centre urbain similaire à Stockholm, qui compte 1000 décès pour près d’un million d’habitants, soit un taux de mortalité proche de celui de New York, soutient-elle.




    Anders Tegnell, l'épidémiologiste en chef de la Suède, est aussi populaire que crédible au pays.

    Photo : Associated Press / Anders Wiklund



    Des critiques peu audibles

    Plusieurs experts ont tiré la sonnette d’alarme il y a quelques semaines, dénonçant la catastrophe vers laquelle le gouvernement mène le pays, selon eux. Plus récemment, un groupe de 22 scientifiques a publié une lettre d’opinion dans la presse suédoise pour presser le gouvernement de changer de stratégie et de resserrer les mesures de prévention.



    Ces spécialistes reprochent notamment aux décideurs de prôner, sans l’assumer publiquement, une immunité collective, un concept controversé qui, d'après eux, a pour conséquence de sacrifier des milliers de vies humaines.


    Le premier ministre Stefan Lofven balaye d’un revers de la main les critiques dont il est la cible. L'une des raisons pour lesquelles nous avons choisi cette stratégie, et où nous avons soutenu les agences [de santé], est que toutes les mesures doivent être durables dans le temps, argumente-t-il.


    Agir pour le long terme et non sous la pression de l’immédiat. C’est le credo des autorités, porté notamment par l’épidémiologiste en chef Anders Tegnell, qui jouit d’un appui fort de son gouvernement, mais aussi d’une sympathie grandissante dans la population.


    Chercheur devenu bureaucrate qui incarne la riposte gouvernementale à la pandémie, le Dr Tegnell défend bec et ongles une approche fondée sur des mesures durables afin d’éviter un débordement des hôpitaux. Notre système de soins de santé fonctionne toujours, se réjouit-il.


    D’après lui, le fort taux de mortalité vient des centres d’hébergement pour personnes âgées. Quelque 50 % de notre mortalité provient de la population vivant dans des maisons de retraite, dit-il, et il ajoute que la gestion de ces établissements est une discussion qui dure depuis des années. En d'autres termes, l'hécatombe à laquelle on assiste dans ces centres d'hébergement était prévisible.


    Qu’à cela ne tienne, le Dr Tegnell constate, non sans délectation, que beaucoup de stratégies de sortie de crise qui sont discutées en ce moment dans le monde ressemblent beaucoup à ce que la Suède fait déjà. Une manière de dire que son pays avait anticipé cette issue.


    L'appui de l'OMS

    Le temps a-t-il fini par donner raison à la Suède? Il est trop tôt pour le savoir, mais pour le moment, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), par la voix de son directeur des programmes d'urgence Michael Ryan, conforte le modèle suédois.


    Michael Ryan a tenu d’abord à préciser qu’il n'y a pas plus faux que de penser que la Suède n'a pas mis en place de mesures de contrôle et a simplement laissé la maladie se propager.


    Au lieu d’une politique de confinement, le pays a mis en place une politique publique très forte autour de la distanciation sociale, autour de la prise en charge et de la protection des personnes dans les établissements de soins de longue durée, rappelle M. Ryan.


    Ce que [la Suède] a fait différemment, c'est qu'elle s'est beaucoup appuyée sur sa relation avec ses citoyens et sur la capacité et la volonté de ces derniers de mettre en œuvre l'autorégulation, souligne le responsable de l’OMS.

    Si nous voulons parvenir à une nouvelle normalité, la Suède représente un modèle si nous voulons revenir à une société dans laquelle nous n'avons pas de confinement.


    Michael Ryan, le directeur des programmes d'urgence de l'OMS

    Anders Tegnell, l'épidémiologiste en chef de la Suède, est devenu une icône au pays.

    Photo : Getty Images / JONATHAN NACKSTRAND



    La critique est-elle encore possible?

    Ces commentaires favorables de l’OMS viennent s’ajouter à la grande estime dont jouit le Dr Tegnell auprès de la population suédoise. Son cercle d’admirateurs compterait quelque 100 000 personnes, et son visage apparaît maintenant sur des tatouages et des vêtements.


    Cet enthousiasme serait somme toute normal s'il n’était accompagné de ce que certains observateurs désignent comme une tentative de mise au pas des opposants.


    Dans une publication sur le site du Guardian, Gina Gustavsson, professeure à l'Université d'Uppsala, en Suède, évoque entre autres la ridiculisation dont seraient victimes certains des 22 scientifiques qui ont interpellé le gouvernement.


    Lena Einhorn, l'une des 22 critiques, a été interviewée par liaison vidéo depuis son domicile. Elle a abordé des rapports de recherche et des chiffres, mais des chroniqueurs influents ont préféré se moquer de ses cheveux ou de ses rideaux. Sa voix "hystérique" lorsqu'elle décrivait la souffrance des patients atteints de la COVID-19 a également été largement tournée en dérision, écrit-elle.


    Gina Gustavsson pense que la vénération du public pour Tegnell a dépassé de loin la confiance. L’épidémiologiste en chef est devenu une icône, au point où des écrivains connus pour se plaindre de tout signe de nationalisme le décrivent comme l'incarnation de l'âme de la Suède. Elle ajoute que des journaux sérieux publient des articles hagiographiques sur Tegnell et le directeur général de l'agence de santé publique, Johan Carlson.


    Même s’il est encore prématuré de dresser des bilans, il est certain que la Suède, à l'instar d’autres pays, ne pourra pas faire l’économie d’un débat sur la gestion de la pandémie dans les maisons de retraite et dans les quartiers pauvres de Stockholm, où habitent majoritairement des immigrants et des demandeurs d’asile.


    Des voix anti-immigration soutiennent déjà que la santé des personnes âgées a été sacrifiée sur l’autel de l’intégration.

  5. #5
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    Source : Le Point


    En Suède, les maisons de retraite en première ligne face au coronavirus

    AFP
    Publié le
    10/05/2020 à 17:30
    | AFP




    En Suède, les maisons de retraite en première ligne face au coronavirus © AFP / Jonathan NACKSTRAND



    "Ils n'ont pas eu le temps de s'occuper de ma mère". Björn Bränngård ne décolère pas: la vieille dame est décédée dans une maison de retraite de Stockholm, où plus d'un tiers des résidents ont succombé au nouveau coronavirus.


    Pour le septuagénaire suédois, la mort de cette mère centenaire serait due à des négligences. Même si le test de dépistage au Covid-19 s'est révélé négatif, il raconte que le personnel de la maison de retraite manquait alors d'équipements de protection et il est persuadé que cela a propagé le virus dans les locaux.


    La Suède, où les restrictions pour contenir le virus sont plus souples qu'ailleurs en Europe, reconnaît aujourd'hui avoir échoué dans la protection de ses aînés.


    Sur les quelque 3.200 décès enregistrés depuis le début de l'épidémie dans le royaume, près de la moitié est intervenue dans des établissements pour personnes âgées.


    Ces dernières semaines, les médias locaux sont revenus sur les conditions de travail dans des maisons de retraite touchées par la pénurie de moyens de protection. A tel point que certains préféraient ne pas travailler, et que certaines résidences ont manqué de personnel.


    D'après des témoignages, certains seniors auraient aussi été infectés lors de leur hospitalisation pour d'autres traitements, puis renvoyés en maison de retraite où ils auraient propagé le virus à leur insu.


    Le pays avait pourtant dit faire de la protection des personnes de 70 ans et plus une priorité. Au 28 avril, 90 % des victimes du pays étaient âgées d'au moins 70 ans.



    "Nous n'avons pas réussi à protéger nos seniors (...) C'est un échec pour la société toute entière. Nous devons en tirer les leçons, nous n'en avons pas encore fini avec cette pandémie", a déclaré à la télévision publique suédoise la ministre de la Santé et des Affaires sociales Lena Hallengren.

    "Pas de protection"

    Face à la crise sanitaire, la Suède a maintenu ouverts ses écoles, ses cafés et ses restaurants. Les autorités appellent les citoyens à "prendre leurs responsabilités" et à suivre les recommandations des autorités sanitaires.


    Tout comme ses voisins nordiques, le royaume a interdit les visites dans les maisons de retraite dès fin mars, mais y enregistre pourtant beaucoup plus de décès.



    Contrairement à la Finlande ou la Norvège, en Suède les maisons de retraite sont souvent d'immenses complexes abritant des centaines de résidents. Dont beaucoup en mauvaise santé et dépendantes.


    Ils constituent donc "un groupe très vulnérable", selon Henrik Lysell, du Conseil de la santé et de la protection sociale.


    Björn Bränngård, lui, pointe surtout du doigt le manque d'équipements dans ces établissements en période de crise. "Il n'y avait pas de protection. Le personnel allait d'une section à l'autre et propageait le virus", déplore-t-il à l'AFP.


    Dans la région de Stockholm, épicentre du virus en Suède, 55 % des maisons de retraite ont jusqu'à présent enregistré des cas de Covid-19, selon les autorités sanitaires locales.


    Le principal syndicat suédois d'employés municipaux, Kommunal, dénonce des conditions de travail précaires.


    Selon les estimations de l'organisation, en mars, 40 % du personnel en maisons de retraite à Stockholm était constitué de travailleurs non qualifiés, embauchés grâce à des contrats de courte durée payés à l'heure, sans sécurité de l'emploi. Et 23 % étaient intérimaires.

    Consignes enfreintes

    Ces salariés ne touchaient pas leur salaire s'ils restaient chez eux. Ils peuvent avoir ignoré de légers symptômes, et enfreint ainsi les consignes.


    "Il y a beaucoup de personnes qui travaillent dans plusieurs maisons de retraite, et cela conduit également à une plus grande diffusion" du virus, explique Ulf Bjerregaard, responsable du service maisons de retraite chez Kommunal.

    Fin avril, le syndicat a déposé une plainte auprès de l'Agence suédoise de l'environnement du travail, affirmant qu'au moins 27 des 96 résidents de la maison où vivait la mère de Björn Bränngård ont déjà succombé au virus. Il dénonce un manquement aux précautions élémentaires: tests, protection du personnel. L'Agence étudie la plainte et une enquête préliminaire a été ouverte.


    Abdullah, qui souhaite rester anonyme, travaille comme assistant en maison de retraite depuis deux ans en banlieue de Stockholm. Il évoque auprès de l'AFP le cas d'une résidente soignée à l'hôpital pour une jambe cassée.

    Si elle avait été testée négative avant de partir, "lorsqu'elle est revenue de l'hôpital trois jours plus tard, elle était positive. Nous avions des tabliers de protection mais pas de masques lorsque nous travaillions avec elle", raconte-t-il. Depuis, l'homme refuse de retourner travailler.


    D'après l'Agence de santé publique, les efforts pour améliorer les habitudes d'hygiène de base dans ces établissements portent aujourd'hui leurs fruits. "Stockholm a en fait connu une nette diminution des cas" dans les maisons de retraite, a déclaré jeudi l'épidémiologiste Anders Tegnell en conférence de presse.


    10/05/2020 17:26:03 - Stockholm (AFP) - © 2020 AFP

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    Administrateur Avatar de talib abdALLAH
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    Une des raisons données avec celle du confinement nécéssaire pour empêcher que les hôpitaux arrivent à saturation de leur fonctionnement, est que le Sars-Cov-2 qui est tout nouveau n'est pas encore complètement "compris", il y a alors anticipation de mesures de protection (si on accorde une bonne intention à ceux qui enjoignent celà) par principe de précaution.


    Source : France TV Info


    Selon une étude de chercheurs à Rennes, 60 000 vies auraient été sauvées en France grâce au confinement



    Et si, comme la Suède, pour lutter contre le coronavirus la France avait misé sur la stratégie de l’immunité de groupe plutôt que sur le confinement ? Selon une étude menée par des chercheurs de Rennes, la réponse est sans appel : le confinement aurait permis de sauver plus de 60 000 vies.



    Par Eric Nedjar Publié le 24/04/2020 à 12:36 Mis à jour le 24/04/2020 à 16:57


    Selon une étude réalisée du 19 mars au 19 avril par des chercheurs et épidémiologistes de l’École des Hautes Études en Santé publique (EHESP) de Rennes, le confinement aurait permis à la France d’échapper à une véritable hécatombe.

    "Si aucune mesure de contrôle n'avait été mise en place, 23% de la population française aurait été touchée par le Covid-19, soit 14,8 millions d'individus", avance l’étude. Une vague qui aurait sans aucun doute submergé les établissements de santé.




    Jusqu’à 10 000 nouveaux cas par jour


    Sur ces 14,8 millions cas positifs avancés, près de 670 000 patients auraient en effet dû être hospitalisés, avec au moins 140 000 cas graves, nécessitant plus de 100 000 lits de réanimation.

    S’agissant du nombre de décès, l’étude fait état d’une véritable explosion. "Dans ce modèle, en l’absence de confinement, le nombre de décès quotidiens double tous les 4 à 5 jours à partir du 19 mars, et atteint 10 000 le 19 avril", avancent les chercheurs.

    Ainsi, entre le 19 mars et le 19 avril, en l’absence de toute mesure de distanciation sociale, 73 900 personnes seraient mortes à l’hôpital, contre un peu plus de 12 000 avec le confinement. Cela a permis d’épargner 61 700 vies. Et ce serait un minimum. Ces chiffres ne tiennent pas compte des patients décédés faute de soins si les hôpitaux avaient été débordés.

    Pour connaître le détail de cette étude (en anglais) cliquez ici.
    714 vies épargnées en Bretagne


    Réalisée à l’échelle régionale, l’étude montre encore que les résultats peuvent varier d’un bassin à un autre. "L'épidémie de Covid-19 n'a pas connu de dynamique synchrone entre les différentes régions françaises, principalement en raison de délais d’introduction différents, d’événements à grande diffusion ou de la proximité avec des pays le virus circulait déjà", précisent les chercheurs.

    Ainsi, en Bretagne, 897 personnes auraient été victimes du Covid-19 entre le 19 mars et le 19 avril, contre 183 cas confirmés, selon les données quotidiennes de l'ARS (Agence régionale de santé). Soit 714 vies épargnées contre 15 000 en Ille-de-France ou près de 8 000 dans le Grand Est, les deux régions les plus touchées par l’épidémie de coronavirus.



    ==> https://www.ehesp.fr/2020/04/23/une-...s-60-000-vies/

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