Affichage des résultats 1 à 2 sur 2

Discussion: Les de-mosquees

  1. #1
    Avatar de oumma2018
    Date d'inscription
    décembre 2018
    Localisation
    ...
    Messages
    1 143

    Par défaut Les de-mosquees

    LES “DÉ-MOSQUÉS” : CEUX QUI NE FONT PAS PARTIE DU CLUB

    Il existe toute une catégorie de musulmans qui n’entre pas dans le moule qu’on leur propose et qui n’est pas SERVIE par le discours actuel de nos institutions. Ils sont complètement exclus de nos pensées et nous agissons comme s’ils n’existaient pas, alors qu’ils sont bien de vrais musulmans, et qu’ils constituent 95% de notre “communauté”.
    Nous, les musulmans considérés comme pratiquants, constituons seulement 5% de la communauté tout au plus. Malgré cela, nous nous sommes donnés le droit de transformer la religion en un CLUB – un CLUB que nous avons rendu exclusif. De plus, nous nous sentons si à l’aise dans l’enceinte des murs de ce CLUB et nous sommes si insouciants de ce qui se passe à l’extérieur que nous nous sommes octroyé le droit de débattre à propos de sujets tels que le Mawlid (célébration de la naissance du Prophète Mohammed, que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) ou le tawassoul (le fait de demander à Dieu par Ses Attributs et par l’honneur des prophètes et des saints).
    En somme, nous sommes si confiants et autosatisfaits de notre pratique de l’Islam, que nous osons croire que nous avons beaucoup de temps devant nous. Et nous nous permettons de perdre ce temps à prendre nos aises et à débattre, à parler dans le dos des autres ou à se faire la guerre sur facebook.

    D’après vous, qu’est-ce que les gens qui se trouvent à l’extérieur du CLUB voient lorsqu’ils nous regardent ? Qu’avons-nous à leur offrir ? Ils sont aliénés par notre zèle, nos querelles, et par-dessus tout, notre manque d’empathie...

    CE QUI COMPTE, C’EST L'ÉTAT DE TON COEUR

    La définition de la foi promue par ce CLUB de l’Islam est tellement pervertie. Pour les membres du CLUB, la foi, c’est ce que tu portes à l’extérieur, c’est la quantité d’actions que tu fais, c’est ton degré de conformisme aux règles apparentes alors que la manière de traiter ceux qui sont différents ou qui n’ont pas les mêmes opinions que nous y est sans importance. Ce qui se passe dans ton cœur, incluant les jugements que tu portes sur les autres, n’y sont pas non plus des indices de l’état de ta foi.
    Tant que tu te conformes à l’image extérieure et aux rituels, tout va bien.

    Pourtant, notre bien-aimé Guide, le Prophète Mohammed (que la Paix de notre Seigneur continue de nourrir son être ainsi que notre connexion avec lui) n’a eu de cesse de nous enseigner que ce n’est pas le nombre d’actions qui importe, mais bien l’état de notre cœur.
    Par exemple, un jour, notre Bien-aimé a dit au sujet d'un homme qui quittait la mosquée qu'il était un homme du Paradis. Un compagnon, enthousiaste et désireux de comprendre en quoi cet homme se distinguait des autres a suivi l’homme jusqu’à chez lui et lui a demandé s’il pouvait rester auprès de lui pendant trois jours. Durant ces trois jours, il n’a pas vu l’homme faire quoi que ce soit qui sort de l’ordinaire. Il a finalement avoué à l’homme pourquoi il était venu et ce dernier lui a rétorqué qu’il n’avait pourtant rien de spécial. Face à l’insistance du Compagnon, l’homme dit : “Je ne fais rien de spécial, mais je vais au lit toutes les nuits sans aucun sentiment négatif envers qui que ce soit”. Ainsi, le simple fait de ne nourrit aucun sentiment de rancune ni aucun souvenir d’un mal que quelqu’un lui aurait fait faisait de cet homme un homme du paradis.
    Le Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) a également évoqué le cas d’une femme qui effectuait tous ses actes d’adoration obligatoires, mais dont les voisins ne se sentaient pas à l’abri de ses méfaits, en disant qu'à cause de ce fait, elle courait à sa perte. Et parallèlement, avons-nous oublié l’histoire de la prostituée qui avait de l’empathie pour un chien assoiffé, et qui, parce qu’elle lui a donné à boire, a été admise au Paradis?

    C’est le cœur qui compte, mes chers frères et sœurs.
    Tous ces enseignements nous indiquent l’importance de l’état du cœur, de sa pureté et de l’empathie que l’on doit ressentir envers les autres.

    Dieu, dans Sa Toute Puissante Majesté, avertit celui qui prie mais qui ne veut pas montrer d’empathie envers les autres,
    “Veux-tu savoir qui en réalité rejette la religion ?
    C’est le genre de personne qui repousse l’orphelin.
    Qui ne se soucie guère de nourrir les pauvres.
    Malheur, donc, à ceux qui font leur prière rituelle.
    Mais qui se désintéressent de son sens et de sa finalité (la réelle connexion à leur Seigneur),
    Qui ne veulent qu’être aperçus et loués.
    Et qui refusent de porter assistance.”
    (Sourate 107)
    (En d'autres termes : veux-tu savoir la réalité de l’état de la personne qui rejette la religion ? Veux-tu savoir ce à quoi rejeter la religion consiste ? Et bien, cela revient à rejeter toute morale).

    La réalité est que 95% des musulmans ont été laissés en dehors de nos mosquées à cause du manque d’hospitalité et d’empathie de notre communauté. Et aussi, parce que, bien souvent, les enseignements transmis dans nos institutions religieuses sont déformés et hors sujet. Combien d’Imams réfléchissent aux réels besoins de leur audience lorsqu’ils préparent leur sermon du vendredi ? À quel point l’accent est-il mis sur la foi, la spiritualité et l’état du cœur dans ces discours?

    UNE FOI COMPLÈTE
    À ceux qui veulent faire de la religion un CLUB exclusif, j’ai envie de dire que c’est une fausse route. À ceux qui croient que l’invitation à Dieu (da'wa) consiste à prêcher, à organiser des conférences et des retraites, je dis : vous manquez la cible à deux reprises. D'une part parce que 95% de la oumma (communauté de foi identifiée comme telle) ne se sent pas concernée par vos activités, et d'autre part parce que vous négligez la oumma élargie du Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) qui n’est autre que L’HUMANITÉ TOUTE ENTIÈRE.

    Plusieurs étudiants de savoir désillusionnés et de personnes qui appellent à Dieu restent figés dans leurs cocons de cercles fermés. Ils vivent leur vie comme ils l’ont toujours vécue, comme ils la vivaient même avant de devenir religieux. Leur religiosité n’a pas réussi à les transformer et à améliorer leur personnalité – si cela ne l’a pas rendue encore pire qu’avant. Ils continuent à discuter de leurs différences d’opinion, se donnant même le droit de débattre à propos des Attributs de Dieu avec la même bassesse que le feraient des hommes assis autour d’une table en train de débattre sur leurs équipes sportives préférées.

    Et même les meilleurs parmi les pratiquants sont souvent enfermés dans leur propre cercle élitiste, alors que leurs voisins ne reçoivent même pas leur pain quotidien de foi. Pourtant, le Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) nous l’a bien dit : “Par Dieu, il n’est pas “mou’mine” : il n’est pas perméable à Dieu et à Sa Lumière, il n’honore pas le dépôt de la foi que Dieu lui a confié, ce pacte qu’il a pris avec son Seigneur-Éducateur et Développeur, il n’a donc pas une foi complète (et il l’a répété à trois reprises) celui qui dort tranquillement alors que son voisin est affamé” !

    Tristement, certains de nos jeunes vont jusqu’à se suicider parce qu’ils ne trouvent pas de SENS dans cette vie, ni aucun esprit dans les mosquées, qui sont pourtant supposées leur donner ce SENS-là. Et pendant ce temps-là, nous sommes occupés à nous combattre les uns les autres et à nous accuser de shirk (adorer et conférer un quelconque pouvoir sur nos vies à une autre entité que Dieu Seul) pour des choses comme le Mawlid.
    Malheureusement, je rencontre des musulmans pratiquants qui ont perdu la fondation de base – cette compréhension et cette connexion avec la Rahma : la Compassion et l’Amour Inconditionnel que Dieu porte à toute Sa création. Plusieurs d’entre eux, bien qu’admis au sein du CLUB grâce à leurs apparences correctes et à leurs actions, vivent en fait dans la peur.


    LA FINALITÉ DES “ACTES D’ADORATION”

    Est-ce que le fait de poser ces constats signifie que nos actions ne comptent pas ? Comment pouvons-nous comprendre que des gens qui ne savent même pas comment prier puissent manifester une foi plus complète que d’autres qui effectuent tous les actes possibles et imaginables ?
    La réponse est simple : ceux qui font les actions aujourd’hui, ont, en majorité, totalement perdu de vue la raison, la finalité, le “pour quoi” ils les font. Elles sont devenues des tâches, des habitudes, des routines. En arabe, si on enlève le ‘bi’ de ‘Ibada’ (actes d’adoration), on obtient le mot Aadah (habitude). Or, le “bi” en arabe veut dire “par” – et c’est uniquement lorsque ces actions sont effectuées *par* et pour Dieu qu’elles prennent tout leur sens.
    C’est là que le rituel devient spi-rituel.

    Les actes dits d’adoration ou de dévotion ne sont pas des fins en soi. Ils doivent être considérés et approchés comme des exercices de développement de conscience, des exercices de développement de qualités, de postures et d’états d’esprit (humilité, obéissance, sincérité, remise totale en pleine confiance à Dieu, reconnaissance de son état de pauvreté et de besoin de Dieu, de connexion et d’appartenance au Divin, renforcement de la puissance spirituelle, etc).
    Ces actes peuvent être à double sens et devenir des moyens d’expression de ces mêmes qualités et de ces mêmes états d’esprit, de ces mêmes postures envers Dieu. C’était d’ailleurs ce qu’étaient les actes d’adoration des prophètes, car en tant qu’êtres entièrement accomplis en Dieu, ces qualités et états étaient déjà leur réalité, ils n’avaient pas besoin de les cultiver. Ils leur servaient de moyen d’expression de leur amour et de leur état. Ils nous les ont laissés comme cadeaux, comme des cordes qui nous relient à Dieu et que nous utilisons donc, à sens inverse, pour les suivre, nous élever et cultiver ce que eux vivaient et exprimaient.
    Les actes de dévotion ou d’adoration sont là pour nous permettre de bâtir une construction solide autour de la flamme de la foi que nous avons tous en nous, celle que nous avions lorsque nous étions enfant. Celle qui nous a gardés au chaud lorsque nos parents se disputaient ou lorsque le tonnerre grondait dehors et que nous avions peur, cette flamme de pure confiance et de sentiment sécurisant de dépendance en notre Créateur.
    Nous avons besoin d’ériger une belle bâtisse autour de cette flamme pour la protéger et pour lui permettre de réfléchir sa lumière de plus en plus loin. C’est pour cette raison que, lorsque avançons en âge, nous sommes tenus d’effectuer ces actes “d’adoration”. Chacun de ces actes doit avoir pour objectif de protéger et de renforcer la lumière de cette flamme et d’empêcher qu’elle ne s’éteigne au premier souffle de vent, à la première difficulté. C’est de cette manière qu’il est possible de léguer à notre tour le flambeau de la foi à nos enfants.
    Le problème est que plusieurs d’entre nous ont laissé la flamme de côté et ont commencé à bâtir une structure d’actes de dévotion, non pas autour de la flamme, mais à côté de cette dernière ! Cette structure aura beau devenir grande et massive, elle restera toujours sombre et vide à l’intérieur, et elle finira même par par devenir un obstacle sur la voie qui mène à la lumière de la flamme délaissée à l’extérieur.

    Cette parabole permet de comprendre l’état de personnes qui sont activement dans le faire, qui effectuent de nombreux actes de dévotion, mais qui ont perdu, ou n’ont jamais eu accès à l’esprit de ces actes. Mais dans l’autre sens, comment pouvons-nous expliquer qu’une personne qui n’effectue aucun acte d’adoration puisse avoir conservé cet esprit de l’adoration ? Eh bien, mes frères et sœurs, c’est tout simplement grâce à la Générosité de notre Seigneur tout Puissant. Alors que leurs frères et sœurs et ceux qui sont sensés être leurs leaders choisissent de ne pas les supporter et de ne pas partager la foi avec eux, Dieu, Lui, dans Sa grande Générosité, subvient à leur besoin de foi, comme Il prendrait soin d’un homme échoué sur une île déserte.

    N’EST-IL PAS TEMPS ?

    Ô 5%, n’est-il pas temps de nous réveiller et d’arrêter de bâtir des structures vides ? N’est-il pas temps de cesser d’argumenter sur la couleur des murs du voisin et de commencer à sincèrement nous soucier de notre propre flamme ? N’est-il pas temps de bien s’assurer que chaque centimètre carré que nous ajoutons à la structure de nos actions vient nourrir la flamme de la foi et non pas l’éteindre ?

    Source : Shaykh Hamdi Ben Aissa - FR sur Facebook
    Dernière modification par Ilyes ; 25/09/2020 à 22h54. Motif: Mise en forme complète

  2. #2
    Administrateur Avatar de Ilyes
    Date d'inscription
    septembre 2010
    Localisation
    France
    Messages
    10 085

    Par défaut

    As-salam 'alaykum wa rahmatullah wa barakatuh,

    Il a pointé des vérités qui malheureusement font qu'aujourd'hui beaucoup de mosquées déshonorent profondément leur titre de "mosquée".
    " Celui qui aime pour Allah, déteste pour Allah, donne par amour pour Allah, et se retient pour Allah, aura complété sa Foi " - Ja'far as-Sâdiq ('alayhi as-salam)

Liens sociaux

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •